Actualités artistiques 2013
Prép’art Toulouse
Actualités Prép’art Toulouse - Avril / Mai / Juin 2013
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Festival International d’art de Toulouse
ARTIST COME FIRST
24 Mai 2013 – au 23 Juin 2013
PROGRAMMATION : Les Jacobins : Julian Rosefeldt ; Fondation Bemberg : Howard Hodgkin ; Château d’Eau : Emmanuel Van der Meulen ; Hôtel Dieu : Lindsay Seers ; Port Viguerie : R. Buckminster Fuller ; Les Abattoirs : Kiki, Seton & Tony Smith.
A COMME ASSOCIÉS : Guillaume Pinard, Felicia Atkinson, Ryan Foerster, Shelter Press, George Ekst, Claudia Mann,Phillip Schulze, Christophe Giffard, Thomas Hatcher.
L’ex-Printemps de Cahors, déplacé en 2001 à Toulouse et converti en Printemps de Septembre, mute une nouvelle fois. Dorénavant en mai, cohérence saisonnière oblige !, le Festival de Toulouse, devenu « Festival international d’art » change de peau(x) : nouvelle direction, nouveau nom, nouveau concept, et nouvelles dates donc. Le titre, ARTIST COMES FIRST, s’il se veut déjà une profession de foi : placer l’artiste au tout premier plan, ne dit rien ou du moins pas grand-chose de l’argument de cette édition dont le parcours se ramène, pour l’essentiel, à une suite de présentations monographiques, fussent-elles familiales, liée, cependant, par une certaine idée de l architecture et de l’utopie.
A vouloir nous parler moins de l’art que des artistes, la programmation ne leur échoit pas pour autant ! Celle-ci, en effet, est assurée par un comité permanent constitué de personnalités internationales du monde de l’art, « choisies pour la singularité de leur parcours », afin de projeter sur plusieurs années des projets de longue haleine et développer l’identité de la manifestation au fur et a mesure des éditions.
Le parcours principal du festival se recentre autour de la Garonne et continue d’investir des sites du patrimoine de la Ville de Toulouse : Les Jacobins, le Château d’Eau, l’Hôtel-Dieu, le Port Viguerie, la Fondation Bemberg, les Abattoirs – Frac Midi-Pyrénées (rejoints des l’année prochaine par le Musée des Augustins et l’Espace Edf–Bazacle).
La cour d’honneur de l’Institut supérieur des arts de Toulouse devient, le temps des week-ends, le centre névralgique de la manifestation en accueillant des discussions inédites avec les artistes, la médiation culturelle, mais également des concerts lors des Nocturnes.
Se voulant plus que jamais attentif à la scène contemporaine émergente et à ses collaborations avec le territoire, le Festival confie à Lieu-Commun, à La Fondation espace écureuil (également partenaire du festival), au bbb centre d’art et à l’Espace Croix-Baragnon, réunis sous le nom « A comme Associés », le soin de concevoir un programme en adéquation avec ce concept. Extra muros, c’est au Pavillon Blanc Centre d’art de Colomiers que le Festival s’associe pour présenter une exposition de l’artiste espagnol Jordi Colomer ; en région Midi-Pyrénées, à la résidence d’artiste Caza d’Oro pour inviter Gary Hill et Allan Packer à se saisir du spectaculaire site du Mas d’Azil.
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Les Abattoirs
KIKI, SETON & TONY SMITH
L’artiste américain Tony Smith aurait eu 100 ans en 2012. A cette occasion, une exposition organisée en Allemagne par la Kunsthalle de Bielefeld rassemblait les œuvres de Tony Smith et celles de ses deux filles, Kiki et Seton. C’est a partir de cette première présentation qu’a été développée l’exposition pour le musée Les Abattoirs. En concertation avec Kiki et Seton Smith, un ensemble de sculptures de grand format de Tony Smith a été réuni pour constituer l’une des plus larges rétrospectives jamais consacrées à son œuvre en Europe et la première à présenter son travail d’architecte. Une installation de Seton Smith et un groupe de dix-huit dessins sur mousseline de Kiki Smith ont également été ajoutés a l’exposition, conçue comme la combinaison de trois monographies. De fait, l’exposition traverse tant la vie d’une famille qu’un ensemble de tendances esthétiques et de courants de pensées qui ont fait l’histoire de l’art des soixante-dix dernières années. Ainsi Tony Smith – architecte, peintre et sculpteur, issu de l’expressionnisme abstrait américain des années 1950, pionnier, dès le début des années 1960, de ce qui deviendra l’art minimal –, Seton Smith –photographe dont la carrière commence au moment ou cette technique, jusque-là principalement documentaire, bascule dans le champ de l’art – et Kiki Smith – sculptrice et dessinatrice qui accède à une reconnaissance internationale des les années 1980 avec son travail sur le corps féminin.
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Le Château d’eau
EMMANUEL VAN DER MEULEN
Emmanuel Van der Meulen, né en 1970 à Paris, est peintre. Il a été invité au Château d’Eau à poursuivre son projet de recherche sur l’inscription de la peinture dans l’architecture, développé lors de sa résidence à la Villa Medicis à Rome en 2012 – 2013. S’il a choisi le tableau comme support privilégié, il a toujours tenu comme essentielle la relation entre celui-ci, l’espace qui l’entoure et la situation physique du spectateur. La couleur, sa présence particulière, est le centre de son œuvre comme de ses tableaux. De grandes figures élémentaires peintes sur des formats monumentaux rythment l’exposition en plusieurs stations. Des tondi complètent ce cycle. Ces formes simples auxquelles Emmanuel Van der Meulen circonscrit son œuvre, une certaine économie de moyen, lui permettent de mettre a distance, ou, pour le moins, de « retarder » toute forme de représentation, afin de proposer au regard les éléments propres a la peinture, attirer l’œil, en deçà ou au-delà de la vision quotidienne. Si ce travail rappelle la radicalité de l’art minimal et les œuvres de quelques grandes figures contemporaines comme Blinky Palermo ou Gunther Forg, il prend sa source dans l’histoire bien plus lointaine de la peinture ancienne, de l’ornement et du décor peint.
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La Fondation Bemberg
HOWARD HODGKIN
La Fondation Bemberg accueille la première exposition consacrée en France à Howard Hodgkin (né à Londres en 1932) depuis plus de vingt ans. Le choix de l’Hôtel d’Assezat, dépositaire d’une riche collection de peintures européennes, résonne avec l’attachement fort de Hodgkin à la peinture française.
Des scènes stylisées des années 1950 et 60 aux images plus spontanées et presque entièrement abstraites peintes a partir de 1970, le travail de Howard Hodgkin semble marqué par une évolution continue. Pourtant, tout le vocabulaire de l’artiste est déjà présent des les premières pièces. Ainsi, Memoirs, achevée en 1949, annonce par sa technique (une gouache aux couleurs vives sur une planche de bois), son titre et son sujet (une discussion dans un appartement) toute l’œuvre à venir. Les titres des tableaux de Hodgkin évoquent des rencontres, des instants, des lieux. Sur le panneau de bois qui, chez lui, remplace la toile, comme sur les cadres, les fragments de ces souvenirs s’étalent, se mélangent et fondent l’un dans l’autre comme les éléments liquéfiés d’un collage. La couleur y est le véhicule d’impressions tenues (la réminiscence d’une journée) ou de sentiments plus exaltés (un coucher de soleil flamboyant) qui entrouvrent une perspective dans les pensées de l’artiste. Howard Hodgkin explique être « un peintre figuratif, mais peintre d’une figuration qui représente non des apparences, mais des situations émouvantes ». Si l’œuvre d’Hodgkin se caractérise par sa dimension littéraire, elle ne s’exprime pas moins dans le langage propre à la peinture, portée qu’elle est par son incomparable talent de coloriste.
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Les Jacobins
JULIAN ROSEFELDT
Depuis une dizaine d’années, Julian Rosefeldt, né en 1965 a Munich, s’est fait connaitre par ses grandes installations vidéo sur plusieurs écrans, notamment Asylum (2001-2002) qui a marqué durablement de son empreinte les éditions du Printemps de Septembre. Dans le réfectoire des Jacobins, il présente, cette fois, son film le plus récent My Home is a dark and cloud-hung land (« Ma patrie est un pays sombre suspendu aux nuages »), une œuvre qui met en scène quelques-uns des archétypes de la culture germanique dont la forêt, motif récurrent de la conscience collective des Allemands.
Le cinéma est au cœur du travail de Julian Rosefeldt. Ses films sont tournés en pellicule de 16 ou 35 mm. L’action se déroule dans des paysages soigneusement cadrés ou dans des décors de studio balayés par de longs travellings. L’enjeu n’est pas seulement esthétique, les mythes du cinéma, sa mécanique, sont en soi des objets d’étude pour Rosefeldt. American Night, réalisé en 2009, décline par exemple tous les codes du Western. Dans certaines de ses installations multi-écrans, la projection d’une même séquence sous plusieurs angles ou la représentation concomitante de la scène et des coulisses sont d’autres manières de déjouer l’illusion cinématographique. Les personnages dirigés par Rosefeldt se débattent dans l’espace clos d’un « Grand théâtre du monde », une notion popularisée au XVIIe siècle par la pièce du dramaturge su Siècle d’Or espagnol Calderón, La vie est un songe, dans laquelle sont enchâssés différents niveaux de réalité. Avec la distance qu’induit ce dispositif, le spectateur observe les entreprises vaines et forcenées d’êtres que l’artiste qualifie de « Sisyphes modernes » pris dans les rituels de l’existence et désarmés par la futilité de toute chose.
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L’hôtel Dieu
LINDSAY SEERS
A l’invitation du Festival, Lindsay Seers a réalisé une installation vidéo et sonore inédite, One of Many, inspirée par le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et par l’histoire de l’Hôtel-Dieu, ancien hôpital dont le symbole est la coquille Saint-Jacques, marqué comme le quartier Saint Cyprien par les inondations, fléau récurrent sur les rives de la Garonne.
La pratique artistique de Lindsay Seers (née en 1966 à Londres) s’apparente a une enquête poétique et visuelle sur la manière dont la photographie et le cinéma façonnent l’être humain et modifient notre regard sur le monde. Lindsay Seers élabore des récits personnels ponctués de constructions narratives invraisemblables où les théories sur la photographie se mêlent à des concepts philosophiques, psychologiques et scientifiques. Son approche de la photographie s’inspire essentiellement de la philosophie métaphysique (néoplatonisme, alchimie de la Renaissance et philosophie d’Henri Bergson). Toutes les œuvres de Lindsay Seers sont liées entre elles et évoluent simultanément pour nous emmener vers des voyages multiples. On y retrouve ses interrogations sur la perception, les symboles, la représentation, ainsi que sa fascination pour l’hétérochromie (le fait qu’une personne ait les yeux de couleurs différentes), phénomène qui atteste la présence d’un fragment étranger d’Adn hérité d’un jumeau et qui est responsable de cette erreur de coloration.
Dans One of Many, l’espace de projection est une structure architecturale apparentée à un confessionnal. Les sphères-écrans qui s’y trouvent changent de signification au fil des différentes projections. Elles symbolisent avant tout l’œil omniscient auquel on ne peut rien cacher et que l’on retrouve dans ce lieu où les secrets sont avoués et expiés. Le symbole de l’œil divin est également présent sur la porte de la chaire de l’Hôtel-Dieu : un œil unique pour un Dieu unique. Le Dieu monoculaire dont le point de vue ne peut être divisé. L’iconographie de la coquille Saint-Jacques a également toute son importance dans cette œuvre parce qu’elle rappelle les yeux multiples du mollusque, la symbolique du pèlerinage et les foules qui ont voyagé à travers le temps sur le chemin menant au cap Finistère.
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Port Viguerie
RICHARD BUCKMINSTER FULLER
Au cœur de son parcours et à proximité immédiate de la Garonne, le Festival international d’art de Toulouse expose sur le Port Viguerie le 50 feet Fly’s Eye Dome de Richard Buckminster Fuller (1895-1983). Ce dôme géodésique, prototype original de 15 mètres de diamètre restauré tout récemment par le collectionneur Robert Rubin, n’a été exposé qu’une fois en public a l’occasion du 150e anniversaire de la ville de Los Angeles en 1981.
Robert Rubin, conservateur et historien de l’architecture, fait de Buckminster Fuller un « écologue avant la lettre » est se demande s’il est « le cousin américain de Jean Prouvé ? Né six ans avant le constructeur de la Maison Tropicale, Fuller, poursuit Robert Rubin, était, comme Prouvé, un autodidacte. Ayant abandonné ses études à Harvard, ce n’était pas un architecte, pas un ingénieur, pas un urbaniste, pas un capitaliste maximaliste. Comme Prouvé, il recyclait ses profits dans des projets utopiques. Comme Prouvé, il a été ostracisé, et même voué aux gémonies par l’industrie du bâtiment. Enfin, comme Prouvé, il est aujourd’hui porté aux nues par les architectes et les artistes, qui voient en lui un créateur d’une grande intégrité. Buckminster Fuller, en effet, a anticipé les préoccupations sociales et écologiques de notre nouveau siècle avec des concepts et des conceptions qui font preuve d’une magnifique prescience. Le Fly’s Eye Dome « dôme en œil de mouche » représente pour Fuller l’aboutissement d’un demi-siècle d’engagement profond au service d’une idée : « mettre à la disposition de toute l’humanité un abri hautement performant », ce que l’on peut comparer au célèbre précepte de Prouvé : « Il faut des maisons usinées ». Le dôme présenté ici à Toulouse est le plus grand des deux imaginés par Fuller. Le petit est plus petit qu’une maison, mais plus grand qu’un van. Celui-ci est conçu pour permettre de vivre dans le « jardin d’Éden » : trois étages ou plus, un jardin, des arbres et une piscine. Les maîtres mots sont lumière, efficacité, flexibilité et échelle industrielle. La surface en fibre de verre est occupée aux trois quarts par les ouvertures de « l’œil de mouche » qui peuvent servir de portes, de fenêtres, de bouches d’aération, ou recevoir des cellules photovoltaïques. Buckminster Fuller a anticipé la double paroi en concevant deux dômes concentriques séparés l’un de l’autre d’une trentaine de centimètres pour l’isolation et l’aération. Simultanément, il imaginait une ville entière sous un gigantesque dôme destiné à être déposé par voie aérienne dans des endroits reculés du monde. Il lui donne le nom de « Machine d’Habitation Autonome » […] A l’instar de la Maison Tropicale de Jean Prouvé, ce dôme apparait comme le prototype d’un système de construction industrialisé qui ne s’est jamais développé parce qu’il était trop en avance sur son temps. […] Pendant une grande partie des dix dernières années de sa vie, il a travaillé avec Norman Foster à la mise au point de nouveaux dômes. Lord Foster et d’autres ont certainement adopté les nouvelles géométries architecturales de Fuller, et ils les ont fait avancer. Bucky est juste venu un peu trop tôt. »
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Le Pavillon Blanc, centre d’art de Colomiers
JORDI COLOMER
Le Pavillon Blanc a choisi d’inviter un acteur majeur de la scène européenne, Jordi Colomer, à investir son espace d’exposition. Cet artiste espagnol, né à Barcelone en 1962, à la formation plurielle d’architecte, artiste et historien de l’art, est connu pour une œuvre qui explore la ville et les utopies. Marquée d’un fort sens sculptural, son œuvre englobe de multiples disciplines et tout particulièrement la photographie et la vidéo ainsi que leur mise en scène dans l’espace de présentation.
A Colomiers, l’artiste conçoit un projet monographique pensé pour le lieu et présente L’Avenir, une proposition élaborée en résonance avec le Phalanstère de Charles Fourier. Cette utopie architecturale et sociale jamais réalisée trouve un écho particulier dans les rapprochements chers à l’artiste entre politique, fiction et architecture. L’Avenir est la projection des possibles, le récit vidéographique d’une aventure.











