Actualités artistiques Sud
Prép’art Toulouse Juillet – Aout 2014

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LES ABATTOIRS — FRAC MIDI-PYRÉNÉES
FRANZ GERTSCH
23 mai – 31 août 2014

FRANZ GERTSCH

Les immenses toiles réalistes de Franz Gertsch, artiste d’origine suisse né en 1930, sont conservées dans de nombreux musées internationaux. A proximité de Berne, un musée a été construit sur mesure pour la présentation de son œuvre et porte son nom. Pourtant, aux Abattoirs il s’agit là de sa première exposition en France, exception faite d’une exposition de ses gravures organisée à Paris, au Centre Culturel Suisse, en 2001. L’ensemble constitué pour l’occasion rend compte tant de la gamme des thèmes auxquels il s’attache – portraits rapprochés, scènes de groupe, paysages et végétation – que des différentes techniques qu’il emploie, peinture d’après photographie et gravure sur bois. La présentation embrasse la carrière de l’artiste depuis les œuvres de la fin des années 1960 jusqu’aux plus récentes de ses créations. Comme nombre d’artistes peintres, Franz Gertsch peint d’après des photographies, choix qui s’est imposé à lui à partir du moment où il a compris que « la réalité ne [pouvait] plus […] être saisie qu’avec un appareil photographique, car l’homme s’est habitué à considérer la réalité photographiée comme le rendu maximal du réel ». Aussi, dans ses tableaux monumentaux met-il en œuvre des frottements entre peinture et photographie, « les lois structurelles propres à la photographie se [révélant] partout » (H. Szeemann), en particulier dans les contrastes entre net et flou, de même que dans la transparence qui demeure de la diapositive.

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SUSAN HILLER

SUSAN HELLER

Depuis une vingtaine d’années, l’œuvre de Susan Hiller a fait l’objet de nombreuses expositions internationales. En 2011, la Tate lui a notamment consacré une large rétrospective. Pourtant son travail n’a été montré que très rarement en France. Aux Abattoirs, sont présentées quatre installations immersives, liées les unes avec les autres par une trame de voix humaines : des langues disparues du Last Silent Movie aux bruissements de témoignages collectés dans Channels et dans Resoundings (Ultra-Violet), une pièce inédite. Marquée à ses débuts par l’art minimal et conceptuel, Susan Hiller a développé ce qu’elle nomme un « paraconceptualisme », substituant à la logique et à la rationalité qui caractérisent ces deux tendances un fort penchant pour les phénomènes inexpliqués : visions d’OVNI (dans Witness, 2000), expériences de mort imminente (dans Channels, 2013), phénomènes paranormaux (dans Psi Girls, 1999). Pour aborder ces zones de grande incertitude, pour réveiller les « fantômes », l’artiste emploie les méthodes qui lui viennent de sa formation en anthropologie – enquête de terrain, collecte et catalogage de données ou de témoignages, comparaison et analyse, présentation et exposé. En effet, si Susan Hiller a fait le choix de l’art, c’est pour substituer l’imaginaire aux faits et renoncer à la distance qui sied à l’observateur supposé extérieur et détaché, pour ainsi être « à l’intérieur de toutes ses activités » et ouvrir à « l’in-représentable ».

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CHATEAU D’EAU
PAYSAGES HABITES – PHOTOESPAÑA 2014
2 juillet – 7 septembre

PAYSAGES HABITES

Le Château d’Eau fait écho à la 17e édition de Photoespaña, dédiée à la photographie espagnole, en invitant la commissaire Ana Berruguete et son exposition « Paysages habités », qu’elle a conçue à partir du travail de 5 photographes contemporains : Paula Anta, Amaya Hernández, Concha Pérez, Nicolás Combarro et Jorge Yeregui

Cette exposition réunit les œuvres d’artiste qui travaillent dans une même perspective autour de la notion de paysage et sur son intervention à travers l’action d’habiter. Cette appropriation du lieu implique de le construire, de le modifier, d’intervenir sur lui. Cette intervention ou cette manipulation sous-tendent de nouvelles lectures, qu’elles soient sociales, politiques ou simplement esthétiques, qui configurent un nouveau type de paysage. Paula Anta recrée une nouvelle scénographie à partir d’un bâtiment réel, le Collège d’Espagne à la Cité Internationale de Paris, où la nature représentée sous la forme simple d’un arbre s’est introduite lentement. Amaya Hernández délimite des espaces naturels à travers des espaces architecturaux. Ses constructions miniatures en plâtre et carton représentent une réalité fictive et apaisante dans laquelle l’artiste trouve refuge. Concha Pérez, de son côté, veut rééduquer notre perception du paysage en montrant la réalité extraordinaire et profondément inquiétante des espaces abandonnés. Nicolás Combarro associe recherche et création dans un dialogue direct avec les architectures les plus singulières, la plupart abandonnées ou en chantier, sur lesquelles il réalise une série d’interventions sculptées à base de matériaux récupérés sur place. Enfin, les photographies de Jorge Yeregui sont de véritables projets de recherche sur la transformation des espaces architecturaux et la façon dont ceux-ci acquièrent une nouvelle configuration et une nouvelle signification avec l’introduction du végétal.

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BBB Centre d’art
SVENT’ JOLLE AUSTERITY MUMS / MERES AUSTERES
24 mai – 12 juillet 2014

MERES AUSTERES

Avec Sven’t Jolle, soyez assurés d’éviter le « chic » et les poncifs, son humour et son impertinence sont décapants ! Ici, il s’en prend à la figure de la mère et emprunte, entre révérence et irrévérence, à l’iconographie de la maternité. Depuis plus de vingt ans, l’artiste belge développe une production singulière liant recherches formelles et critique sociale. Il explore les possibilités d’une sculpture contemporaine figurative, de la statuaire au ready-made, du monument à l’installation, citant tout autant une histoire occidentale de l’art moderne que les premières civilisations moyen-orientales. Dans ces mouvements de liaisons et métissages, art, culture et pensée politique sont intimement liés. Les œuvres de Sven’t Jolle ne protègent pas du fracas du monde et donnent place aux subalternes de nos sociétés, travailleurs précaires, sans-papiers, sans-abri, dans une résistance aux pensées dominantes – de l’art, de l’économie. Si le travail de Sven’t Jolle a circulé en Europe, l’exposition personnelle de l’artiste au BBB centre d’art est la première de ce type en France.

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LIEU-COMMUN
DU TEMPS A L’OUVRAGE – JEAN DENANT
24 mai au – 12 juillet 2014

JEAN DENANT

« Le travail de Jean Denant interroge l’humain à partir de l’architecture. Considérant que celle-ci modèle le monde dans lequel les êtres évoluent, c’est par le prisme du geste créatif que l’artiste interroge la nature humaine. L’architecture est une proposition contemporaine pour traiter du réel, pour essayer de l’appréhender et ainsi orienter le monde. Mais, dans les oeuvres de Jean Denant, l’architecture est bien plus. Elle est une métaphore poétique et philosophique pour parler de l’état du monde. Bâtiment ou histoire humaine, tout est affaire de construction. C’est ainsi à une tentative de construction-déconstruction que nous convie l’artiste. Jean Denant fait référence concrètement au langage du bâtiment, évoquant deux temps de la construction, le gros oeuvre et le second œuvre. Dans ses tableaux, l’artiste rejoue l’architecture, conviant des matériaux simples et destinés au bâtiment. Par ce détournement de la matière à des fins artistiques, Jean Denant provoque un volontaire décalage entre noblesse du geste et précarité des matières. Ses oeuvres défient les définitions et abolissent les frontières entre art et réel : les tableaux se muent en mur, l’image devient narration, l’artiste un ouvrier. » (Extrait du texte de Solenne Bertrand pour l’exposition «Tout corps d’état» au Portique, Le Havre, 2013).
Jean Denant est né en 1979. Il vit et travaille à Sète.

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L’ÉTE PHOTOGRAPHIQUE DE LECTOURE
19 juillet – 24 août 2014

ETE PHOTOGRAPHIQUE

En 2014, l’Été photographique de Lectoure offre comme toujours une programmation de découvertes avec des oeuvres inédites en France d’artistes internationaux (Victor Burgin, Tom Wood), de jeunes artistes (Moussa Sarr, Constance Nouvel, Marion Brusley, Marie-Johanna Cornut, Samir Ramdani, Kirill Ukolov), des créations (Pilar Albarracin, Mikael Levin). Hommage est également rendu à Adolfo Kaminsky, photographe et faussaire né en 1925, qui joua un rôle essentiel pendant la Résistance.

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Centre d’art LE LAIT – Albi
ANGEL VERGARA
FIN’AMOR
5 juillet – 31 octobre 2014

 ANGEL VERGARA

Fin’Amor ou l’amour courtois est ici le sujet de l’exposition ; l’amour sous ses formes artistiques, culturelles et idéologiques, du Moyen-Âge à aujourd’hui, entre art populaire et culture de masse, cultures dominantes et contre-cultures.

Né en 1958, d’origine espagnole, Angel Vergara a notamment représenté la Belgique à la Biennale de Venise en 2011.
Tous les médias, peinture, vidéo, installation, performance, font partie de son vocabulaire artistique. Dans ses peintures-vidéos le geste du peintre est projeté sur le réel mis en image ; sa main armée d’un pinceau en souligne, en redessine ou en macule, en abstractise les formes et les représentations. Il interroge par là le pouvoir des images passées ou actuelles, qu’elles soient artistiques et culturelles, politiques et médiatiques. Il nous parle, bien sûr, de l’amour et du désir les désignant comme forme d’aliénation, quand ils sont otages de stratégies mercantiles ou politiques, comme irréductible force de libération et d’autonomie, quand ils nous réinventent.

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HERVE IC
PROMENADE AVEC L’AMOUR ET LA MORT
5 juillet – 31 octobre 2014

 HERVE IC

L’exposition se construit sur le principe d’un déambulatoire, entre obscurité et lumière, par une mise en espace de récits visuels autour de cinq thèmes, les scènes d’amour, les paysages, les lumières, les fleurs et les fonds. L’artiste propose une ballade sensorielle et méditative, une Promenade avec l’Amour et la Mort, une échappée poétique tragique en référence au film de John Huston.

Né en 1970 Hervé Ic vit et travaille à Bruxelles. Il peint des batailles navales, des bateaux du XVIIe siècle, des scènes de chasse un peu kitsch, des fleurs, des danseurs, des éléments graphiques, des portraits de jeunes gens dans les raves, de la transparence, de l’évanescence, des rythmes, de la couleur. Il réinvestit des images, trouvées dans l’iconographie du passé et du présent, ou arrachées au flux informatique. Il travaille à l’ancienne, à l’huile, sur des sujets désuets, interroge la déstructuration et les mutations du monde actuel, analyse la visibilité et la perception de l’œuvre.

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MUSEE SOULAGES – Rodez
OUTRENOIR EN EUROPE. MUSEES ET FONDATIONS
31 mai – 5 octobre 2014

 OUTRENOIR EN EUROPE

Inauguré le 30 mai dernier, le musée Soulages dresse, au cœur de la ville de naissance de l’artiste, sa façade rouille en acier Corten dessinée par le cabinet catalan RCR Arquitectes, associé à l’agence d’architectes français Passelac & Roques. La collection du musée rassemble près de 500 œuvres de la donation de l’artiste, témoignant de l’ensemble de sa production, de ses premières toiles jusqu’à ses cartons préparatoires aux vitraux de l’abbatiale de Conques, en passant par ses œuvres sur papier. Pour son ouverture et pour sa première exposition temporaire, le musée met à l’honneur les Outrenoirs qui ont fait la renommée, incontestée et incontestable, de l’artiste dès le début des années 80. L’Outrenoir, c’est l’invention du « noir-lumière », que l’on peut appeler une expérience de la physique de la lumière. «Outrenoir, pour dire au-delà du noir une lumière reflétée, transmutée par le noir. Outrenoir : noir qui cessant de l’être, devient émetteur de clarté, de lumière secrète » confie Soulages. L’Outrenoir, des peintures qui allient l’action de la lumière à la préparation spécifique de pigments noirs, de matières noires, revêt des aspects très variés que l’exposition montre et démontre. D’une part la matière noire étendue sur toute la toile requiert deux types d’instruments à effets opposés. D’une part le pinceau (ou la brosse) qui strie plus ou moins la pâte avec la force et la pression que lui imprime le peintre, et la lame qui aplatit la pâte en la lissant. L’Outrenoir est scarifié ou posé en relief ; il est superposé ou arraché, faisant apparaître le blanc du fond ; il est mat ou brillant. Le reflet lumineux lui donne vie. D’autre part, le format des œuvres change ostensiblement et gagne généralement en monumentalité : ce sont des polyptyques c’est-à-dire des toiles composées de plusieurs châssis assemblés verticalement ou horizontalement qui favorisent alors le déplacement du spectateur. Soulages a divisé ses Outrenoirs en plusieurs catégories, les premiers, brossés horizontalement, les super carrés 4 éléments, les surfaces juxtaposées, les bandes et à-plats, entailles au couteau dans la pâte, blancs et noirs, bleus… Cette typologie, qui compose l’histoire de l’Outrenoir, révèle combien l’abstraction singulière, peu réactive à l’air du temps, comme aux modes et mots d’ordre, développée par Soulages, est avant tout expérimentale en faisant de « chaque tableau une expérience spécifique », rappelle Éric de Chassey.

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PAVILLON BLANC
CUESTA VERDE REMI GROUSSIN
23 mai – 30 août 2014

9- REMI GROUSSIN

La première exposition personnelle de Rémi Groussin manifeste dès son titre l’intérêt qu’il porte au cinéma et plus largement à la culture populaire. « Cuesta verde » : c’est le nom de la banlieue californienne dans laquelle se déroule l’action du film Poltergeist. Son œuvre explore ainsi un répertoire de motifs, de procédés et de situations issus du cinéma (Midnight Express–less, 2014, vidéo composée en nuit américaine à partir de rush de paysages parcourus durant ses voyages) ; du spectacle avec des objets montés sur roulettes et poulies comme des décors ; et des cultures populaires (Lost In Jin Ling, 2014, “wall burning” dont le motif est issu d’un paquet de cigarette et L’âge de pierre, 2014, matérialisation d’un jeu de casse-tête). C’est le potentiel de fiction de ces motifs qui l’intéressent au premier chef. L’univers de la science-fiction et de la magie y participent, lesquels, à partir de lieux réels, de matériaux standards et de situations connues, ouvrent le champ libre à l’imagination et au récit. Ainsi pourrait-on voir ses œuvres comme des « dispositifs d’évasion programmée », suivant la description qu’il donnait de l’une de ses créations, Prison Break

Rémi Groussin est né en 1987 à Toulouse où il vit et travaille aujourd’hui. Diplômé en 2010 de l’Institut Supérieur d’art de Toulouse (Isdat), il a depuis effectué des résidences à Düsseldorf, au Québec et en France – à Nekatoenea près d’Hendaye en 2014

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