Actualités Prép’art Paris
Décembre 2014/ Janvier/ Février 2015

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De la Chine aux Arts Décoratifs : l’art chinois dans les collections du musée des Arts Décoratifs

Musée des Arts décoratifs du 13 février 2014 au 11 janvier 2015

Chine arts déco

De la Chine aux Arts Décoratifs retrace l’apparition du goût pour l’art chinois qui prend une ampleur manifeste en France au XIXe siècle, mais aussi l’histoire particulière d’une collection. Le Musée Chinois à Fontainebleau inauguré par l’Impératrice Eugénie en 1863, ou encore les Expositions Universelles, sont les prémices de ce nouvel et vif intérêt pour des formes d’art que ces amateurs éclairés vont, pour certains, collectionner avec passion.

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Ces emballages qui changent nos vies – Des années 50 à demain

Musée de la contrefaçon jusqu’au 21 décembre 2014

musée de la contrefaçon

Ces emballages qui changent nos vies retrace chronologiquement l’évolution de l’emballage de 1940 à aujourd’hui. Dans un esprit ludique, autour de repères socio-culturels, cette exposition met en lumière le rôle de l’emballage dans notre vie quotidienne et son influence sur nos modes de consommation et notre gestuelle pour tendre vers plus de praticité, de sécurité, d’accompagnement de la mobilité. De la boîte Cachou Lajaunie en passant par le premier mascara Helena Rubinstein, le petit pot Blédina, jusqu’aux emballages comestibles ou encore aux QR Codes,  l’exposition présente chaque innovation de rupture avec une mise en scène très actuelle réalisée par l’agence Dragon Rouge.

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Histoire(s) de cuillères

Bibliothèque Forney du 9 septembre 2014 au 3 janvier 2015

Histoire de cuillère

Manger et être en lien avec les autres : l’existence des cuillères répond à ce double besoin fondamental et explique la permanence de sa présence chez les hommes. L’exposition vise à rassembler dans un même espace, ce qui fait la vie, non pas à travers une collection d’objets, mais à travers une présence qui met en relation les œuvres des hommes et qui est révélatrice de leurs pratiques sociales. Cette exposition illustre la capacité créatrice de l’Homme, quelle que soit la période historique, quel que soit la période historique, quel que soit l’espace géographique considéré. Elle a pour ambition d’être un hommage au sens esthétique des artisans, tout en cherchant à relier la vie quotidienne des hommes et des femmes, leurs habitudes alimentaires, leurs codes sociaux et culturels, à un des rares sinon le seul outil qui a traversé l’ensemble de l’histoire de l’humanité : la cuillère. La dimension symbolique nous montre la forte volonté des hommes à donner du sens à des objets usuels.

 

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Le Pérugin, maître de Raphaël

Musée Jacquemart André du vendredi 12 septembre 2014 au lundi 19 janvier 2015

 Le Pérugin

Connu pour son influence sur le jeune Raphaël, Le Pérugin est avant tout un peintre novateur dont la fortune, très importante dans toute l’Italie au début du XVIe siècle, aura un écho particulier en France jusqu’à l’époque contemporaine. Considéré par ses contemporains comme l’un des plus grands peintres d’Italie, Le Pérugin a initié pendant les dernières décennies du XVe siècle et les premières du XVIe siècle une nouvelle manière de peindre, qui a profondément marqué son époque. Son art cristallin, fait de transparences et de lumières théâtrales, a suscité un très grand engouement et les effets inédits de grâce et de séduction qu’il a développés font de lui l’un des plus grands représentants de la Renaissance italienne.

Le raffinement de ses œuvres, l’attention portée à l’harmonie des couleurs et au modelé des corps témoignent de la grande maîtrise technique du Pérugin. Inventeur de nouvelles règles de composition, il a créé un langage pictural dont l’influence s’est étendue par-delà les frontières. Le Pérugin devient le chef de file d’un courant artistique de portée internationale qui va se diffuser dans l’Europe tout entière, par l’intermédiaire du jeune Raphaël (1483-1520), dont les œuvres rencontrent à leur tour un vif succès.

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Niki de Saint Phalle

Au Grand Palais  du 17 sept 2014 au 7 février 2015

 Niki de St Phalle

 Autodidacte, la carrière artistique de Niki de Saint Phalle débute en 1961, quand elle met en scène des  ”Tirs”, performances qui lui permettent de créer des œuvres d’art en faisant ‘saigner la peinture à vif’. A l’époque, la démarche fascine autant qu’elle choque. Une femme qui tire à la carabine, et invite les spectateurs  à tirer sur des poches de couleur, éclaboussant ainsi des assemblages de plâtre, pour constituer une œuvre. Etant très tourmentée par son passé, les Tirs sont un moyen d’extérioriser ces démons intérieurs, ainsi en tirant sur ces toiles, elle tire sur son père, sur la société, pour se libérer. Comme elle le dit « Il existe dans le cœur humain un désir de tout détruire. Détruire c’est affirmer qu’on existe envers et contre tout. » C’est à cette époque qu’ elle intègrera le groupe de Nouveaux réalistes, aux côtés de Deschamps, César, Klein, Rotella.

Niki de Saint Phalle est aussi l’auteure de célèbres sculptures de  “Nanas”, femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester typique de l’art espagnol et de sculptures monumentales réunies au Jardin des Tarots en Toscane. Ces poupées grandeur nature explorent les représentations artistiques du rôle de la femme. A 40 ans, elle épousa l’artiste Jean Tinguely, avec lequel elle a réalisé la Fontaine Stravinsky devant le Centre Pompidou. Leur collaboration artistique produira aussi le Cyclop à Milly-la-Forêt, la fontaine de Château-Chinon et le Jardin des Tarots à Capalbio en Italie, qui réunit des sculptures monumentales inspirées par les figures du jeu de tarots.

Vingt ans après sa grande rétrospective parisienne (MAMVP, 1993), l’exposition propose une relecture de cette œuvre à l’aune des réévaluations historiques de ces dernières années (histoire du féminisme, de la performance, du cinéma expérimental) mais aussi à partir d’un travail sur des archives de la Fondation Niki de Saint Phalle, largement inédites.

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Émile Bernard (1868-1941)

Musée de l’Orangerie  du 17 septembre 2014 au 5 janvier 2015 

 Emile Bernard

Peintre, graveur, mais aussi critique d’art, écrivain et poète, Emile Bernard est une personnalité majeure dans l’élaboration de l’art moderne. A la fin des années 1880, il inaugure le style cloisonniste, dont on sait l’importance qu’il revêtira chez Gauguin et Van Gogh, dont Bernard fut proche, mais aussi chez les Nabis.

Après la controverse sur l’invention du symbolisme en peinture, qui l’oppose violemment à Gauguin, Bernard s’installe au Caire où il reconsidère la stylisation schématique et la recherche de primitivisme symboliste. La découverte des maîtres anciens l’incitera cependant à renouer avec la tradition.

De retour en France, il publie des témoignages fondamentaux sur Cézanne et des écrits esthétiques remettant en cause les avant-gardes au nom de la tradition picturale. Mais, loin de se définir par un traditionalisme suranné, son art porte toujours la marque d’une personnalité curieuse et tourmentée, à la recherche de l’absolu artistique.

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Les Borgia et leur temps. De Léonard de Vinci à Michel-Ange

Musée Maillol du 17 septembre 2014 au 15 février 2015

Borgia

 Dans l’imaginaire collectif, les Borgia représentent l’incarnation des vices les plus abominables. Ils exprimeraient ainsi tous les excès d’une société de la Renaissance interprétée dans un sens entièrement négatif. L’exposition propose de pénétrer au cœur de cette famille qui a marqué la seconde moitié du XVe siècle en Italie et en Europe afin de révéler leur véritable visage et de restituer leur environnement qui voyait le monde se transformer avec la découverte de l’Amérique, l’invention de l’imprimerie, la Réforme engagée par Luther et l’épanouissement d’une scène artistique sans précédent.

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Sous le vent de l’Art brut /2 : La Collection De Stadshof

Halle Saint Pierre du 17 septembre 2014 au 4 janvier 2015

  Sous le vent de l'art brut

Sous le vent de l’art brut 2 : La collection De Stadshof est le deuxième volet d’une série d’expositions que la Halle Saint Pierre dédie aux collections internationales d’art brut. Après l’exposition Charlotte Zander en 2011, la Halle Saint Pierre présente pour la première fois en France la collection De Stadshof, constituée passionnément depuis 1985 par Liesbeth Reith et Frans Smolders. 350 œuvres de 40 artistes emblématiques seront présentées : peintures, sculptures, dessins, installations, broderies, signées par des figures incontournables de l’art brut et de l’art singulier. L’occasion de découvrir une sélection exceptionnelle avec notamment des œuvres de Willem van Genk, Anna Zemànkovà, A.C.M., Bruno Montpied, Rosemarie Koczÿ, Marie-Rose Lortet, Michel Nedjar et Christine Sefolosha, ainsi que des découvertes d’artistes néerlandais comme Herman Bossert, Lies Hutting, l’allemand Markus Meurer et le libérien Johnson Weree… Riche de 7 000 œuvres réalisées par plus de 400 artistes du monde entier, la Collection De Stadshof est une référence parmi les institutions privées et publiques européennes, et fait écho aux prospections de Dubuffet et à sa célèbre collection d’art brut aujourd’hui à Lausanne.

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Impression, soleil levant. L’histoire vraie du chef-d’œuvre de Claude Monet

Musée Marmottan du 18 septembre 2014 au 18 janvier 2015

 Monet

 Cette vue du port Havre dans les brumes, signée et datée en bas gauche « Claude Monet 72 », est exposée pour la première fois en 1874 dans les anciens ateliers de Nadar qui accueillent l’exposition de la Société anonyme des peintures, sculpteurs, graveurs. Désignée au livret sous le titre Impression, soleil levant, elle inspire au critique Louis Leroy, du journal satirique Le Charivari, le terme “impressionniste” qui désignera par la suite le groupe d’artistes réuni autour de Monet. Si le terme se diffuse rapidement, l’œuvre et son histoire sont peu à peu oubliées.

Impression, soleil levant, la toile qui a donné son nom à l’impressionnisme et qui est le fleuron des collections du musée Marmottan Monet, est l’une des  peintures les plus célèbres au monde. Cette œuvre n’a pourtant pas fait l’objet d’une étude approfondie jusqu’à ce jour. Au contraire, depuis près de quarante ans, le mystère semble grandir autour du chef – d’œuvre : que représente véritablement le tableau ?  Un soleil levant ou un soleil couchant ? Quand fut-il peint ? En 1872  ou en 1873 ? Qu’est-il advenu du tableau à l’issue de la première exposition impressionniste ? Pourquoi a-t-il rejoint, en 1940, les collections du musée Marmottan, un établissement initialement dédié à l’Empire et qui n’abritait alors aucune peinture impressionniste ? Pourquoi à cette date ?  Dans quelles circonstances ?  Le musée Marmottan Monet répond à ces questions avec cette exposition dédiée à ce symbole.

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Tania Mouraud “Ad Nauseam”

MAC/VAL  du samedi 20 septembre 2014 au dimanche 25 janvier 2015

 Tania Mouraud

Pour son exposition au MAC/VAL, Tania Mouraud inaugure une installation monumentale de vidéo et de son et confronte le spectateur à un de ses thèmes majeurs, celui de la destruction par l’Homme de sa propre histoire, représentée ici par l’élimination massive de livres. « AD NAUSEAM » se déploie à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du MAC/VAL, sur les façades du musée, les panneaux d’affichage libre de la ville ainsi que sur le billet d’entrée. Depuis la fin des années soixante, le travail de Tania Mouraud s’inscrit dans une pratique questionnant les rapports de l’art et des liens sociaux en utilisant différents médium : peinture, installation, photo, son, vidéo, performance. Depuis 1998, elle utilise la photo, la vidéo et le son dans une forte relation à la peinture pour questionner différents aspects de l’histoire et du vivant.

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Marcel Duchamp, La peinture, même.

Centre Pompidou du mercredi 24 septembre 2014 au lundi 05 janvier 2015

 Duchamp

On a beaucoup glosé sur la rupture de Marcel Duchamp avec la peinture, mettant en avant, tel un leurre, le traumatisme psychologique originel causé par le rejet de son Nu descendant un escalier du Salon des indépendants de 1911 par ses amis et frères cubistes. À la lumière des quelques gestes iconoclastes dadaïstes et de l’invention du readymade, le créateur de Fountain, la « fontaine-pissotière », est généralement perçu comme celui qui a tué la peinture. Et pourtant le débat reste ouvert : le projet de Duchamp n’a-t-il pas été de la reformuler ? C’est cette lecture renouvelée de l’œuvre peint de l’une des figures les plus emblématiques de l’art du 20ème siècle que propose l’exposition du Centre Pompidou.

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Matière grise. Matériaux / Réemploi / Architecture

Pavillon de l’Arsenal du 26 septembre 2014 au 4 janvier 2015

matière grise

75 projets démontrent le potentiel du réemploi et la possibilité d’une nouvelle vie pour des matériaux usés dans tous les lots du bâtiment. A Bruxelles, les briques de seconde main construisent les pavillons d’aujourd’hui ; dans le Massachusetts, les portiques d’un viaduc autoroutier structurent une villa ; à Saint-Denis, le bardage refusé pour un centre commercial enveloppe désormais la prestigieuse Académie nationale contemporaine des arts du cirque ; à Madrid, les tuiles d’hier cloisonnent et transforment un lieu culturel d’avant-garde, etc. Consommer « plus de matière grise » pour consommer « moins de matières premières » est l’un des enjeux de cette manifestation qui convoque l’intelligence collective pour reconsidérer la matière de nos constructions.

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Dessins du Studio Ghibli

Musée des arts ludiques du 4 octobre 2014 au 1er mars 2015

 studio ghibli

Mon voisin Totoro, Le tombeau des lucioles, Le château dans le ciel, Pompoko, Princesse Mononoké, Mes voisins les Yamada, Le voyage de Chihiro, Ponyo sur la falaise, Le vent se lève ou Le conte de la Princesse Kaguya, autant de films dont la beauté des dessins et de l’animation ainsi que la qualité scénaristique sont unanimement reconnus et admirés dans le monde entier. Pour appréhender le génie créatif d’Isao Takahata et Hayao Miyazaki, les auteurs de ces chefs-d’œuvre, pour percer les secrets de leur animation et partager leurs émotions artistiques, cette exposition exceptionnelle présentera près de 30 ans de dessins du Studio Ghibli à travers 1 300 layouts (dessins originaux) des films produits par le studio.

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Street art. L’innovation au cœur d’un mouvement.

Espace Fondation EDF du 5 octobre 2014 au 1er mars 2015

Street art

Qu’ils soient déjà stars ou encore inconnus du grand public, qu’ils se nomment Shepard Fairey, JR, Zevs, Mark Jenkins, Vhils et Isaac Cordal ou encore Sweza, Rezine, Patrick Suchet et Antonin Fourneau, ils réinventent à leur manière le Street art. Tous utilisent, en plus de leurs bombes, pochoirs et pinceaux, des stylets et caméras numériques, des vidéos projecteurs, traceurs et QR codes pour créer des œuvres hybrides qui s’exposent dans le paysage urbain comme sur les smartphones, ordinateurs et autres tablettes. L’exposition présente un panorama inédit des nouvelles pratiques que sont le graffiti 2.0, le light painting, le street mapping ou l’anamorphose, tout en replaçant ces propositions actuelles dans le contexte historique de la discipline.

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Mayas. Révélations d’un temps sans fin

Musée du Quai Branly du 7 octobre 2014 au 8 février 2015

 Maya

 Les Mayas de l’époque préhispanique, créateurs d’une civilisation fascinante, ont laissé à la postérité des dizaines de cités révélant une architecture remarquable, une sculpture d’une grande perfection technique, de nombreuses fresques, des constructions, des vases de céramique et un registre détaillé de leurs croyances religieuses, de leurs rituels, de leur vie en communauté, de leurs habitudes et de leur histoire. Cette exposition permet d’apprécier le legs des Mayas à l’humanité. Suivant un ordre thématique – le rapport à la nature, le pouvoir des cités, les rites funéraires -, elle donne à voir les divers aspects de cette culture ainsi que son génie créatif. L’exposition cherche à la fois à dresser un panorama général et à montrer la variété des styles et les réussites esthétiques des différents groupes mayas, chacun d’eux avec sa propre langue et sa propre expressivité.

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François Truffaut

Cinémathèque Française du 8 octobre 2014 au 25 janvier 2015

 Truffaut

Malgré sa disparition prématurée à l’âge de 52 ans, François Truffaut a réalisé 21 longs métrages. Lorsqu’il reçoit le prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 1959 pour Les Quatre Cents Coups, il n’a que 27 ans et déjà une carrière de critique cinématographique derrière lui. L’Oscar pour La Nuit américaine en 1974, son rôle dans Rencontres du troisième type de Steven Spielberg en 1977, puis les dix César remportés pour Le Dernier métro en 1981, sont autant de signes de reconnaissance pour cet homme entièrement dévoué au cinéma. Jalonnée de nombreux extraits de films et d’interviews, l’exposition présentera des dessins, photographies, objets, livres, scénarios annotés et costumes, provenant en grande partie des collections de La Cinémathèque française. François Truffaut et ses amis de la Nouvelle Vague ont en effet entretenu un lien historique très fort avec l’institution créée par Henri Langlois, où se développe leur cinéphilie précoce. Cette relation a été prolongée depuis par la famille du cinéaste, à travers le dépôt exceptionnel dans les collections de toutes les copies et archives de la société de production, les Films du Carrosse, créée par Truffaut dès 1957.

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Franck Ghery

Centre Pompidou du 8 octobre 2014 au 26 janvier 2015

Gehry

 Le nom de Frank Gehry incarne à lui seul l’image de l’architecture contemporaine. Mondialement reconnu pour des projets qui ont aujourd’hui valeur d’icône, son œuvre a révolutionné l’esthétique de l’architecture, son rôle social et culturel dans la ville. C’est à Los Angeles que Frank Gehry initie sa pratique. Il côtoie dès les années soixante la scène artistique californienne, proche d’artistes comme Ed Ruscha, Richard Serra, Claes Oldenburg, Larry Bell, Ron Davis, pour n’en citer que quelques-uns. La rencontre avec les œuvres de Robert Rauschenberg et de Jasper Johns ouvre la voie à la reconfiguration de sa pratique architecturale. Elle l’engage notamment à introduire l’usage des matériaux pauvres comme le carton, la tôle, les grillages industriels. L’extension de sa propre maison à Santa Monica en est un manifeste. Les projets de Frank Gehry reposeront dès lors sur une interrogation de ses propres moyens d’expression. Cette position de passeur, entre art et architecture, le conduit à écrire l’histoire la plus récente, et légendaire, de Los Angeles. Alors que triomphe le postmodernisme, Frank Gehry, au contraire, s’en échappe. Il s’en explique par exemple dans un dialogue resté célèbre avec le cinéaste Sydney Pollack qui réalise un film biographique, en 2005. Comment humaniser l’architecture ? Comment retrouver un second souffle après la première crise industrielle ? Ces questions traversent l’œuvre de Frank Gehry, tant dans son architecture que dans la vision urbaine qu’elle porte. Il est en effet tout autant un architecte qu’un grand urbaniste, et c’est bien la ville que Frank Gehry nous montre par ses bâtiments. Le musée Guggenheim, à Bilbao en est l’un des exemples le plus flamboyant érigé en emblème d’une capacité de l’architecture à réactiver le tissu économique d’un territoire. La rétrospective présentée par le Centre Pompidou offre pour la première fois en Europe une lecture globale de son œuvre, à travers plus de soixante maquettes et près de deux cent-vingt dessins originaux. Elle retrace dans un parcours thématique et chronologique les lignes de force de la carrière de l’une des figures majeures de l’architecture contemporaine et de la seconde moitié du 20ème siècle.

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Paul Durand-Ruel. Le pari de l’impressionnisme. Manet, Monet, Renoir

Musée du Luxembourg du 9 octobre 2014 au 8 février 2015

 Durand-Ruel

Paul Durand-Ruel est un immense marchand d’art qui a marqué deux tournants historiques de l’Histoire de l’Art à l’aube du XXe siècle.

En soutenant avec ferveur les peintres Impressionnistes – Monet, Cézanne, Renoir – Paul Durand-Ruel a contribué à donner à la peinture, concurrencée par la photographie dans son rôle strictement reproductif, une vocation nouvelle : celle de donner aux artistes un lieu d’expression et d’interprétation personnelles. Le statut de l’artiste change. D’ailleurs, Paul Durand-Ruel sort « ses » peintres de la misère en leur offrant un petit salaire. « Protéger l’art avant tout », c’est son premier objectif de marchand. Car de l’autre côté, il y a le marché, le marché de l’art. Capitaliste visionnaire, il a redéfini le rôle de marchand et de soutien aux artistes. Entrepreneur exceptionnel, il a également été précurseur sur la scène internationale du marché de l’art en établissant un réseau de galeries à Paris, Londres, Bruxelles et New York, et en organisant des expositions dans le monde entier. Sa vision, son audace et sa bienveillance à l’égard des artistes ont fait de lui un véritable « missionnaire » de l’Impressionnisme, comme se plaisait à le dire Auguste Renoir. Il était temps de lui consacrer une exposition d’envergure… Parce qu’on ne se lasse pas de voir les chefs-d’œuvre de l’Impressionnisme…surtout lorsque le point de vue change ! Ici, le parcours réunit quatre-vingts tableaux, dessins, photographies et documents de l’impressionnisme, retraçant le moment où une avant-garde artistique accède à la reconnaissance internationale sous l’impulsion d’un marchand exceptionnel.

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L’Age d’or du paysage hollandais

Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris du 10 octobre 2014 au 16 janvier 2015

l'age d'or paysage hollandais

Loin de la nature et de la lumière méditerranéennes, les dessinateurs hollandais – Ruisdael, Van Goyen, Cuyp, etc. – développent dans ce domaine de nouvelles approches qui vont leur assurer une notoriété incontestable dans toute l’Europe. Sensibles à l’omniprésence de l’eau dans leurs contrées – fleuves, lacs, cours d’eau et canaux -, ils dressent une image vivante où pêcheurs, marins mais aussi promeneurs et patineurs s’adonnent à leurs activités quotidiennes. Voyageurs infatigables, ils sillonnent les chemins et les routes crayon à la main sur les rives accidentées du Rhin (Saftleven), et de ses affluents d’Utrecht jusqu’à Clèves, poursuivant parfois le périple jusqu’en Allemagne et même jusqu’en Scandinavie.

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David AltmejdFlux

Musée d’art moderne de la Ville de Paris du 10 octobre 2014 au 1er février 2015 

 David Altmejd

Le Musée d’Art moderne de la ville de Paris présente à l’ARC Flux, première rétrospective en France de l’œuvre de David Altmejd. Elle réunit des pièces inédites ou plus anciennes, ainsi que sa sculpture monumentale la plus récente et certainement la plus ambitieuse : The Flux and The Puddle (2014). L’exposition se présente comme une œuvre en soi, aux créatures parfois anthropomorphes et animales : hybrides mi-végétaux mi-minéraux qui se jouent de l’architecture réelle du musée et déploient leur labyrinthe arachnéen. David Altmejd a une approche de la sculpture caractérisée par la grande diversité des matériaux employés où un intérêt très ancien pour les sciences naturelles et pour l’architecture se révèle.  L’artiste travaille à même le flux psychique. Dans son univers de « rêveur définitif », l’action et la conscience fusionnent ; l’artiste domine le grotesque et l’abject, marie l’esthétique au « glamour », ses sculptures explorent les mondes du rêve et du cauchemar entre fascination et effroi. L’exposition révèle un ensemble d’éléments, d’ « acquis artistiques » volontairement contradictoires : conceptuels ou processuels, entre virtuosité et ready made… Le flux lumineux, issu d’innombrables sources, naturelles et artificielles, se subdivise au gré des miroirs qu’il rencontre, fracassés ou intacts, suivant la fantaisie du sculpteur. Proche des univers cinématographiques de David Cronenberg, de David Lynch ou de Jim Henson et marqué comme toute sa génération par l’œuvre de Matthew Barney, David Altmejd allie des composants mystiques et alchimiques à une esthétique éclatée, entre structure et dispersion. Théâtre de formes et d’organes en gestation, de cristaux en formation, son œuvre agit par strates, assemblant patiemment des sédiments mémoriels soudain réunis en une explosion jubilatoire et onirique.

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Garry Winogrand (1928-1984)

Musée du Jeu de Paume du 14 octobre 2014 au 8 février 2015

 Garry Winogrand

Le Jeu de Paume présente la première rétrospective, depuis vingt-cinq ans, du grand photographe américain Garry Winogrand (1928-1984). Chroniqueur célèbre de l’Amérique de l’après-guerre, Winogrand est encore mal connu, tant il a laissé de travail à accomplir — au moment de sa mort prématurée — dans l’archivage, le développement et le tirage de ses photographies. Il est cependant sans conteste l’un des maîtres de la photographie de rue américaine, au même titre qu’Evans, Frank, Friedlander ou Klein. Célèbre pour ses photographies de New York et de la vie aux États-Unis depuis les années 1950 jusqu’au début de la décennie 1980, Winogrand cherche à savoir « à quoi ressemblent les choses quand elles sont photographiées ». L’ exposition réunit les images les plus emblématiques de l’artiste et des tirages inédits puisés dans les archives, en grande partie inexplorées, de la fin de sa vie. Elle offre une vue d’ensemble rigoureuse de son parcours et, pour la première fois, embrasse la totalité de sa carrière. Winogrand a beau être considéré, par beaucoup, comme l’un des plus grands photographes du XXe siècle, l’examen de son corpus pictural et de son influence sur la discipline demeurent incomplets. Extrêmement prolifique, il a pourtant souvent différé la sélection et le tirage de ses images. À sa mort, survenue brutalement à l’âge de 56 ans, il a ainsi laissé derrière lui environ 6 500 bobines (soit quelque 250 000 images) qu’il n’a jamais vues ainsi que des planches-contacts des années antérieures, qui avaient été marquées mais jamais tirées. De sorte que près de la moitié des photographies de cette exposition n’ont jamais été montrées ni publiées à ce jour et que plus de cent n’avaient encore jamais été tirées.

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Sade. Attaquer le soleil

Musée d’Orsay du 14 octobre 2014 au 25 janvier 2015

Sade

Donatien Alphonse François de Sade (1740-1814) a bouleversé l’histoire de la littérature comme celle des arts, de manière clandestine d’abord puis en devenant un véritable mythe. L’œuvre du “Divin Marquis” remet en cause de manière radicale les questions de limite, proportion, débordement, les notions de beauté, de laideur, de sublime et l’image du corps. Il débarrasse de manière radicale le regard de tous ses présupposés religieux, idéologiques, moraux, sociaux.

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Le Maroc contemporain

Institut du Monde arabe du 15 octobre 2014 au 25 janvier 2015

 Maroc contemporain

L’exposition regroupera les œuvres d’environ quatre vingt artistes vivants, issus de plusieurs générations, depuis les pionniers de la peinture moderne marocaine jusqu’aux jeunes expérimentant des techniques diverses. Ces œuvres font apparaître un certain nombre de sujets et de thématiques qui préoccupent la scène artistique actuelle au Maroc, sujets et thématiques selon lesquels seront présentées les œuvres. Peintures, sculptures, installations, vidéos, photographies seront à l’honneur. Des volets seront également consacrés au design, à l’architecture et à la mode.

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Robert Delaunay – Rythmes sans fin

Centre Pompidou du 15 octobre 2014 au 12 janvier 2015

R. delaunay 

Si pour Baudelaire la modernité se définit par la temporalité – le transitoire contre l’immuable –, elle se présente pour Robert Delaunay par sa démesure. Sous l’effet des nouveautés urbaines allant du gigantisme de la tour Eiffel à l’impact des panneaux-réclames, en passant par l’électrification des rues et l’essor de l’aviation, il perçoit cette modernité comme un débordement visuel, une sensation optique qui submerge : monumentale, éblouissante et fulgurante. Comment transposer en formes et en couleurs la profusion des angles de vue inédits, la mobilité accrue, la stimulation incessante de nos nerfs optiques, tous ces chocs simultanés qui rythment la vie urbaine moderne ? Cette quête d’une « peinture pure », qui met l’œil du spectateur en prise directe avec l’agitation du réel, se confond avec une mise à l’épreuve du médium même de la peinture de chevalet. Du premier Paysage au disque de 1906, au revers de son Autoportrait, aux premières formes circulaires peintes en 1913, Delaunay, inspiré tant par les théories astrales que par le mouvement des hélices et des halos des lampes électriques, cherche à dépasser les limites imposées par le format de la toile en intégrant une dynamique giratoire dans ses compositions. Au gré de ses recherches picturales qui l’amènent à sa « première peinture inobjective » avec son premier disque de 1913, l’acte de voir s’impose comme le sujet de sa peinture. Parce qu’elle agit directement sur la sensibilité du spectateur, cette peinture revêt pour Delaunay « un aspect populaire ». Se comprend également son désir d’abandonner le chevalet et de sortir de l’atelier : ne devrait-on pas voir la peinture simultanée partout, dans la rue, dans les magasins, au théâtre, au cinéma, dans les appartements et sur les bâtiments ?

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Sonia Delaunay – Les couleurs de l’abstraction

Musée  d’Art Moderne de la Ville de Paris du 17 octobre 2014 au 22 février 2015

 Sonia Delaunay

Tandis que Robert Delaunay conceptualise l’abstraction comme un langage universel, Sonia Delaunay l’expérimente sur les supports les plus variés (tableaux, projets d’affiches, vêtements, reliures, objets domestiques) et crée à quatre mains avec le poète Blaise Cendrars La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France. Durant la Grande Guerre, son passage en Espagne et au Portugal coïncide avec un premier développement de ses activités dans les domaines du théâtre et de la mode qu’elle commercialise à Madrid dès 1918, puis à son retour à Paris dans les années 1920. La décennie suivante marque l’épanouissement d’une abstraction épurée, caractéristique du style international, et en harmonie avec l’architecture comme en témoignent les grandes décorations murales du Pavillon de l’Air de l’Exposition internationale des arts et techniques, présentées à Paris pour la première fois depuis 1937. Le rôle de « passeur » de l’artiste entre la génération des pionniers de l’abstraction et celle de l’après-guerre se manifeste à travers sa participation aux Salons des Réalités Nouvelles, son implication dans les projets d’architecture et sa présence au sein de la galerie Denise René. Dès l’après-guerre, la peinture de Sonia Delaunay connaît un profond renouvellement qui culmine, à la fin des années 1960, dans un art abstrait intensément poétique. Sa créativité formelle et technique s’exprime alors dans des œuvres monumentales (peinture, mosaïque, tapis, tapisserie) et son œuvre tardive connaît un ultime essor dans les albums d’eaux-fortes et les éditions Artcurial.

Première grande rétrospective parisienne consacrée à Sonia Delaunay depuis 1967, l’exposition organisée par le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris rassemble, aux côtés de trois reconstitutions exceptionnelles d’environnements, plus de 400 œuvres : peintures, décorations murales, gouaches, estampes, mode et textiles. Cette monographie qui suit l’évolution de l’artiste de l’aube du XXème siècle à la fin des années 1970, met en lumière l’importance de son activité dans les arts appliqués, sa place spécifique au sein des avant-gardes européennes, ainsi que son rôle majeur dans l’abstraction dont elle figure parmi les pionniers.

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Bruno Decharme – Art brut / collection ABCD

La Maison Rouge du 18 octobre 2014 au 18 janvier 2015

 Bruno Decharme

Depuis plus de trente ans Bruno Decharme assemble sa collection d’Art Brut. Elle compte aujourd’hui 3 500 pièces, recense 300 artistes du milieu du dix-neuvième siècle à nos jours. Elle réunit des œuvres de nombreux pays, produites dans un cadre asilaire ou dans la solitude des villes et des campagnes, des productions dites médiumniques et des objets populaires qui échappent à la norme des traditions.

Cet ensemble unique prolonge les collections et recherches de précurseurs psychiatres comme Hans Prinzhorn, d’artistes et écrivains comme André Breton, travaux que Jean Dubuffet a théorisé en 1945 sous le concept d’art brut. En déplaçant ces créations vers le champ de l’art, Dubuffet opère un changement de paradigme radical qui invite à modifier notre façon de penser l’art.

En effet, ces artistes créent le plus souvent avec une intention tout autre que celle de produire de l’art : messages à Dieu, accomplissement d’une mission, communication avec des esprits, talismans de protection etc. En proie aux désordres et à toutes sortes de difficultés de la vie, à travers leurs visions, qui peuvent être qualifiées de délirantes, chacun d’entre eux touche une forme de savoir qui fait écho aux questions fondamentales qui nous concernent tous: que veut dire être sur cette terre? Pour autant, ils ne participent à aucune filiation artistique, pour la plupart isolés ils ne se connaissent pas et ne forment donc pas une école idéologique ou stylistique.

La démarche de Bruno Decharme s’inscrit dans le cadre d’un projet global, celui du collectionneur et du cinéaste, mais également celui du fondateur de l’association abcd qui ouvre sa collection au public en 1999. abcd (art brut connaissance & diffusion), animée par Barbara Safarova, est un pôle de recherche, dont le travaux prennent corps à travers des publications, des séminaires, des expositions et la production de films.

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Capitaine futur et le voyage extraordinaire

Gaîté lyrique du 18 octobre 2014 au 8 février 2015

capitaine futur

« Je quitte ma planète pour entamer une nouvelle expédition. Elle me conduit au plus profond de l’ordinateur, là où les paysages se jouent des proportions, des échelles et des lois de la pesanteur. À bord de mon Capsulo, je plonge derrière l’écran pour percer le mystère de nos perceptions quotidiennes car tu le sais bien, l’inconnu est souvent à portée de main. Suis-moi sans attendre dans ce voyage extraordinaire. Fais ta propre navigation dans ces contrées insondables. Touche la toile d’araignée et les immensités miroitantes, regarde les échelles basculer et le minuscule s’unir à l’infini. Écoute les explications ingénieuses des savants, aux frontières de la physique, de la connaissance et des espaces imaginables. Danse avec les esprits de la nature, suis les lignes et les perspectives qui organisent nos joies de demain.  »

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Franck Gehry

Fondation Louis Vuitton du 20 Octobre 2014 au 16 Mars 2015

fondation vuitton

L’inauguration de la Fondation Louis Vuitton est l’occasion de revenir sur une aventure architecturale extraordinaire, à travers une exposition consacrée à l’édifice de Franck Gehry. Aux côtés des dessins originaux, l’exposition réunit pour la première fois l’ensemble des maquettes réalisées au cours du projet. Elles retracent l’étude des différents aspects du bâtiment : inscription dans le site, espaces intérieurs, volumétrie des voiles de verre, etc. Au centre de la galerie, une œuvre de grande dimension constitue un jalon essentiel. La « 1 :50 confirmation model » est une maquette de validation, un maillon entre représentations physiques et modèles numériques. Le rôle de l’outil informatique est abordé, tout comme l’importance des efforts en recherches et développement ayant permis la mise au point des panneaux de Ductal et de verre, tous différents.

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David Maljkovic

Palais de Tokyo du 20 octobre 2014 au 11 janvier 2015

 David Maljkovic

Sur un niveau entier du Palais de Tokyo, le grand artiste croate David Maljkovic confronte les temps différents qui rythment notre vie : la mémoire individuelle et l’imaginaire collectif. Ainsi l’exposition juxtapose les figures du souvenir et les projections que l’on se fait de l’avenir.

Né en 1973 à Rijeka en Croatie, David Maljkovic étudie les Beaux-Arts à Zagreb et Amsterdam. Dans son œuvre et au moyen de divers médiums, l’artiste reprend des formes historiques autant qu’il rejoue ses propres œuvres. De reprises en permutations, il dessine une constellation de formes reliant chefs-d’œuvre de l’architecture yougoslave et productions personnelles, projets industriels et témoignages individuels.  Avant d’évoquer le principe de la reprise, plus que l’héritage moderniste, il faut  souligner l’importance du collage dans l’œuvre de David Maljkovic,  tant ce-dernier déploie les opérations de déplacement, soustraction et juxtaposition vers de nouveaux horizons conceptuels. Au Palais de Tokyo, David Maljkovic conçoit un dispositif ambivalent. Deux socles sont agrandis pour devenir de véritables plateformes. Ne donnant à voir que partiellement les œuvres qui y sont intégrées, ces plateformes sont accessibles aux visiteurs. Leur fait écho un important mobilier muséographique : tréteaux, vitrine, etc. La série Display for reprend des œuvres antérieures dont elle ne conserve que le dispositif de présentation. L’artiste ne cherche pas ici la réduction de l’œuvre à son essence mutique, mais à concevoir l’œuvre à la manière d’une partition musicale aux nombreuses possibilités d’interprétation. David Maljkovic étend le collage à la jux taposition de Out of Projection (2009-2014) et Undated (2013), deux films ayant en commun de faire coexister des temps disjoints. Dans Undated (2013), film en 16 mm, le mouvement des mains du sculpteur croate Ivan Kožaric (né en 1921) est soumis à des distorsions optiques et sonores. Out of Projection (2009) associe la présence de retraités de l’usine Peugeot-Sochaux à celle de prototypes de véhicules automobiles expérimentaux.

Les titres de certaines œuvres évoquent une temporalité de l’après, une durée longue, une historicité floue : Afterform [La Forme d’après], A Long Day [Une longue journée], Undated [Non daté]. David Maljkovic explore les techniques de reproduction et de diffusion – considérées dans l’art comme vecteurs d’une perte d’information, d’une corruption, voire d’une perte d’aura – en  jouant de leurs décalages. L’exposition In Low Resolution met en scène les temps du souvenir individuel et de l’imaginaire collectif autant que le temps de l’expérience et de sa représentation.

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Inside. Exposition collective

Palais de Tokyo du 20 octobre 2014 au 11 janvier 2015

 Inside

Inside propose au visiteur une expérience unique, une traversée risquée de soi dont l’espace d’exposition est le sujet et la métaphore. Cette odyssée, tant physique que mentale, invite à traverser un Palais de Tokyo métamorphosé par les artistes de façon à ce que, d’une installation à l’autre, d’un étage à l’autre, nous soyons à l’intérieur d’œuvres.

Celles-ci nous conduisent au plus près de nous-mêmes, de l’expérience de l’espace jusqu’à nos pensées et nos craintes les plus secrètes.

À la manière des chambres noires, l’intérieur est un lieu privilégié pour l’apparition des images : de l’art pariétal et des récits originels à la découverte de l’intériorité du sujet, des remous internes de la mélancolie au vaste territoire de l’inconscient. Ce long parcours permet d’appréhender de manière inédite le bâtiment  transformé en un organisme à découvrir– à la façon d’un voyage, du physique au mental, du psychique au spirituel, selon l’archétype du voyage initiatique. L’ensemble des œuvres produit une expérience à la fois sensorielle et émotionnelle. Inside convoque toutes les émotions qui font notre humanité : joie, inquiétude, effroi, horreur, désir, plaisir… Une expérience profonde, troublante et imprévue.

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Alberto Garcia-Alix, De faux horizons

Maison Européenne de la photographie du 22 octobre 2014 au 25 janvier 2015

 Mep garcia alix

Alberto Garcia-Alix déconstruit la réalité de la photographie. Un transit émotionnel à travers sa propre imagination : paysages urbains, natures mortes abstraites, portraits, autoportraits.

De faux horizons, que l’artiste exprime ainsi : « Un monde de présences modifiées prises dans un moment de silence éternel. Le visible est ici une métaphore de vous-même ou d’une pensée. Une pensée, une révélation prise dans un monologue, qui se tendrait sur l’horizon… »

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Paul McCarthy, Chocolate Factory

Monnaie de Paris du 25 octobre 2014 au 4 janvier 2015

Chocolate factory

Figure majeure de la scène artistique internationale et une source d’inspiration pour de nombreux artistes, toutes générations confondues, Paul McCarthy insuffle l’énergie et la capacité de réinvention permanente propre à Los Angeles dans cette première exposition personnelle d’envergure dans une institution française. Créée pour la première fois il y a sept ans à New York, cette adaptation à Paris de Chocolate Factory reprend les bases de sa précédente installation, tout en utilisant le décalage contextuel, du décor white cube et austère de la galerie Maccarone à la flamboyante et baroque Salle Guillaume Dupré, pour transformer et faire évoluer le projet.

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Les Habitants

Fondation Cartier pour l’art contemporain du 25 octobre 2014 au 22 février 2015

Les habitants

 Empruntant son titre au film du cinéaste arménien Artavazd Pelechian, Les Habitants propose une immersion au sein d’un espace pictural et sonore dans lequel Guillermo Kuitca met en scène un réseau de relations entre son œuvre et celles de Tarsila do Amaral, Francis Bacon, Vija Celmins, David Lynch, Artavazd Pelechian et Patti Smith. Avec cette exposition, Guillermo Kuitca offre un éclairage personnel sur l’histoire de la Fondation Cartier et la manière dont elle a, au fil des années, tissé des liens entre les artistes et les œuvres, créé des rencontres, inventé des ricochets d’un projet à l’autre.

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Triangle

Pavillon de l’Arsenal du 31 octobre 2014 au 4 janvier 2015

Triangle

Au travers d’une soixantaine de maquettes d’études, pour la première fois rassemblées, d’images inédites, de films d’animation mais aussi de détails de mise en œuvre et d’échantillons des vitrages, l’exposition invite chacun à découvrir et comprendre « Triangle ».

Contexte, implantation & calibration, perception & matériaux, stratégie environnementale, cette exposition imaginée par Herzog et de Meuron détaille et explique les spécificités du projet pour permettre à tous d’en appréhender les innovations mises en œuvre et les objectifs visés.

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Jacques-André Boiffard, la parenthèse surréaliste

Centre Pompidou du 5 novembre 2014 au 2 février 2015

 Boiffard

Né en 1902, Boiffard abandonne ses études de médecine pour se lancer dans l’aventure surréaliste. En décembre 1924, avec Paul Éluard et Roger Vitrac, il signe la préface du premier numéro de La Révolution surréaliste. Témoin discret autant qu’actif de l’épopée surréaliste, il participe aux activités collectives de la Centrale surréaliste, signe des articles et des tracts, puis se forme à la photographie auprès de Man Ray. Il sera son assistant pour les portraits réalisés en studio, mais aussi pour deux de ses films, L’Étoile de mer et Les Mystères du château du dé. En 1928, il réalise, à la demande d’André Breton, une bonne part des photographies documentaires destinées à accompagner la publication de Nadja. Il rejoint ensuite l’équipe dissidente reformée autour de Georges Bataille en opposition à Breton. C’est lui qui, probablement avec la complicité d’Eli Lotar, réalise le fameux photomontage destiné à illustrer « Un Cadavre » le tract d’insultes signé Bataille, Desnos, Leiris, Morise, Prévert, Ribemont-Dessaignes, Queneau, Vitrac et quelques autres, montrant Breton le front ceint d’une couronne d’épines. Pour Documents, la revue de Bataille, Lotar réalise quelques-unes des images les plus inquiétantes de l’iconographie surréaliste : le portrait renversé de sa compagne nue, Les Mouches, Le Gros orteil, etc. Au début des années 1930, Boiffard ouvre avec son ami Lotar, et grâce au financement de Charles et Marie-Laure de Noailles, un studio dans lequel il réalise des portraits et des commandes publicitaires. Puis, au milieu des années 1930, aussi soudainement qu’il y était venu, il abandonne la photographie et le surréalisme pour reprendre ses études de médecine et devenir radiologue.

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L’art de l’amour au temps des geishas

Pinacothèque de Paris du 6 Novembre 2014 au 15 février 2015

L'art de l'amour au temps des geishas

La prospérité de l’époque d’Edo favorise la naissance d’une nouvelle et riche classe bourgeoise dominante au sein des grandes cités japonaises : les chōnin (citadins). Ces commerçants, artisans, médecins, enseignants ou artistes affirment par le biais du mouvement culturel ukiyo-e une conception hédoniste de l’existence qui contraste avec la morale néo-confucianiste japonaise des classes guerrières dirigeantes. Le mouvement ukiyo-e, « images du monde flottant », est le fruit d’une réflexion esthétique et éthique sur le caractère bref et transitoire de la vie et où l’angle de la beauté féminine idéalisée et de l’imaginaire érotique prend une part prépondérante. Les gravures polychromes représentant des belles femmes (bijinga) et celles érotiques – les shunga, « images de printemps » -, en sont les manifestations les plus significatives de cette époque. Elles connurent leur apogée durant l’époque d’Edo et sont le reflet du mode vie raffiné, luxueux et moderne de la classe des chōnin qui fréquente les théâtres, les quartiers de plaisir, organise des fêtes et revendique une existence tournée vers le plaisir et la satisfaction des désirs personnels. En parallèle de cette expression artistique, dont Kitagawa Utamaro, Utagawa Hiroshige ou encore Katsushika Hokusai furent les plus grands maîtres, la littérature devient elle aussi un mode d’expression de ce monde flottant grâce aux ukiyozoshi, les romans ukiyo. Secrètement collectionnées en Europe par de grandes personnalités artistiques comme Gustav Klimt ou Émile Zola dès l’ouverture du Japon à l’Occident en 1868, les gravures ukiyo-contribuent à la naissance et au développement du Japonisme à la fin du XIXe siècle.

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Michel Houellebecq, Before landing

Pavillon carré de Baudouin, du 12 novembre au 31 janvier 2015

houellebecq

Dans le cadre de la thématique “Anonymes et amateurs célèbres” du Mois de la photo à Paris, Michel Houellebecq a pensé une installation originale de photographies avec lesquelles il construit son rapport à l’Hexagone. Depuis 2012, Michel Houellebecq et le photographe et commissaire d’exposition Marc Lathuillière entretiennent un dialogue sur la France, sa désindustrialisation et sa muséification sous l’effet du tourisme, ainsi que sur sa représentation en image. Cet échange donne lieu à un dispositif de deux expositions, Le produit France, un dialogue entre les deux créateurs dont Before Landing constitue le premier volet et l’exposition Musée national de Marc Lathuillière le second.

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Toute photographie fait énigme

Maison Européenne de la photographie du 12 novembre 2014 au 25 janvier 2015

 Toute photographie fait énigme

Les images photographiques, qui nous sont tellement familières, passent pour immédiatement intelligibles. Et pourtant, la plupart d’entre elles provoquent un bref étonnement ou une perplexité qui perdure, et le sentiment que nous sommes devant une interrogation plutôt qu’une évidence.

En prenant appui sur une collecte personnelle d’images de toute époque glanées au fil des ans, d’anonymes, d’inconnus, d’auteurs oubliés ou d’amateurs, d’images de presse, qui échappent à la classification et à l’esthétique, Michel Frizot, historien de la photographie, exerce un contre-regard qui va à rebours des critères de l’histoire, de l’art et de l’excellence.

Toute photographie fait énigme, pour le regard : car l’énigme est constitutive du fait photographique en soi. Elle résulte de la distance entre les sens humains (la vision naturelle) et la procédure de captation photosensible d’un appareil.

Les modalités de la saisie, les intentions du photographe, les réactions et implications multiples du « photographié », en creusant cet écart, créent des formes nouvelles et des exigences perceptives propres à la photographie. Il s’agit avant tout, en regardant avec attention, de comprendre combien les photographies, par le dépassement de nos capacités visuelles et le débordement de nos intuitions, provoquent aussi l’empathie et le besoin de projeter des préoccupations personnelles.

La part d’énigme de la photographie témoigne plus que tout de ce qu’est « être humain ».

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Rodin, le laboratoire de la création

Musée Rodin du 13 novembre 2014 au 27 septembre 2015

 Rodin

L’exposition Rodin, le laboratoire de la création, nous introduit dans le secret de l’atelier du sculpteur, véritable laboratoire de la création et creuset d’une Œuvre. Un ensemble unique de cent cinquante plâtres et terres cuites souvent inédits, est sorti des réserves à cette occasion. Il permet de suivre le parcours exceptionnel du sculpteur. Le visiteur plonge au cœur du processus de création, invité, par l’exercice de son regard, à percevoir les chemins, les hésitations, mais aussi les fulgurances de la pensée formelle de Rodin.

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Oulipo, la littérature en jeu(x)

Bibliothèque de l’Arsenal du 18 novembre 2014 au 15 février 2015

  oulipo

Groupe littéraire le plus ancien du champ contemporain français, l’Oulipo (Ouvroirde littérature potentielle) travaille depuis 1960 à une refondation de la littérature à l’aide de contraintes d’écriture souvent inspirées des structures mathématiques et ludiques. Suivi de près par des amateurs fidèles, connu des amoureux de jeux de langage, largement exploité par les enseignants en classe, l’Oulipo demeure toutefois peu connu du grand public. Précurseur dans certains domaines, comme l’écriture avec procédures ou la littérature hypertextuelle, il a inspiré nombre d’écrivains et artistes contemporains, en France mais aussi dans le reste de l’Europe et aux États-Unis, marquant durablement son époque.

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Lumières : carte blanche à Christian Lacroix

Musée Cognacq-Jay du 19 novembre 2014 au 19 avril 2015

 Christian lacroix

Créé en 1927 à l’initiative du fondateur de la Samaritaine, Ernest Cognacq, le musée a emménagé dans les espaces de l’hôtel Donon, demeure du XVIe siècle rénovée dans le Marais en 1990. Il présente de riches œuvres des arts décoratifs du XVIIIe siècle parisien, sélectionnées par le fondateur sous le prisme du « goût » Goncourt pour être présentées au public dans des ambiances de boiseries évocatrices du XVIIIe

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Viollet-le-Duc, les visions d’un architecte

Cité de l’Architecture et du patrimoine du 20 novembre 2014 au 9 mars 2015

  Viollet le duc

Eugène Viollet-le-Duc est l’un des rares architectes du XIXe siècle dont la mort n’ait pas éteint la célébrité mais l’ait au contraire affirmée.

Malgré des polémiques, ses travaux de restauration et son œuvre font toujours référence pour les professionnels de l’architecture et son génie a marqué l’histoire de l’art et de l’architecture du Moyen Âge. Longtemps, les historiens se sont attachés à mettre en perspective sa science archéologique, sa doctrine en matière de restauration et son activité au service du patrimoine. À partir des années 1970, les idées qu’il avait exprimées en matière de création architecturale furent à leur tour objet d’étude et de controverses.
Aujourd’hui, trente ans après la dernière  exposition monographique qui lui fut consacrée à Paris, ce sont les aspects les moins connus et les plus inattendus de cet artiste aux talents multiples qui sont présentés au public, pour témoigner de la richesse et de la complexité de sa personnalité. On connaît le caractère rationnel de sa démarche : il est question ici de souligner son côté visionnaire. Il s’agit, en d’autres termes, d’illustrer l’intimité qui existe entre le système positiviste qu’il incarne et ses délires romantiques, sources mêmes de son génie. Surgit peu à peu une personnalité étrange et complexe, hyperactive et féconde, mobilisant un savoir encyclopédique au service d’un projet politique tout autant qu’esthétique.

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Revoir Paris. François Schuiten et Benoît Peeters

Cité de l’Architecture et du Patrimoine du 20 novembre 2014 au 9 mars 2015

 Revoir Paris

L’exposition fait dialoguer de manière vivante un ensemble de représentations utopiques anciennes ou récentes de Paris (dessins, tableaux, maquettes) et les nombreuses images réalisées par François Schuiten autour de Paris .

La station de métro Arts et Métiers, le roman retrouvé de Jules Verne Paris au XXe siècle, le projet du Grand Paris, mais aussi et surtout pour la bande dessinée qui est en cours de réalisation, Revoir Paris. François Schuiten assure la conception scénographique de l’exposition, en étroite collaboration avec Benoît Peeters.
Loin d’un accrochage classique et didactique, le projet utilise les techniques les plus contemporaines pour faire vivre l’espace dans toutes ses dimensions, et associe le «futur du passé» à des réalisations de pointe. Nos villes et nos sociétés sont aujourd’hui en manque d’utopie. Cette exposition doit donner l’occasion de rêver librement l’avenir de Paris,  bien au-delà des contraintes techniques, politiques et économiques.

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Jeff Koons

Centre Pompidou du 26 novembre 2014 au 27 avril 2015

 Koons

Vingt-sept années ont passé depuis que Rabbit s’en est venu au Centre Pompidou et en est – hélas – reparti. L’auteur de la fameuse baudruche en inox est devenu l’un des artistes les plus célèbres et les plus controversés de la scène de l’art contemporain. L’un de ceux sur lequel les phrases les plus âpres vont bon train, au point qu’on se demande si c’est encore l’œuvre qu’il s’agit de juger ou la mythologie d’un homme devenu un personnage.

Cette rétrospective entend faire le bilan d’un indéniable « grand œuvre », désormais indissociable de celui qui l’a façonné. Car le projet de Jeff Koons est, avant tout commentaire, une histoire et un rêve américains. Une œuvre pragmatique et résolument positive, un défi joyeux dans un monde de hauts et de bas, une vision certes ludique, mais plus subversive qu’il n’y paraît et que son auteur se garde de le dire. Intimement lié à sa pratique, Jeff Koons aura, au fil de quelque trente-cinq ans, plus d’une fois défrayé la chronique. Des premiers objets résolument enfantins aux figures archétypales en acier polychrome se dressant dans les institutions publiques et les fondations privées, des images publicitaires métamorphosées en tableaux aux cadeaux d’entreprise devenus les trophées des meilleures ventes publiques, des publicités pour « master classes » gratifiées à des enfants attentifs dans des magazines d’art aux images pornographiques incarnant, pour l’artiste, « l’amour et la spiritualité », l’œuvre de Koons n’aura cessé de défier le jugement et le goût et de stimuler le désir pour affirmer sa valeur iconique et symbolique.

Des premiers assemblages cherchant une synthèse entre pop et minimalisme aux moulages de plâtre ornés de décorations pour parcs et jardins, Koons a voulu inscrire son projet au fil de séries dont les sujets parlaient à tous pour tenter de réconcilier l’art moderne et la culture populaire dans une célébration des contraires enfin réunis.

Car l’ambition de l’artiste est de taille. Même si Koons, on le sait, ne dédaigne pas le poids physique, symbolique et majestueux du monument. Son ambition est, en fait, de prendre en défaut les paradoxes d’un discours théorique qui n’aura, au fil de la modernité, souvent trouvé de justification que dans l’opposition qu’il aura cru entretenir avec le pouvoir. C’est là pour Koons un défi, voire un retournement.

Plusieurs décennies ont passé. L’Amérique a été ébranlée et Jeff Koons semble avoir gardé un irrémédiable optimisme. Intégrité et authenticité, acceptation de soi et dialogue, confiance et responsabilité : il y a sans doute dans la pratique de Jeff Koons du Dale Carnegie et de sa méthode pour « se faire des amis et influencer les gens ». Et si la promesse de bonheur tant de fois prise en défaut trouvait à s’accomplir, il n’est pas impossible que notre artiste veuille en être le porteur.

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Avec et sans peinture

MAC/VAL – nouvelle exposition des œuvres de la collection

 Avec ou sans peinture

Dans cette nouvelle exposition des œuvres de la collection, sixième accrochage depuis l’ouverture du musée en 2005, il est aujourd’hui question de peinture, de sa présence, de son absence, comment faire avec et sans elle. Ses multiples possibles, son sens, sa remise en cause, son abolition, les solutions pour son emplacement, il est, il sera toujours question d’elle. A nouveau enseignée, émancipée de son histoire, en accord aujourd’hui avec les nouvelles et autres pratiques, enrichie de celles-ci, la peinture demeure et (re)devient une expression artistique, un regard sur le monde, un langage résolument moderne. Le parcours mêle ces différentes générations d’artistes qui chacune à sa façon explore, questionne, attaque, ressuscite, renouvelle le genre, avec et sans peinture. Pour toujours mieux l’envisager.

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Tatoueurs, Tatoués
Au musée du Quai Branly jusqu’au 18 octobre 2015

31.TATOUEURS TATOUES

Dans les sociétés dites “primitives”, issue des mondes orientaux, africains et océaniens, le tatouage a un rôle social, religieux et mystique et accompagne le sujet dans ses rites de passage en l’incluant dans la communauté. À l’inverse, en Occident, on retient qu’il fut marque d’infamie, de criminalité, attraction de cirque (avec le phénomène des side-shows) puis marque identitaire de tribus urbaines.

Durant la première moitié du XXème siècle, il a en effet évolué au sein de cercles marginaux, et il est demeuré geste clandestin jusqu’à ce que les médias le surexposent. Aujourd’hui, la publicité ou la mode s’emparent de ses codes. Cette approche géographique et antinomique tend aujourd’hui à disparaître : dans les sociétés traditionnelles, le tatouage perd son exclusivité rituelle ; dans les sociétés urbaines et au style de vie “occidentalisé”, son caractère marginal s’efface pour devenir un ornement corporel assez communément partagé. Depuis peu, les universitaires étudient la popularisation de la pratique en milieu urbain, qui établit le corps comme un lieu d’affirmation de soi. Mais le champ artistique et celui de l’histoire contemporaine restent encore à investir. Ce sont tous ces domaines que l’exposition explore, en offrant un nouvel éclairage sur le tatouage. Outre l’histoire du tatouage et son ancrage anthropologique fort, elle souligne également le geste de l’artiste, les échanges entre tatoueurs du monde entier et l’émergence de styles syncrétiques.

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Autres sorties conseillées :

 

  •  Réouverture du musée Picasso
  • Glen Baxter

    Galerie Martine Thibault de la Châtre jusqu’au 3 janvier 2015

    Glen baxter

  • Je reviens à 19h : Pierrick Sorin

    Galerie Pièce unique jusqu’au 28 février 2015

    Pierrick Sorin

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    Sturtevant « Reloaded »

     

    Galerie Thaddaeus Ropac juqu’au 15 janvier 2015

     

Sturtevant

 

 

Conférences entrée libre « Ateliers de rencontre » à l’ENSAD
Les jeudi de 18h30 à 20h. Programme sur le site :
http://atelier-rencontre.ensad.fr/

Pour se tenir informer des expositions dans les galeries, aller voir régulièrement le site : http://www.fondation-entreprise-ricard.com/GmeGalleries

 

Lionel Dax
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