Actualités Prép’art Paris
Septembre / Octobre / Novembre 2014

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Réenchanter le monde : architecture, ville, transitions
A la Cité de l’Architecture et du Patrimoine jusqu’au 6 octobre 2014

29.REENCHANTER LE MONDE 

Cette exposition conçue avec les 40 lauréats (2007-2014) du Global Award for Sustainable Architecture interroge la mission de l’architecte à l’ère des Grandes transitions : démographique, urbaine, écologique, énergétique, industrielle…Les architectes présentés viennent du monde entier et rien n’est plus divers que leurs univers respectifs mais ils ont construit une démarche commune sur une façon d’aborder l’avenir et cet engagement leur confère une autorité dans le débat sur le devenir du monde habité.

Plus de 200 projets inédits exposent comment réenchanter la condition humaine, en affrontant transitions et ruptures sur leur propre terrain. Il s’agit moins de montrer des bâtiments que de raconter leur histoire, particulière : une appropriation active par les hommes, des programmes qu’on invente, des modèles usés qu’on casse, une matière qu’on transforme, des savoirs qui s’échangent à travers le monde, des chantiers qui sont des laboratoires ou des leviers d’émancipation.

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William Eggleston – From Black & White to Color
Fondation Henri Cartier-Bresson du 9 septembre au 21 décembre 2014

W. Eggleston

“Je devais me rendre à l’évidence que ce que j’avais à faire, c’était de me confronter à des territoires inconnus. Ce qu’il y avait de nouveau à l’époque, c’étaient les centres commerciaux – et c’est ce que j’ai pris en photo.” (W. Eggleston)
À la fin des années 1950, Eggleston a commencé à photographier autour de chez lui, dans le Sud des États-Unis, utilisant des pellicules 35 mm noir et blanc. Fasciné par le travail de Cartier-Bresson, il déclare à l’époque ”Je ne pouvais pas imaginer faire mieux que de parfaits faux Cartier-Bresson“. II a finalement développé un style photographique personnel, qui viendra quelques années plus tard façonner son travail en couleur. C’est une vision inédite de l’Amérique quotidienne, banale, avec ses typologies : les supermarchés, les bars, les stations-services, les voitures et des personnages fantomatiques perdus dans l’espace.
À travers une centaine d’épreuves en noir et blanc et en couleur, empruntées à différentes collections et au fonds de l’artiste, l’exposition et le livre proposent de montrer l’évolution, les ruptures et surtout la radicalité qui peu à peu apparaît dans l’œuvre du photographe américain, alors qu’il aborde la photographie en couleur à la fin des années soixante. On retrouve parfois les mêmes obsessions, ou thèmes récurrents, comme les plafonds, la nourriture, l’attente et les cadrages basculés et non conventionnels déjà là dans ses premiers travaux.

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René Burri – Mouvement
Maison européenne de la photographie du 10 septembre au 2 novembre 2014

 René Burri

Membre de l’agence Magnum depuis 1959, René Burri a été témoin d’événements marquants du XXe siècle, et il est l’auteur de portraits icônes, mondialement connus, tels que celui de Che Guevara, de Picasso ou de Churchill. Il a par ailleurs collaboré avec les plus grands magazines du monde.
D’une manière poétique et très personnelle, cette exposition rassemble une centaine de photographies illustrant la notion de mouvement : des jeunes dansant dans la rue au Festival de Rio, l’artiste suisse Jean Tinguely devant ses machines animées, les derniers gauchos d’Argentine…
Cet accrochage mêle des images en noir et blanc mythiques et des photographies en couleurs pour la plupart inédites.
L’exposition présente également des images en séquences, quasi cinématographiques, ainsi qu’un grand collage. Enfin, l’on retrouvera quelques extraits des documentaires et films de René Burri jusqu’alors rarement projetés.

S’il y a lieu je pars avec vous – Sophie Calle, Julien Magre, Stéphane Couturier, Alain Bublex, Antoine D’Agata

Le BAL du 11 septembre au 26 octobre 2014

 LE BAL

« L’autoroute est une boucle. D’un point de départ, on y revient toujours. Voilà cinq artistes partis sur la route à l’invitation du BAL. À la recherche d’une histoire, souvent la leur. L’autoroute, anonyme et pourtant si familière, devenue leur territoire de création, le terrain du «je». Sophie Calle s’y installe, le temps d’une nuit. Elle nous attend cabine 7 du péage de Saint-Arnoult. Elle demande, à qui veut bien l’entendre : Où pourriez-vous m’emmener ? Est-ce loin ? Que quittez-vous ?… Julien Magre voyage toujours en famille. Caroline, sa femme, une carte à la main, Louise et Suzanne ses deux filles, à l’arrière de la voiture, embarqués pour un road movie entre rêves, apparitions et hallucinations… Qu’avons-nous vu cette nuit-là ? Stéphane Couturier est observateur. Il réinvente le paysage classique en prélevant une portion de l’espace terrestre. Fragmentés, fractionnés, recomposés, sa route et ses morceaux de champs, de ponts, de chemins et d’habitations existent bien mais comment la lire dans cette déconstruction visuelle organisée? Alain Bublex dans sa voiture. Ensemble, ils arpentent depuis bien longtemps déjà le bitume. Se dessinent alors des horizons artificiels et des aplats trompeurs. Des paysages plein d’artifice pour nous emporter, nous troubler, nous bercer d’illusions. Car la réalité de Bublex ne semble pas être précisément celle que nous voyons… la vraie vie est ailleurs?Enfin, Antoine d’Agata, parti sur les traces de ses origines. Paris-Marseille-Nice, la frontière italienne. Un journal, 36 jours sur la route, des rencontres, des retrouvailles, familiales et intimes, une histoire en train de se ré-écrire. Notes autobiographiques, fragments de paysages, de mémoires et de vies. En reviendra-t-il ? Pour tous, assurément, une invitation à se trouver, à se perdre… s’il y a lieu. »

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Le Pérugin, maître de Raphaël

Musée Jacquemart André du vendredi 12 septembre 2014 au lundi 19 janvier 2015

 Le Pérugin

Connu pour son influence sur le jeune Raphaël, Le Pérugin est avant tout un peintre novateur dont la fortune, très importante dans toute l’Italie au début du XVIe siècle, aura un écho particulier en France jusqu’à l’époque contemporaine. Considéré par ses contemporains comme l’un des plus grands peintres d’Italie, Le Pérugin a initié pendant les dernières décennies du XVe siècle et les premières du XVIe siècle une nouvelle manière de peindre, qui a profondément marqué son époque. Son art cristallin, fait de transparences et de lumières théâtrales, a suscité un très grand engouement et les effets inédits de grâce et de séduction qu’il a développés font de lui l’un des plus grands représentants de la Renaissance italienne.

Le raffinement de ses œuvres, l’attention portée à l’harmonie des couleurs et au modelé des corps témoignent de la grande maîtrise technique du Pérugin. Inventeur de nouvelles règles de composition, il a créé un langage pictural dont l’influence s’est étendue par-delà les frontières. Le Pérugin devient le chef de file d’un courant artistique de portée internationale qui va se diffuser dans l’Europe tout entière, par l’intermédiaire du jeune Raphaël (1483-1520), dont les œuvres rencontrent à leur tour un vif succès.

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Niki de Saint Phalle

Au Grand Palais  du 17 sept 2014 au 7 février 2015

 Niki de St Phalle

 Autodidacte, la carrière artistique de Niki de Saint Phalle débute en 1961, quand elle met en scène des  ”Tirs”, performances qui lui permettent de créer des œuvres d’art en faisant ‘saigner la peinture à vif’. A l’époque, la démarche fascine autant qu’elle choque. Une femme qui tire à la carabine, et invite les spectateurs  à tirer sur des poches de couleur, éclaboussant ainsi des assemblages de plâtre, pour constituer une œuvre. Etant très tourmentée par son passé, les Tirs sont un moyen d’extérioriser ces démons intérieurs, ainsi en tirant sur ces toiles, elle tire sur son père, sur la société, pour se libérer. Comme elle le dit « Il existe dans le cœur humain un désir de tout détruire. Détruire c’est affirmer qu’on existe envers et contre tout. » C’est à cette époque qu’ elle intègrera le groupe de Nouveaux réalistes, aux côtés de Deschamps, César, Klein, Rotella.

Niki de Saint Phalle est aussi l’auteure de célèbres sculptures de  “Nanas”, femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester typique de l’art espagnol et de sculptures monumentales réunies au Jardin des Tarots en Toscane. Ces poupées grandeur nature explorent les représentations artistiques du rôle de la femme. A 40 ans, elle épousa l’artiste Jean Tinguely, avec lequel elle a réalisé la Fontaine Stravinsky devant le Centre Pompidou. Leur collaboration artistique produira aussi le Cyclop à Milly-la-Forêt, la fontaine de Château-Chinon et le Jardin des Tarots à Capalbio en Italie, qui réunit des sculptures monumentales inspirées par les figures du jeu de tarots.

Vingt ans après sa grande rétrospective parisienne (MAMVP, 1993), l’exposition propose une relecture de cette œuvre à l’aune des réévaluations historiques de ces dernières années (histoire du féminisme, de la performance, du cinéma expérimental) mais aussi à partir d’un travail sur des archives de la Fondation Niki de Saint Phalle, largement inédites.

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Émile Bernard (1868-1941)

Musée de l’Orangerie  du 17 septembre 2014 au 5 janvier 2015 

 Emile Bernard

Peintre, graveur, mais aussi critique d’art, écrivain et poète, Emile Bernard est une personnalité majeure dans l’élaboration de l’art moderne. A la fin des années 1880, il inaugure le style cloisonniste, dont on sait l’importance qu’il revêtira chez Gauguin et Van Gogh, dont Bernard fut proche, mais aussi chez les Nabis.

Après la controverse sur l’invention du symbolisme en peinture, qui l’oppose violemment à Gauguin, Bernard s’installe au Caire où il reconsidère la stylisation schématique et la recherche de primitivisme symboliste. La découverte des maîtres anciens l’incitera cependant à renouer avec la tradition.

De retour en France, il publie des témoignages fondamentaux sur Cézanne et des écrits esthétiques remettant en cause les avant-gardes au nom de la tradition picturale. Mais, loin de se définir par un traditionalisme suranné, son art porte toujours la marque d’une personnalité curieuse et tourmentée, à la recherche de l’absolu artistique.

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Sous le vent de l’Art brut /2 : La Collection De Stadshof

Halle Saint Pierre du 17 septembre 2014 au 4 janvier 2015

  Sous le vent de l'art brut

Sous le vent de l’art brut 2 : La collection De Stadshof est le deuxième volet d’une série d’expositions que la Halle Saint Pierre dédie aux collections internationales d’art brut. Après l’exposition Charlotte Zander en 2011, la Halle Saint Pierre présente pour la première fois en France la collection De Stadshof, constituée passionnément depuis 1985 par Liesbeth Reith et Frans Smolders.

350 œuvres de 40 artistes emblématiques seront présentées : peintures, sculptures, dessins, installations, broderies, signées par des figures incontournables de l’art brut et de l’art singulier.

L’occasion de découvrir une sélection exceptionnelle avec notamment des œuvres de
Willem van Genk, Anna Zemànkovà, A.C.M., Bruno Montpied, Rosemarie Koczÿ, Marie-Rose Lortet, Michel Nedjar et Christine Sefolosha, ainsi que des découvertes d’artistes néerlandais comme Herman Bossert, Lies Hutting, l’allemand Markus Meurer et le libérien Johnson Weree…

Riche de 7 000 œuvres réalisées par plus de 400 artistes du monde entier, la Collection De Stadshof est une référence parmi les institutions privées et publiques européennes, et fait écho aux prospections de Dubuffet et à sa célèbre collection d’art brut aujourd’hui à Lausanne.

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Impression, soleil levant. L’histoire vraie du chef-d’œuvre de Claude Monet

Musée Marmottan du 18 septembre 2014 au 18 janvier 2015

 Monet

 Cette vue du port Havre dans les brumes, signée et datée en bas gauche « Claude Monet 72 », est exposée pour la première fois en 1874 dans les anciens ateliers de Nadar qui accueillent l’exposition de la Société anonyme des peintures, sculpteurs, graveurs. Désignée au livret sous le titre Impression, soleil levant, elle inspire au critique Louis Leroy, du journal satirique Le Charivari, le terme “impressionniste” qui désignera par la suite le groupe d’artistes réuni autour de Monet. Si le terme se diffuse rapidement, l’œuvre et son histoire sont peu à peu oubliées.

Impression, soleil levant, la toile qui a donné son nom à l’impressionnisme et qui est le fleuron des collections du musée Marmottan Monet, est l’une des  peintures les plus célèbres au monde. Cette œuvre n’a pourtant pas fait l’objet d’une étude approfondie jusqu’à ce jour. Au contraire, depuis près de quarante ans, le mystère semble grandir autour du chef – d’œuvre : que représente véritablement le tableau ?  Un soleil levant ou un soleil couchant ? Quand fut-il peint ? En 1872  ou en 1873 ? Qu’est-il advenu du tableau à l’issue de la première exposition impressionniste ? Pourquoi a-t-il rejoint, en 1940, les collections du musée Marmottan, un établissement initialement dédié à l’Empire et qui n’abritait alors aucune peinture impressionniste ? Pourquoi à cette date ?  Dans quelles circonstances ?  Le musée Marmottan Monet répond à ces questions avec cette exposition dédiée à ce symbole.

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Tania Mouraud “Ad Nauseam”

MAC/VAL  du samedi 20 septembre 2014 au dimanche 25 janvier 2015

 Tania Mouraud

 Pour son exposition au MAC/VAL, Tania Mouraud inaugure une installation monumentale de vidéo et de son et confronte le spectateur à un de ses thèmes majeurs, celui de la destruction par l’Homme de sa propre histoire, représentée ici par l’élimination massive de livres. « AD NAUSEAM » se déploie à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du MAC/VAL, sur les façades du musée, les panneaux d’affichage libre de la ville ainsi que sur le billet d’entrée.

Depuis la fin des années soixante, le travail de Tania Mouraud s’inscrit dans une pratique questionnant les rapports de l’art et des liens sociaux en utilisant différents médium : peinture, installation, photo, son, vidéo, performance. Depuis 1998, elle utilise la photo, la vidéo et le son dans une forte relation à la peinture pour questionner différents aspects de l’histoire et du vivant.

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Marcel Duchamp, La peinture, même.

Centre Pompidou du mercredi 24 septembre 2014 au lundi 05 janvier 2015

 Duchamp

On a beaucoup glosé sur la rupture de Marcel Duchamp avec la peinture, mettant en avant, tel un leurre, le traumatisme psychologique originel causé par le rejet de son Nu descendant un escalier du Salon des indépendants de 1911 par ses amis et frères cubistes. À la lumière des quelques gestes iconoclastes dadaïstes et de l’invention du readymade, le créateur de Fountain, la « fontaine-pissotière », est généralement perçu comme celui qui a tué la peinture. Et pourtant le débat reste ouvert : le projet de Duchamp n’a-t-il pas été de la reformuler ? C’est cette lecture renouvelée de l’œuvre peint de l’une des figures les plus emblématiques de l’art du 20ème siècle que propose l’exposition du Centre Pompidou.

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Aurélien Froment – Montage des attractions

Le Plateau / FRAC Ile-de-France du 2 octobre au 7 décembre 2014

 Aurélien Froment

 Fröbel fröbelé  (1836-1852 : Les jeux éducatifs du Kindergarten de Friedrich Fröbel). Tout en réduisant les jouets de son époque à leurs formes les plus élémentaires, Fröbel avait pour projet de faire participer les enfants à la complexité du monde. L’exposition présente de manière inédite l’ensemble des jouets conçus par ce pionnier de l’éducation moderne.

Tombeau idéal de Ferdinand Cheval  (une exposition grandeur nature).  Entre 1879 et 1912, Ferdinand Cheval réalise une œuvre monumentale qui résiste toujours à l’interprétation. L’exposition présente une sélection de figures et d’éléments architecturaux extraits de l’œuvre énigmatique du célèbre facteur d’Hauterives. Ce programme constitue Montage des attractions, la première exposition personnelle d’Aurélien Froment dans une institution parisienne.

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Hokusai

Grand Palais du mercredi 01 octobre 2014 au jeudi 20 novembre 2014

 Hokusai

Katsushika Hokusai (1760 – 1849) est sans doute l’artiste japonais le plus célèbre dans le monde. Peintre, dessinateur, graveur, il changea plusieurs fois d’identité́ artistique au cours de sa longue carrière.

Il produisit par milliers des œuvres, dont la qualité́ n’avait d’égale que la diversité́ : portraits de courtisanes ou d’acteurs de kabuki, scènes de la vie quotidienne, cartes de vœux raffinées, illustrations de récits et de mythes populaires…

C’est toutefois avec la publication de ses grandes séries de paysages qu’il marque le plus profondément l’art de l’estampe japonaise. Il réalise alors, en composant des paysages d’une beauté́ saisissante, une synthèse originale entre les principes traditionnels de l’art japonais et l’assimilation des influences occidentales.

En France, les artistes et les écrivains jouèrent un rôle déterminant dans la redécouverte de l’art d’Hokusai à la fin du XIXe siècle, de Félix Bracquemond à Emile Gallé, en passant par Edmond de Goncourt. Et l’intérêt qu’ils lui portèrent contribua fortement à la diffusion du japonisme en Europe, de nombreux artistes puisant allégrement des motifs dans les 15 volumes d’Hokusai Manga, ainsi qu’en témoignent tant de peintures, dessins, estampes et objets d’art.

Dans cette monographie d’Hokusai au Grand Palais, les six périodes de sa vie sont évoquées, et illustrées par des séries d’estampes (dont les prêts exceptionnels de la collection des Musées royaux d’Art et d’Histoire), des livres, mais aussi de nombreuses peintures pour partie inédites, ainsi que de précieux dessins préparatoires. Au total plus de 500 pièces exceptionnelles sont présentées.

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Mayas. Révélations d’un temps sans fin

Musée du Quai Branly du 7 octobre 2014 au 8 février 2015

 Maya

 Les Mayas de l’époque préhispanique, créateurs d’une civilisation fascinante, ont laissé à la postérité des dizaines de cités révélant une architecture remarquable, une sculpture d’une grande perfection technique, de nombreuses fresques, des constructions, des vases de céramique et un registre détaillé de leurs croyances religieuses, de leurs rituels, de leur vie en communauté, de leurs habitudes et de leur histoire.

Cette exposition permet d’apprécier le legs des Mayas à l’humanité. Suivant un ordre thématique – le rapport à la nature, le pouvoir des cités, les rites funéraires -, elle donne à voir les divers aspects de cette culture ainsi que son génie créatif. L’exposition cherche à la fois à dresser un panorama général et à montrer la variété des styles et les réussites esthétiques des différents groupes mayas, chacun d’eux avec sa propre langue et sa propre expressivité.

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François Truffaut

Cinémathèque Française du 8 octobre 2014 au 25 janvier 2015

 Truffaut

Malgré sa disparition prématurée à l’âge de 52 ans, François Truffaut a réalisé 21 longs métrages. Lorsqu’il reçoit le prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1959 pour Les Quatre Cents Coups, il n’a que 27 ans et déjà une carrière de critique cinématographique derrière lui. L’Oscar pour La Nuit américaine en 1974, son rôle dans Rencontres du troisième type de Steven Spielberg en 1977, puis les dix César remportés pour Le Dernier métro en 1981, sont autant de signes de reconnaissance pour cet homme entièrement dévoué au cinéma.

Jalonnée de nombreux extraits de films et d’interviews, l’exposition présentera des dessins, photographies, objets, livres, scénarios annotés et costumes, provenant en grande partie des collections de La Cinémathèque française. François Truffaut et ses amis de la Nouvelle Vague ont en effet entretenu un lien historique très fort avec l’institution créée par Henri Langlois, où se développe leur cinéphilie précoce. Cette relation a été prolongée depuis par la famille du cinéaste, à travers le dépôt exceptionnel dans les collections de toutes les copies et archives de la société de production, les Films du Carrosse, créée par Truffaut dès 1957.

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Franck Ghery

Centre Pompidou du 8 octobre 2014 au 26 janvier 2015

Gehry

 Le nom de Frank Gehry incarne à lui seul l’image de l’architecture contemporaine. Mondialement reconnu pour des projets qui ont aujourd’hui valeur d’icône, son œuvre a révolutionné l’esthétique de l’architecture, son rôle social et culturel dans la ville. C’est à Los Angeles que Frank Gehry initie sa pratique. Il côtoie dès les années soixante la scène artistique californienne, proche d’artistes comme Ed Ruscha, Richard Serra, Claes Oldenburg, Larry Bell, Ron Davis, pour n’en citer que quelques-uns. La rencontre avec les œuvres de Robert Rauschenberg et de Jasper Johns ouvre la voie à la reconfiguration de sa pratique architecturale. Elle l’engage notamment à introduire l’usage des matériaux pauvres comme le carton, la tôle, les grillages industriels. L’extension de sa propre maison à Santa Monica en est un manifeste. Les projets de Frank Gehry reposeront dès lors sur une interrogation de ses propres moyens d’expression. Cette position de passeur, entre art et architecture, le conduit à écrire l’histoire la plus récente, et légendaire, de Los Angeles. Alors que triomphe le postmodernisme, Frank Gehry, au contraire, s’en échappe. Il s’en explique par exemple dans un dialogue resté célèbre avec le cinéaste Sydney Pollack qui réalise un film biographique, en 2005. Comment humaniser l’architecture ? Comment retrouver un second souffle après la première crise industrielle ? Ces questions traversent l’œuvre de Frank Gehry, tant dans son architecture que dans la vision urbaine qu’elle porte. Il est en effet tout autant un architecte qu’un grand urbaniste, et c’est bien la ville que Frank Gehry nous montre par ses bâtiments. Le musée Guggenheim, à Bilbao en est l’un des exemples le plus flamboyant érigé en emblème d’une capacité de l’architecture à réactiver le tissu économique d’un territoire. La rétrospective présentée par le Centre Pompidou offre pour la première fois en Europe une lecture globale de son œuvre, à travers plus de soixante maquettes et près de deux cent-vingt dessins originaux. Elle retrace dans un parcours thématique et chronologique les lignes de force de la carrière de l’une des figures majeures de l’architecture contemporaine et de la seconde moitié du 20ème siècle.

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Paul Durand-Ruel. Le pari de l’impressionnisme. Manet, Monet, Renoir

Musée du Luxembourg du 9 octobre 2014 au 8 février 2015

 Durand-Ruel

Paul Durand-Ruel est un immense marchand d’art qui a marqué deux tournants historiques de l’Histoire de l’Art à l’aube du XXe siècle.

En soutenant avec ferveur les peintres Impressionnistes – Monet, Cézanne, Renoir – Paul Durand-Ruel a contribué à donner à la peinture, concurrencée par la photographie dans son rôle strictement reproductif, une vocation nouvelle : celle de donner aux artistes un lieu d’expression et d’interprétation personnelles. Le statut de l’artiste change. D’ailleurs, Paul Durand-Ruel sort « ses » peintres de la misère en leur offrant un petit salaire. « Protéger l’art avant tout », c’est son premier objectif de marchand. Car de l’autre côté, il y a le marché, le marché de l’art. Capitaliste visionnaire, il a redéfini le rôle de marchand et de soutien aux artistes. Entrepreneur exceptionnel, il a également été précurseur sur la scène internationale du marché de l’art en établissant un réseau de galeries à Paris, Londres, Bruxelles et New York, et en organisant des expositions dans le monde entier.

Sa vision, son audace et sa bienveillance à l’égard des artistes ont fait de lui un véritable « missionnaire » de l’Impressionnisme, comme se plaisait à le dire Auguste Renoir. Il était temps de lui consacrer une exposition d’envergure… Parce qu’on ne se lasse pas de voir les chefs-d’œuvre de l’Impressionnisme…surtout lorsque le point de vue change ! Ici, le parcours réunit quatre-vingts tableaux, dessins, photographies et documents de l’impressionnisme, retraçant le moment où une avant-garde artistique accède à la reconnaissance internationale sous l’impulsion d’un marchand exceptionnel.

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David AltmejdFlux

Musée d’art moderne de la Ville de Paris du 10 octobre 2014 au 1er février 2015 

 David Altmejd

Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente à l’ARC Flux, première rétrospective en France de l’œuvre de David Altmejd. Elle réunit des pièces inédites ou plus anciennes, ainsi que sa sculpture monumentale la plus récente et certainement la plus ambitieuse : The Flux and The Puddle (2014).

L’exposition se présente comme une œuvre en soi, aux créatures parfois anthropomorphes et animales : hybrides mi-végétaux mi-minéraux qui se jouent de l’architecture réelle du musée et déploient leur labyrinthe arachnéen. David Altmejd a une approche de la sculpture caractérisée par la grande diversité des matériaux employés où un intérêt très ancien pour les sciences naturelles et pour l’architecture se révèle.  L’artiste travaille à même le flux psychique. Dans son univers de « rêveur définitif », l’action et la conscience fusionnent ; l’artiste domine le grotesque et l’abject, marie l’esthétique au « glamour », ses sculptures explorent les mondes du rêve et du cauchemar entre fascination et effroi. L’exposition révèle un ensemble d’éléments, d’ « acquis artistiques » volontairement contradictoires : conceptuels ou processuels, entre virtuosité et ready made… Le flux lumineux, issu d’innombrables sources, naturelles et artificielles, se subdivise au gré des miroirs qu’il rencontre, fracassés ou intacts, suivant la fantaisie du sculpteur. Proche des univers cinématographiques de David Cronenberg, de David Lynch ou de Jim Henson et marqué comme toute sa génération par l’œuvre de Matthew Barney, David Altmejd allie des composants mystiques et alchimiques à une esthétique éclatée, entre structure et dispersion. Théâtre de formes et d’organes en gestation, de cristaux en formation, son œuvre agit par strates, assemblant patiemment des sédiments mémoriels soudain réunis en une explosion jubilatoire et onirique.

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Garry Winogrand (1928-1984)

Musée du Jeu de Paume du 14 octobre 2014 au 8 février 2015

 Garry Winogrand

Le Jeu de Paume présente la première rétrospective, depuis vingt-cinq ans, du grand photographe américain Garry Winogrand (1928-1984). Chroniqueur célèbre de l’Amérique de l’après-guerre, Winogrand est encore mal connu, tant il a laissé de travail à accomplir — au moment de sa mort prématurée — dans l’archivage, le développement et le tirage de ses photographies. Il est cependant sans conteste l’un des maîtres de la photographie de rue américaine, au même titre qu’Evans, Frank, Friedlander ou Klein.

Célèbre pour ses photographies de New York et de la vie aux États-Unis depuis les années 1950 jusqu’au début de la décennie 1980, Winogrand cherche à savoir « à quoi ressemblent les choses quand elles sont photographiées ». L’ exposition réunit les images les plus emblématiques de l’artiste et des tirages inédits puisés dans les archives, en grande partie inexplorées, de la fin de sa vie. Elle offre une vue d’ensemble rigoureuse de son parcours et, pour la première fois, embrasse la totalité de sa carrière.

Winogrand a beau être considéré, par beaucoup, comme l’un des plus grands photographes du XXe siècle, l’examen de son corpus pictural et de son influence sur la discipline demeurent incomplets. Extrêmement prolifique, il a pourtant souvent différé la sélection et le tirage de ses images. À sa mort, survenue brutalement à l’âge de 56 ans, il a ainsi laissé derrière lui environ 6 500 bobines (soit quelque 250 000 images) qu’il n’a jamais vues ainsi que des planches-contacts des années antérieures, qui avaient été marquées mais jamais tirées. De sorte que près de la moitié des photographies de cette exposition n’ont jamais été montrées ni publiées à ce jour et que plus de cent n’avaient encore jamais été tirées.

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Le Maroc contemporain

Institut du Monde arabe du 15 octobre 2014 au 25 janvier 2015

 Maroc contemporain

L’exposition regroupera les œuvres d’environ quatre vingt artistes vivants, issus de plusieurs générations, depuis les pionniers de la peinture moderne marocaine jusqu’aux jeunes expérimentant des techniques diverses. Ces œuvres font apparaître un certain nombre de sujets et de thématiques qui préoccupent la scène artistique actuelle au Maroc, sujets et thématiques selon lesquels seront présentées les œuvres. Peintures, sculptures, installations, vidéos, photographies seront à l’honneur. Des volets seront également consacrés au design, à l’architecture et à la mode.

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Sonia Delaunay – Les couleurs de l’abstraction

Musée  d’Art Moderne de la Ville de Paris du 17 octobre 2014 au 22 février 2015

 Sonia Delaunay

Tandis que Robert Delaunay conceptualise l’abstraction comme un langage universel, Sonia Delaunay l’expérimente sur les supports les plus variés (tableaux, projets d’affiches, vêtements, reliures, objets domestiques) et crée à quatre mains avec le poète Blaise Cendrars La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France. Durant la Grande Guerre, son passage en Espagne et au Portugal coïncide avec un premier développement de ses activités dans les domaines du théâtre et de la mode qu’elle commercialise à Madrid dès 1918, puis à son retour à Paris dans les années 1920. La décennie suivante marque l’épanouissement d’une abstraction épurée, caractéristique du style international, et en harmonie avec l’architecture comme en témoignent les grandes décorations murales du Pavillon de l’Air de l’Exposition internationale des arts et techniques, présentées à Paris pour la première fois depuis 1937. Le rôle de « passeur » de l’artiste entre la génération des pionniers de l’abstraction et celle de l’après-guerre se manifeste à travers sa participation aux Salons des Réalités Nouvelles, son implication dans les projets d’architecture et sa présence au sein de la galerie Denise René. Dès l’après-guerre, la peinture de Sonia Delaunay connaît un profond renouvellement qui culmine, à la fin des années 1960, dans un art abstrait intensément poétique. Sa créativité formelle et technique s’exprime alors dans des œuvres monumentales (peinture, mosaïque, tapis, tapisserie) et son œuvre tardive connaît un ultime essor dans les albums d’eaux-fortes et les éditions Artcurial.

Première grande rétrospective parisienne consacrée à Sonia Delaunay depuis 1967, l’exposition organisée par le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rassemble, aux côtés de trois reconstitutions exceptionnelles d’environnements, plus de 400 œuvres : peintures, décorations murales, gouaches, estampes, mode et textiles. Cette monographie qui suit l’évolution de l’artiste de l’aube du XXème siècle à la fin des années 1970, met en lumière l’importance de son activité dans les arts appliqués, sa place spécifique au sein des avant-gardes européennes, ainsi que son rôle majeur dans l’abstraction dont elle figure parmi les pionniers.

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Bruno Decharme – Art brut / collection ABCD

La Maison Rouge du 18 octobre 2014 au 18 janvier 2015

 Bruno Decharme

Depuis plus de trente ans Bruno Decharme assemble sa collection d’Art Brut. Elle compte aujourd’hui 3 500 pièces, recense 300 artistes du milieu du dix-neuvième siècle à nos jours. Elle réunit des œuvres de nombreux pays, produites dans un cadre asilaire ou dans la solitude des villes et des campagnes, des productions dites médiumniques et des objets populaires qui échappent à la norme des traditions.

Cet ensemble unique prolonge les collections et recherches de précurseurs psychiatres comme Hans Prinzhorn, d’artistes et écrivains comme André Breton, travaux que Jean Dubuffet a théorisé en 1945 sous le concept d’art brut. En déplaçant ces créations vers le champ de l’art, Dubuffet opère un changement de paradigme radical qui invite à modifier notre façon de penser l’art.

En effet, ces artistes créent le plus souvent avec une intention tout autre que celle de produire de l’art : messages à Dieu, accomplissement d’une mission, communication avec des esprits, talismans de protection etc. En proie aux désordres et à toutes sortes de difficultés de la vie, à travers leurs visions, qui peuvent être qualifiées de délirantes, chacun d’entre eux touche une forme de savoir qui fait écho aux questions fondamentales qui nous concernent tous: que veut dire être sur cette terre? Pour autant, ils ne participent à aucune filiation artistique, pour la plupart isolés ils ne se connaissent pas et ne forment donc pas une école idéologique ou stylistique.

La démarche de Bruno Decharme s’inscrit dans le cadre d’un projet global, celui du collectionneur et du cinéaste, mais également celui du fondateur de l’association abcd qui ouvre sa collection au public en 1999. abcd (art brut connaissance & diffusion), animée par Barbara Safarova, est un pôle de recherche, dont le travaux prennent corps à travers des publications, des séminaires, des expositions et la production de films.

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David Maljkovic

Palais de Tokyo du 20 octobre 2014 au 11 janvier 2015

 David Maljkovic

Sur un niveau entier du Palais de Tokyo, le grand artiste croate David Maljkovic confronte les temps différents qui rythment notre vie : la mémoire individuelle et l’imaginaire collectif. Ainsi l’exposition juxtapose les figures du souvenir et les projections que l’on se fait de l’avenir.

Né en 1973 à Rijeka en Croatie, David Maljkovic étudie les Beaux-Arts à Zagreb et Amsterdam. Dans son œuvre et au moyen de divers médiums, l’artiste reprend des formes historiques autant qu’il rejoue ses propres œuvres. De reprises en permutations, il dessine une constellation de formes reliant chefs-d’œuvre de l’architecture yougoslave et productions personnelles, projets industriels et témoignages individuels.  Avant d’évoquer le principe de la reprise, plus que l’héritage moderniste, il faut  souligner l’importance du collage dans l’œuvre de David Maljkovic,  tant ce-dernier déploie les opérations de déplacement, soustraction et juxtaposition vers de nouveaux horizons conceptuels. Au Palais de Tokyo, David Maljkovic conçoit un dispositif ambivalent. Deux socles sont agrandis pour devenir de véritables plateformes. Ne donnant à voir que partiellement les œuvres qui y sont intégrées, ces plateformes sont accessibles aux visiteurs. Leur fait écho un important mobilier muséographique : tréteaux, vitrine, etc. La série Display for reprend des œuvres antérieures dont elle ne conserve que le dispositif de présentation. L’artiste ne cherche pas ici la réduction de l’œuvre à son essence mutique, mais à concevoir l’œuvre à la manière d’une partition musicale aux nombreuses possibilités d’interprétation. David Maljkovic étend le collage à la jux taposition de Out of Projection (2009-2014) et Undated (2013), deux films ayant en commun de faire coexister des temps disjoints. Dans Undated (2013), film en 16 mm, le mouvement des mains du sculpteur croate Ivan Kožaric (né en 1921) est soumis à des distorsions optiques et sonores. Out of Projection (2009) associe la présence de retraités de l’usine Peugeot-Sochaux à celle de prototypes de véhicules automobiles expérimentaux.

Les titres de certaines œuvres évoquent une temporalité de l’après, une durée longue, une historicité floue : Afterform [La Forme d’après], A Long Day [Une longue journée], Undated [Non daté]. David Maljkovic explore les techniques de reproduction et de diffusion – considérées dans l’art comme vecteurs d’une perte d’information, d’une corruption, voire d’une perte d’aura – en  jouant de leurs décalages. L’exposition In Low Resolution met en scène les temps du souvenir individuel et de l’imaginaire collectif autant que le temps de l’expérience et de sa représentation.

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Inside. Exposition collective

Palais de Tokyo du 20 octobre 2014 au 11 janvier 2015

 Inside

Inside propose au visiteur une expérience unique, une traversée risquée de soi dont l’espace d’exposition est le sujet et la métaphore. Cette odyssée, tant physique que mentale, invite à traverser un Palais de Tokyo métamorphosé par les artistes de façon à ce que, d’une installation à l’autre, d’un étage à l’autre, nous soyons à l’intérieur d’œuvres.

Celles-ci nous conduisent au plus près de nous-mêmes, de l’expérience de l’espace jusqu’à nos pensées et nos craintes les plus secrètes.

À la manière des chambres noires, l’intérieur est un lieu privilégié pour l’apparition des images : de l’art pariétal et des récits originels à la découverte de l’intériorité du sujet, des remous internes de la mélancolie au vaste territoire de l’inconscient. Ce long parcours permet d’appréhender de manière inédite le bâtiment  transformé en un organisme à découvrir– à la façon d’un voyage, du physique au mental, du psychique au spirituel, selon l’archétype du voyage initiatique. L’ensemble des œuvres produit une expérience à la fois sensorielle et émotionnelle. Inside convoque toutes les émotions qui font notre humanité : joie, inquiétude, effroi, horreur, désir, plaisir… Une expérience profonde, troublante et imprévue.

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De la destruction – Pascal Convert, Michel François, Nicolas Kennett, Gordon Matta-Clark, Till Roeskens

Ecole Nationale Supérieure d’Architecture Paris-Belleville du 23 octobre au 19 novembre 2014

De la destruction

Dans le cadre d’une série d’événements sur le thème De la destruction…, l’École d’architecture de Paris-Belleville accueille des œuvres du Fonds régional d’art contemporain d’Ile-de-France. S’attaquant aux effets directs de la destruction, Michel François nous livre un archétype correspondant de façon crue et littérale au titre : Trou, Briser…

Provenant directement de Verdun les souches d’arbres de Pascal Convert fonctionnent comme des « gueules cassées » ; gorgées d’encre comme autant de témoignages potentiels à écrire, leur présence mutique s’impose, monumentale. Dans une proximité certaine, la Taupe de Nicolas Kennett est une forme momifiée, vitrifiée par une violence obscure, à l’image des corps pris en plein sommeil à Pompéi. Plus proche de l’actualité, la vidéo de Till Roeskens – Aïda, Palestine - recueille par le récit et le dessin les stratégies d’adaptation à la transformation du paysage immédiat de quelques réfugiés d’un camp de Bethléem. Sublimant la destruction, Gordon Matta-Clark filme ses découpages d’architectures (Conical Intersect) et transforme ce qui ne serait, sinon, que murs crevés, en un objet esthétique, par l’apparition de points de vue inédits.

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Toute photographie fait énigme

Maison Européenne de la photographie du 12 novembre 2014 au 25 janvier 2015

 Toute photographie fait énigme

Les images photographiques, qui nous sont tellement familières, passent pour immédiatement intelligibles. Et pourtant, la plupart d’entre elles provoquent un bref étonnement ou une perplexité qui perdure, et le sentiment que nous sommes devant une interrogation plutôt qu’une évidence.

En prenant appui sur une collecte personnelle d’images de toute époque glanées au fil des ans, d’anonymes, d’inconnus, d’auteurs oubliés ou d’amateurs, d’images de presse, qui échappent à la classification et à l’esthétique, Michel Frizot, historien de la photographie, exerce un contre-regard qui va à rebours des critères de l’histoire, de l’art et de l’excellence.

Toute photographie fait énigme, pour le regard : car l’énigme est constitutive du fait photographique en soi. Elle résulte de la distance entre les sens humains (la vision naturelle) et la procédure de captation photosensible d’un appareil.

Les modalités de la saisie, les intentions du photographe, les réactions et implications multiples du « photographié », en creusant cet écart, créent des formes nouvelles et des exigences perceptives propres à la photographie. Il s’agit avant tout, en regardant avec attention, de comprendre combien les photographies, par le dépassement de nos capacités visuelles et le débordement de nos intuitions, provoquent aussi l’empathie et le besoin de projeter des préoccupations personnelles.

La part d’énigme de la photographie témoigne plus que tout de ce qu’est « être humain ».

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Viollet-le-Duc, les visions d’un architecte

Cité de l’Architecture et du patrimoine du 20 novembre 2014 au 9 mars 2015

  Viollet le duc

Eugène Viollet-le-Duc est l’un des rares architectes du XIXe siècle dont la mort n’ait pas éteint la célébrité mais l’ait au contraire affirmée.

Malgré des polémiques, ses travaux de restauration et son œuvre font toujours référence pour les professionnels de l’architecture et son génie a marqué l’histoire de l’art et de l’architecture du Moyen Âge. Longtemps, les historiens se sont attachés à mettre en perspective sa science archéologique, sa doctrine en matière de restauration et son activité au service du patrimoine. À partir des années 1970, les idées qu’il avait exprimées en matière de création architecturale furent à leur tour objet d’étude et de controverses.
Aujourd’hui, trente ans après la dernière  exposition monographique qui lui fut consacrée à Paris, ce sont les aspects les moins connus et les plus inattendus de cet artiste aux talents multiples qui sont présentés au public, pour témoigner de la richesse et de la complexité de sa personnalité. On connaît le caractère rationnel de sa démarche : il est question ici de souligner son côté visionnaire. Il s’agit, en d’autres termes, d’illustrer l’intimité qui existe entre le système positiviste qu’il incarne et ses délires romantiques, sources mêmes de son génie. Surgit peu à peu une personnalité étrange et complexe, hyperactive et féconde, mobilisant un savoir encyclopédique au service d’un projet politique tout autant qu’esthétique.

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Revoir Paris. François Schuiten et Benoît Peeters

Cité de l’Architecture et du Patrimoine du 20 novembre 2014 au 9 mars 2015

 Revoir Paris

L’exposition fait dialoguer de manière vivante un ensemble de représentations utopiques anciennes ou récentes de Paris (dessins, tableaux, maquettes) et les nombreuses images réalisées par François Schuiten autour de Paris .

La station de métro Arts et Métiers, le roman retrouvé de Jules Verne Paris au XXe siècle, le projet du Grand Paris, mais aussi et surtout pour la bande dessinée qui est en cours de réalisation, Revoir Paris. François Schuiten assure la conception scénographique de l’exposition, en étroite collaboration avec Benoît Peeters.
Loin d’un accrochage classique et didactique, le projet utilise les techniques les plus contemporaines pour faire vivre l’espace dans toutes ses dimensions, et associe le «futur du passé» à des réalisations de pointe. Nos villes et nos sociétés sont aujourd’hui en manque d’utopie. Cette exposition doit donner l’occasion de rêver librement l’avenir de Paris,  bien au-delà des contraintes techniques, politiques et économiques.

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Jeff Koons

Centre Pompidou du 26 novembre 2014 au 27 avril 2015

 Koons

Vingt-sept années ont passé depuis que Rabbit s’en est venu au Centre Pompidou et en est – hélas – reparti. L’auteur de la fameuse baudruche en inox est devenu l’un des artistes les plus célèbres et les plus controversés de la scène de l’art contemporain. L’un de ceux sur lequel les phrases les plus âpres vont bon train, au point qu’on se demande si c’est encore l’œuvre qu’il s’agit de juger ou la mythologie d’un homme devenu un personnage.

Cette rétrospective entend faire le bilan d’un indéniable « grand œuvre », désormais indissociable de celui qui l’a façonné. Car le projet de Jeff Koons est, avant tout commentaire, une histoire et un rêve américains. Une œuvre pragmatique et résolument positive, un défi joyeux dans un monde de hauts et de bas, une vision certes ludique, mais plus subversive qu’il n’y paraît et que son auteur se garde de le dire. Intimement lié à sa pratique, Jeff Koons aura, au fil de quelque trente-cinq ans, plus d’une fois défrayé la chronique. Des premiers objets résolument enfantins aux figures archétypales en acier polychrome se dressant dans les institutions publiques et les fondations privées, des images publicitaires métamorphosées en tableaux aux cadeaux d’entreprise devenus les trophées des meilleures ventes publiques, des publicités pour « master classes » gratifiées à des enfants attentifs dans des magazines d’art aux images pornographiques incarnant, pour l’artiste, « l’amour et la spiritualité », l’œuvre de Koons n’aura cessé de défier le jugement et le goût et de stimuler le désir pour affirmer sa valeur iconique et symbolique.

Des premiers assemblages cherchant une synthèse entre pop et minimalisme aux moulages de plâtre ornés de décorations pour parcs et jardins, Koons a voulu inscrire son projet au fil de séries dont les sujets parlaient à tous pour tenter de réconcilier l’art moderne et la culture populaire dans une célébration des contraires enfin réunis.

Car l’ambition de l’artiste est de taille. Même si Koons, on le sait, ne dédaigne pas le poids physique, symbolique et majestueux du monument. Son ambition est, en fait, de prendre en défaut les paradoxes d’un discours théorique qui n’aura, au fil de la modernité, souvent trouvé de justification que dans l’opposition qu’il aura cru entretenir avec le pouvoir. C’est là pour Koons un défi, voire un retournement.

Plusieurs décennies ont passé. L’Amérique a été ébranlée et Jeff Koons semble avoir gardé un irrémédiable optimisme. Intégrité et authenticité, acceptation de soi et dialogue, confiance et responsabilité : il y a sans doute dans la pratique de Jeff Koons du Dale Carnegie et de sa méthode pour « se faire des amis et influencer les gens ». Et si la promesse de bonheur tant de fois prise en défaut trouvait à s’accomplir, il n’est pas impossible que notre artiste veuille en être le porteur.

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Il était une fois…. La Bande à Niki
Au musée en Herbe jusqu’au 5 janvier 2015

30.LA BANDE A NIKKI

Le 27 Octobre 1960, huit jeunes artistes et le critique d’art Pierre Restany se réunissent chez Yves Klein . Ils signent une déclaration et décident de créer un groupe appelé « Les Nouveaux Réalistes ». Tous utilisent des objets réels pour créer des œuvres d’art. Adieu pinceaux, crayons et chevalets !  Affiches, moteurs, engrenages, tissus et fonds de poubelle… sont les outils des Nouveaux Réalistes. Ils récupèrent, recyclent, détruisent, assemblent, compressent, arrachent … et nous font apercevoir la beauté des objets qui nous entourent. En 1983, Daniel Spoerri a organisé un grand banquet qui fut enterré à la fin du repas.

L’INRAP a réalisé en 2010 la fouille d’un segment du Déjeuner sous l’herbe, sous la direction de Jean-Paul Demoule, à l’initiative de Bernard Müller et sous l’égide de Daniel Spoerri.  Voulu par l’artiste dès 1983 et partie prenante de l’œuvre originelle, cette fouille a permis de confronter les vestiges conservés dans le sol aux documents d’archives: l’occasion de constater le hiatus entre les interprétations du mobilier archéologique et la mémoire de l’événement. Cet ensemble contribue à la recherche sur l’art des années 1980.Un moulage de la fouille et une œuvre en bronze réalisée par Daniel Spoerri seront présentés dans l’exposition.

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Tatoueurs, Tatoués
Au musée du Quai Branly jusqu’au 18 octobre 2015

31.TATOUEURS TATOUES

Dans les sociétés dites “primitives”, issue des mondes orientaux, africains et océaniens, le tatouage a un rôle social, religieux et mystique et accompagne le sujet dans ses rites de passage en l’incluant dans la communauté. À l’inverse, en Occident, on retient qu’il fut marque d’infamie, de criminalité, attraction de cirque (avec le phénomène des side-shows) puis marque identitaire de tribus urbaines.

Durant la première moitié du XXème siècle, il a en effet évolué au sein de cercles marginaux, et il est demeuré geste clandestin jusqu’à ce que les médias le surexposent. Aujourd’hui, la publicité ou la mode s’emparent de ses codes. Cette approche géographique et antinomique tend aujourd’hui à disparaître : dans les sociétés traditionnelles, le tatouage perd son exclusivité rituelle ; dans les sociétés urbaines et au style de vie “occidentalisé”, son caractère marginal s’efface pour devenir un ornement corporel assez communément partagé. Depuis peu, les universitaires étudient la popularisation de la pratique en milieu urbain, qui établit le corps comme un lieu d’affirmation de soi. Mais le champ artistique et celui de l’histoire contemporaine restent encore à investir. Ce sont tous ces domaines que l’exposition explore, en offrant un nouvel éclairage sur le tatouage. Outre l’histoire du tatouage et son ancrage anthropologique fort, elle souligne également le geste de l’artiste, les échanges entre tatoueurs du monde entier et l’émergence de styles syncrétiques.

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Autres sorties conseillées :

  • Richard Deacon, Alphabet, sculptures & dessins

A la galerie  Thaddaeus Ropac  – jusqu’au 30 septembre 2014

Deacon

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  • Yves Bélorgey, La Mémé. La Maladrerie. Bois le prêtre. Spinoza. Rue des Pyrénées

A la galerie  Xippas  – jusqu’au 4 octobre 2014

Belorgey

 

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  • Françoise Petrovitch,  Echos

A la galerie Marian Goodman  – jusqu’au 11 octobre 2014

Petrovitch

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  • Lily Reynaud-Dewar,  Vivre avec ça?!

A la galerie Kamel Mennour  – jusqu’au 11 octobre 2014

Reynaud dewar

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  • Michel François, Ciel ouvert

A la galerie Kamel Mennour  – jusqu’au 11 octobre 2014

François

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  • Ryan Gander, Retinal account

GB Agency – jusqu’au 11 octobre 2014

gander

 

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  • Clément Rodzielski, Fraises noires

A la galerie Chantal Crousel  – jusqu’au 16 octobre 2014

Rodzielski

 

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  • David Goldblatt,  Structures of Dominion and  Democracy

A la galerie Marian Goodman  – jusqu’au 18 octobre 2014

goldblatt

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  • Jules de Balincourt,  Blue Hours

A la galerie Thaddaeus Ropas (Paris)  – jusqu’au 18 octobre 2014

de balincourt

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  • Nam June Paik

A la galerie Mitterand  – jusqu’au 18 octobre 2014

Nam june paik

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  • Orlan, Masques, Pekin Opera facing designs & réalité augmenté

A la galerie  Michel Rein  – jusqu’au 18 octobre 2014

Orlan

 

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  • Anna Gaskell – Douglas Gordon, Vampyr

A la galerie Yvon Lambert  – jusqu’au 25 octobre 2014

Gaskell

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  • Anthony Caro, Last Works

A la galerie Yvon Lambert  – jusqu’au 25 octobre 2014

Caro

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  • Daniel Deleuze, Battements, chemins

A la galerie Daniel Templon  – jusqu’au 25 octobre 2014

Deleuze

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  • Imi Knoebel,  Position

A la galerie Catherine Putman  – jusqu’au 31 octobre 2014

Knoebel

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  • Laurent Grasso, Soleil double

A la galerie Emmanuel Perrotin – jusqu’au 31 octobre 2014

Grasso

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  • Gilbert & George, Scapegoat pictures

A la galerie Thaddaeus Ropac à Pantin  – jusqu’au 15 novembre 2014

Gilbert&georges

 

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  • Oliver Beer, Diabolus in musica

A la galerie Thaddaeus Ropac à Pantin  – jusqu’au 15 novembre 2014

 Beer

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  • Peter Lindbergh

A la galerie  Gagosian  – jusqu’au 22 novembre 2014

 

Lindbergh

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Conférences entrée libre « Ateliers de rencontre » à l’ENSAD
Les jeudi de 18h30 à 20h. Programme sur le site :
http://atelier-rencontre.ensad.fr/

Pour se tenir informer des expositions dans les galeries, aller voir régulièrement le site : http://www.fondation-entreprise-ricard.com/GmeGalleries

 

Lionel Dax
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