Actualités artistiques Sud
Prép’art Toulouse Septembre – Décembre 2014

_
MUSÉE SOULAGES – Rodez
OUTRENOIR EN EUROPE. MUSÉES ET FONDATIONS
31 mai – 5 octobre 2014

 OUTRENOIR EN EUROPE

Inauguré le 30 mai dernier, le musée Soulages dresse, au cœur de la ville de naissance de l’artiste, sa façade rouille en acier Corten dessinée par le cabinet catalan RCR Arquitectes, associé à l’agence d’architectes français Passelac & Roques. La collection du musée rassemble près de 500 œuvres de la donation de l’artiste, témoignant de l’ensemble de sa production, de ses premières toiles jusqu’à ses cartons préparatoires aux vitraux de l’abbatiale de Conques, en passant par ses œuvres sur papier. Pour son ouverture et pour sa première exposition temporaire, le musée met à l’honneur les Outrenoirs qui ont fait la renommée, incontestée et incontestable, de l’artiste dès le début des années 80. L’Outrenoir, c’est l’invention du « noir-lumière », que l’on peut appeler une expérience de la physique de la lumière. «Outrenoir, pour dire au-delà du noir une lumière reflétée, transmutée par le noir. Outrenoir : noir qui cessant de l’être, devient émetteur de clarté, de lumière secrète » confie Soulages. L’Outrenoir, des peintures qui allient l’action de la lumière à la préparation spécifique de pigments noirs, de matières noires, revêt des aspects très variés que l’exposition montre et démontre. D’une part la matière noire étendue sur toute la toile requiert deux types d’instruments à effets opposés. D’une part le pinceau (ou la brosse) qui strie plus ou moins la pâte avec la force et la pression que lui imprime le peintre, et la lame qui aplatit la pâte en la lissant. L’Outrenoir est scarifié ou posé en relief ; il est superposé ou arraché, faisant apparaître le blanc du fond ; il est mat ou brillant. Le reflet lumineux lui donne vie. D’autre part, le format des œuvres change ostensiblement et gagne généralement en monumentalité : ce sont des polyptyques c’est-à-dire des toiles composées de plusieurs châssis assemblés verticalement ou horizontalement qui favorisent alors le déplacement du spectateur. Soulages a divisé ses Outrenoirs en plusieurs catégories, les premiers, brossés horizontalement, les super carrés 4 éléments, les surfaces juxtaposées, les bandes et à-plats, entailles au couteau dans la pâte, blancs et noirs, bleus… Cette typologie, qui compose l’histoire de l’Outrenoir, révèle combien l’abstraction singulière, peu réactive à l’air du temps, comme aux modes et mots d’ordre, développée par Soulages, est avant tout expérimentale en faisant de « chaque tableau une expérience spécifique », rappelle Éric de Chassey.

_
Les Abattoirs
SYMÉTRIQUE EXOTIQUE
6 Septembre 2014 – 1 Mars 2015

Symetrique exotique

Artistes présentés : Bernard Bazile, Jean-Sylvain Bieth, Christian Boltanski, Frédéric Bruly Bouabré, Robert Breer, Adrian Brunel, Valère Costes, Daniel Dezeuze, Carole Douillard, Jean Dubuffet, Öyvind Fahlstrom, Charles Fréger, On Kawara, Sister Corita Kent, Jochen Lempert, Manolo Millares, Raphaël Montañez-Ortiz, Robert Mapplethorpe, Yves Jeanmougin, Zanele Muholi, Eric Poitevin, Présence Panchounette, Ben Russell, Hans Wolfgang Silvester.

Symetric Exotic : d’un nouveau regard porté sur la Collection Daniel Cordier, déposée par le Centre Pompidou aux Abattoirs. Cette collection hétérogène, hétérodoxe, riche d’objets relevant des « arts premiers » comme de productions d’artistes modernes ou contemporains, partageant un certain “primitivisme”, a su développer une pensée plastique « sauvage », n’échappant pas complètement, cependant, aux ambigüités de la sensibilité exotique née dans le sillage du colonialisme. Aussi ce nouvel accrochage se place-t-il dans une perspective résolument postcoloniale et, à l’appui d’une mise en dialogue entre des œuvres et des artefacts issus du fonds Cordier et des œuvres d’artistes contemporains – provenant pour la plupart de la collection des Abattoirs -, s’organise à partir d’une critique ludique et poétique de l’exotisme.

Selon trois temps et trois axes, l’exposition met en lumière le retournement poétique des pratiques d’ordonnancement occidental du savoir, la représentation des corps et les stratégies et réflexes d’anthropophagie culturelle.

_
ANTHROPOCÈNE MONUMENT
3 Octobre 2014 – 4 Janvier 2015

Anthropocene

Sous le titre de “Passion Gaïa”, Bruno Latour, sociologue, anthropologue, philosophe des sciences, a développé à Toulouse une série de manifestations dont l’objectif est de saisir la question écologique dans sa globalité. Cette année, c’est en partenariat avec les Abattoirs que se développe le principal événement conduit par Bruno Latour, directeur de recherche à Sciences Po Paris, en collaboration avec Bronislaw Szerszynski, directeur du département de sociologie de Lancaster au Royaume-Uni.
« Anthropocène Monument » s’attache aux bouleversements scientifiques, sociologiques, environnementaux et artistiques contemporains communément regroupés sous le nom d’”Anthropocène”. Ce terme désigne une nouvelle époque géologique, dominée par l’action humaine, un temps pendant lequel l’espèce humaine est devenue la force de transformation principale de la terre et dont les origines remontent à la révolution industrielle. L’« Anthropocène » dépasse le domaine géologique, il est synonyme d’un ensemble vertigineux de questions éthiques, politiques et scientifiques. Il désigne un point de non-retour et une remise en cause radicale de nos représentations du monde, notamment de la frontière entre nature et culture. « Anthropocène Monument » comprend les événements suivants :
- Une exposition de 30 projets envoyés à la suite d’un appel lancé par Bruno Latour, Bronislaw Szerszynski et les Abattoirs, avec les contributions de Lara Almarcegui, Lise Autogena & Joshua Portway, Amy Balkin, Robert Barry, Iain Baxter&, Etienne Chambaud, David Claerbout, Mark Dion, Jimmie Durham, Fabien Giraud, Sheela Gowda, Joao Maria Gusmão & Pedro Paiva, Huang Yong Ping, Adam Lowe, Nicholas Mangan, Gustav Metzger, Fujko Nakaya, Tomás Saraceno, Pascale Marthine Tayou et Yesenia Thibault-Picazo.
- Un focus consacré au projet de Tomás Saraceno que les Abattoirs et la Novela souhaitent prolonger sur plusieurs années à travers des recherches dans l’”écosystème” scientifique et industriel toulousain.
- Un colloque international regroupant une vingtaine d’intervenants scientifiques et artistes sur la thématique développée ci-avant. Conduit par Bruno Latour et Bronislaw Szerszynski, il se déroule les journées des 10, 11 et 12 octobre.

_
Le Château d’Eau
DOISNEAU / DIEUZAIDE, une amitié heureuse !
11 septembre – 2 novembre 2014

Doisneau Dieuzaide

Pour son quarantième anniversaire le Château d’Eau accueille une exposition croisant les regards de Jean Dieuzaide, fondateur de la galerie, et de son ami parisien qui fut le premier à y être exposé en avril 1974. Se composant d’images peu ou pas connues de chacun d’eux, cette exposition montre la force créative de ces deux «frères d’armes». Passionnés par leur métier et le servant avec éthique et engagement, ils ont su dépasser le statut d’artisan, pour se donner pleinement à une création photographique. C’est ce que révèlent les images, tout en soulignant la proximité de regards que chacun portait sur leur époque et tout en célébrant leur complicité amicale. Cette exposition est également une façon de rendre hommage à Jean Dieuzaide, à sa clairvoyance, à son enthousiasme et à sa pugnacité qui, par la création du Château d’Eau, a ouvert la voie de la diffusion culturelle de la photographie.

 _
FESTIVAL JARDINS SYNTHÉTIQUES
Musée Saint-Raymond, Chapelle des Carmélites, Fondation Espace Ecureuil
2 Octobre  - au 19 Octobre 2014

 Jardin Synthetiques
Le festival “Jardins Synthétiques : A la croisée des temps, les Arts” est un lien éphémère entre valorisation du patrimoine et création contemporaine. Tandis que vous pourrez assister à des performances de danse, des concerts ou des rencontres, les créations plastiques interrogeront cette 5e édition la “Représentation animale, sa symbolique et ses croyances ou mythes associés”.

_
Fondation d’entreprise Espace Ecureuil pour l’art contemporain
Nouveau lieu : AQUARIUM, 42 – 42 rue du Languedoc – Toulouse
E
MILIE FAÏF
3 octobre – 27 décembre 2014

Emilie Faif

La beauté ne doit pas empêcher de voir, mais au contraire, déciller notre regard. Indéniablement, une exposition des œuvres d’Emilie Faïf est belle. Il y donc, d’abord, cette générosité à se donner à voir. Par cette émotion que suscite en nous la beauté, nous sommes entrés dans l’œuvre. Nous voilà à l’intérieur, au cœur du sujet. Dans le vivant de l’œuvre. Car c’est bien du vivant dont il est question ici. Certaines œuvres respirent, d’autres sont dans l’expansion du corps au paysage, du paysage à la métaphore du monde, du tout-monde au rêve. L’œuvre nous englobe et nous emporte. Nous faisons partie d’un tout.Emilie Faïf est scénographe plasticienne. Née en 1976, elle est diplômée des Arts Appliqués Olivier de Serres et des Arts Décoratifs de Paris. Elle expérimente l’espace dans des domaines d’intervention divers mêlant le dynamisme des villes à celui de la mode, du textile et de l’Art.

_
ÉMILIE FAÏF
Chapelle des Carmélites

Emilie Faif 2

L’installation d’Emilie Faïf, créée spécialement pour la chapelle des Carmélites, fait écho à son somptueux plafond de bois peint. Au ciel d’en haut, peint entre le XVIIème et le XVIIIème siècle, répond ainsi, le temps d’une exposition, un grand pan de polyane cousu, ondoyant au grès de dizaine de ventilateurs. Tendu sur l’étendue de la nef, ce ciel d’en bas se veut aussi réel que peuvent l’être les nuages, ces êtres étranges à mi chemin entre ciel et terre, entre physique et métaphysique.

_
Espace Paul Éluard / Pôle Culturel – Ville de Cugnaux
ALEXANDRE LESSOULT, GOOD LUCK, HAVE FUN !
5 novembre – 20 décembre

Lessoult

L’univers d’Alexandre Lessoult est bouillonnant. Évoluant dans le milieu du Fanzinat et de la culture rock – le titre de l’exposition est emprunté au langage du jeu vidéo – le jeune artiste joue avec les images, les signeset la vitesse pour créer des dessins et des peintures en grande profusion, avec des modes d’installation inédits. Puisant ses sujets dans l’actualité et l’histoire, ou encore révélant les travers des hommes à la façon des Caprices, A. Lessoult croque le monde au moyen d’images pénétrantes et d’un dessin acéré. 

_
VÉRONIQUE BARTHE TANGRAM
Espace public

Veronique Barthe

Véronique Barthe réalise des images d’architecture réalisées à partir des sept pièces géométriques du jeu de Tangram, associées à une série de mots, révélant des correspondances possibles. Les compositions s’articulent de façon méthodique et ludique avec une grande économie de moyens sur des fonds colorés. Mélange de signalétique, de signes chromatiques et de langage, à la frontière de l’art visuel et de la poésie, les images interrogent sur ce qui fait signe dans une oeuvre et sur notre manière de voir.Le Tangram est un jeu chinois de 7 pièces qui se compose de 5 triangles isocèles rectangles, 1 carré, 1parallélogramme. Chaque pièce peut se faire recouvrir par un nombre entier d’exemplaires du petit triangle, qui est donc l’unité de base du découpage. Dans l’usage courant, le Tangram peut être utilisé de deux façons différentes : comme casse-tête ou comme matériel d’évaluation de la flexibilité, de la fluidité et de l’originalité créative.Dans le « Tangram » de Véronique Barthe, la construction devient un jeu de tous les possibles, la construction des espaces, de l’imagination, de toutes les projections. Les jeux de couleur, les mots associés au Tangram inscrivent ces images dans le registre de la poésie.

_
Vitrine Régionale d’Art Contemporain (V.R.A.C.) – Millau (12)
FRÉDÉRIC DUMOND, ANTI-IDIOME
20 septembre – 23 octobre 2014

Frederic Dumond

Artiste et écrivain transdisciplinaire, Frédéric Dumond explore la langue comme expérience de l’autre. il travaille toutes formes d’écritures via des installations, performances, vidéos, livres, publications, pièces sonores, programmations… des premières années où était questionné le potentiel littéraire du réel (contrats d’assurance, télévision, radio, rue…) aux objets les plus récents, chaque pièce est une forme issue de de l’exploration d’un ensemble linguistique singulier.Frédéric Dumond travaille depuis 2011 à « glossolalie », vaste projet d’écrire un poème dans les 7000 langues de la planète. « Glossolalie » (qui signifie le « parler en langues ») se déploie en plusieurs formes et supports : livres, revues, application pour smartphones et tablettes tactiles, installations, dispositifs, ateliers« Nous vivons tous dans le langage mais nous comprenons rarement ce l’autre veut dire : la langue reste l’ultime frontière. un des enjeux de « glossolalie » est de réunir du différent au sein d’Une forme, la « glossolalie »Pour la V.r.a.c de Millau, Frédéric Dumond crée une pièce inédite, « anti-idiome », un texte écrit à même les murs, le plafond et le sol de l’espace de la V.r.a.c, en français et en langues (khmer, lingala, bulu, japonais, arabe, arawak, etc.). Pour réaliser cette performance d’écriture, dont une partie sera aussi sonore, Frédéric Dumond vivra pendant deux jours et deux nuits dans la V.r.a.c.

_
BBB Centre d’art
COLLECTIVE COLLECTION, COLLECTION LAURENT FIÉVET/VOLET I
Boris Achour, Carl Andre, Ismaïl Bahri, Robert Barry, Oliver Beer, Katinka Bock, Pavel Büchler, Stefan Brüggemann, Edouardo Chillida, Marie Cool et Fabio Balducci, Chloé Dugit-Gros, Aurélien Froment, Laurent Grasso, Philippe Halsman, Pierre Huyghe, Cinthia Marcelle, Fabien Mérelle, Wilfredo Prieto, Olivier Sévère, Ignacio Uriatre, Philippe Ramette, Andy Warhol, John Wood & Paul Harrison, Eric Yahnker
Mardi 7 octobre à 19h performance « L’Écrivain public » de Pierre Huyghe
VOLET II : du 6 novembre au 6 décembre 2014
VOLET III : du 14 janvier au 14 février 2015

Collective collection

Le BBB centre d’art fête ses 20 ans ! Et pour parler art, amour et volupté, coup de cœur, coup de gueule, aventure, découverte et éblouissement, le centre d’art offre son espace d’exposition à une collection privée d’art contemporain, libre et singulière, à partager avec le plus large public, celle de Laurent Fiévet, artiste, collectionneur, à l’origine également d’une collection d’entreprise. L’exposition articule une sélection d’œuvres contemporaines et des récits dédiés à l’espace du BBB centre d’art. Les spectateurs retrouveront des figures historiques, des artistes majeurs des scènes française et internationale ; ils découvriront également de jeunes auteurs tout aussi enthousiasmants.

_
Pavillon Blanc – Médiathèque Centre d’art Colomiers
YÛICHI YOKOYAMA : WANDERING THROUGH MAPS, UN VOYAGE A TRAVERS LES CARTES
27 septembre – 20 décembre 2014
Yuichi Yokoyama
Commissariat de l’exposition : Kodama KanazawaLe centre d’art de Colomiers accueille en collaboration avec le Festival de Bande Dessinée de Colomiers la première exposition monographique en Europe de Yûichi Yokoyama. Programmée par le Centre d’art, l’exposition s’inscrit dans la volonté de faire se rencontrer l’art contemporain et la bande dessinée en invitant à exposer des artistes identifiés dans les 2 domaines.Figure atypique à plus d’un titre, chef de file du néo-manga, Yûichi Yokoyama a fait du manga l’accomplissement d’un art lié à la peinture. Ses narrations à la fois cliniques, linéaires et absolument dépaysantes, prennent place dans le monde urbain et technologique. La déambulation de personnages casqués dans ces univers artificiels quasi extra-terrestres et les métamorphoses du paysage placent le lecteur sur un radeau temporel. Chez lui, la nature est reconstruite par la technique ou encore enfermée dans des serres au milieu de la ville. Si son vocabulaire graphique emprunt de géométrie rapproche son œuvre de l’abstraction, le dessin est ici un dépaysement total, digne des Prouns de l’artiste El Lissitzky, « station d’aiguillage entre peinture et architecture » : une définition que l’on pourrait ici appliquer à la rencontre entre la peinture et la bande dessinée. Centrée sur l’ouvrage World map room, l’exposition montrera les liens entre peinture et manga.

Prép'art sud
haut de page