Actualités Prép’art Paris
Février / Mars / Avril 2014

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L’état du ciel
Au Palais de Tokyo jusqu’au 7 janvier 2014
Letat du ciel

 L’État du ciel témoigne de l’attention portée par des artistes, des poètes, des philosophes aux circonstances physiques, morales et politiques de notre monde. Cette saison qui permettra en un semestre de découvrir plus d’une dizaine de propositions ou d’expositions sur ce thème, répond à la sentence que formula André Breton à propos de Giorgio de Chirico : « L’artiste, cette sentinelle sur la route à perte de vue des qui-vive.» En effet, depuis Goya au moins, l’art moderne ou contemporain porte une attention active à l’état du réel. Craintes, alertes, propositions, révoltes, utopies : souvent les artistes, pour transformer le présent, dressent le paysage de nos inquiétudes et parfois avancent les solutions poétiques pour répondre aux circonstances. En se penchant sur le monde comme on se penche sur les images, l’aujourd’hui n’est plus un bloc de destin mais une surface en mutation qui, en l’exprimant, peut être modifiée. Ces constats donnent naissance à de nouvelles formes d’expositions qu’une fois encore ce mot ne suffit plus à définir. Ainsi, la transposition du thème de la lamentation dans le langage du cinéma, inspirée de l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg par Georges Didi-Huberman et Arno Gisinger, ou la réflexion sur la chute, du mur de Berlin aux Twin Towers, proposée par Gérard Wajcman et Marie de Brugerolle, ou encore l’immense installation Flamme éternelle de Thomas Hirschhorn consacrée aux relations entre art et philosophie, qui sera activée par la présence de près de 200 intellectuels et poètes qui viendront débattre de la façon dont ces relations peuvent modifier notre conscience.

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Henri Cartier-Bresson
Au Centre Pompidou Beaubourg jusqu’au 9 juin 2014

 Henri Cartier Bresson

 « Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur disait Henri Cartier-Bresson.

De la fin des années 1920 à l’orée du 21e siècle, le photographe s’est évertué à respecter ce principe de vie et de vue. Depuis que Cartier-Bresson a commencé à exposer et à publier ses images, certains ont tenté de circonscrire ce qui faisait l’unité de ce principe. Son génie de la composition, son intelligence des situations ou sa dextérité à les saisir au bon moment, se sont dès lors le plus souvent trouvés résumés dans la notion d’« instant décisif ».  Dix ans après la disparition du photographe en 2004, maintenant que les milliers de tirages qu’il a laissés à la postérité ont été soigneusement réunis et classés par la fondation qui porte son nom, tandis que ses archives de notes, de lettres et de publications sont désormais accessibles aux chercheurs, il apparaît clairement que l’instant décisif, s’il permet de qualifier certaines de ses images les plus connues, est trop restrictif pour appréhender l’oeuvre dans son ensemble. À rebours d’une vision unificatrice et simplificatrice, la rétrospective du Centre Pompidou se propose de montrer la richesse du parcours du photographe, ses réorientations successives et ses différents moments de développement. Elle a pour ambition de montrer qu’il n’y a pas eu un seul, mais bien plusieurs Cartier-Bresson.

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Mathieu Pernot : La Traversée
Au Jeu de Paume jusqu’au 18 mai 2014

Mathieu Pernot 

Mathieu Pernot, né en 1970 à Fréjus, vit et travaille à Paris ; après des études d’histoire de l’art à la faculté de Grenoble, il entre à l’École nationale de la photographie d’Arles, d’où il sort diplômé en 1996. Son œuvre s’inscrit dans la démarche de la photographie documentaire mais en détourne les protocoles afin d’explorer des formules alternatives et de construire un récit à plusieurs voix. L’artiste procède soit par la réalisation de séries – parfois en résonance entre elles à travers personnages, chronologies ou thèmes –, soit par la rencontre avec des images d’archives. Dans tous les cas, ce nomadisme d’images et de sujets souligne son souhait d’éviter un récit de l’histoire à sens unique. Le déplacement perpétuel de ses images évoque donc une réalité qui est loin d’être figée ou immuable.

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Mathieu Pernot et Philippe Artières : L’asile des photographies
A la Maison Rouge jusqu’au 11 mai 2014

Mathieu Pernot et Philippe Artières 

En 2010, Mathieu Pernot, photographe, et Philippe Artières, historien sont invités à travailler sur les archives de l’Hôpital Psychiatrique Le Bon Sauveur, situé à Picauville (Manche). Découvrant des centaines d’images, des années 1930 à nos jours, le projet aboutit à une exposition et à une publication, moins l’histoire d’une institution que celle de la photographie vue depuis l’hôpital.


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Berlinde de Bruyckere et Philippe Vandenberg : 
Il me faut tout oublier
A la Maison Rouge jusqu’au 11 mai 2014

Berlinde de Bruyckere et Philippe Vandenberg

Cette exposition réunit le travail de deux artistes belges de générations différentes : une sculpteur, Berlinde de Bruyckere (née en 1964 à Gand) et un peintre, Philippe Vandenberg (1952, Gand -2009, Bruxelles), quasiment jamais exposé en France. Berlinde de Bruyckere a choisi d’assurer exceptionnellement le commissariat de l’exposition : Il me faut tout oublier. Elle a sélectionné des tableaux et dessins de Philippe Vandenberg en écho à son propre travail, instaurant un dialogue intense entre les deux œuvres.

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Robert Adams : L’endroit où nous vivons
Au Jeu de Paume jusqu’au 18 mai 2014

robert adams

Né à Orange (New Jersey) en 1937, Robert Adams grandit dans le Wisconsin, puis dans le Colorado où il réside plus de trois décennies avant de s’installer en Oregon. Depuis ses débuts en photographie, au milieu des années 1960, Adams est considéré par beaucoup comme l’un des chroniqueurs les plus importants et les plus influents de l’Ouest américain. L’exposition “Robert Adams : l’endroit où nous vivons” reflète l’intérêt ancien d’Adams pour la relation tragique entre l’homme et la nature ainsi que sa quête d’une lumière et d’une beauté rédemptrices au sein de paysages dégradés. Ses images se distinguent par leur économie et leur lucidité, mais aussi par un mélange de déploration et d’espoir. Avec plus de deux cent cinquante tirages choisis parmi vingt et une séries distinctes, cette rétrospective réunit pour la première fois les diverses facettes d’un corpus considérable. Composée et articulée en concertation avec le photographe lui-même, cette exposition offre un récit intime et cohérent de l’évolution de l’Ouest des États-Unis à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècles, mais aussi un regard stimulant sur la complexité et les contradictions de notre société contemporaine mondialisée.

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Ponte City : Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse
Au BAL jusqu’au 20 avril 2014

Ponte City

Symbole de la prospérité de Johannesburg au temps de l’apartheid et de la domination blanche, puis de l’effondrement du centre-ville dans les années quatre-vingt-dix et enfin du renouveau multi-ethnique en ce début de XXIe siècle, Ponte City incarne depuis 1975 les aspirations et les failles de la société sud-africaine. Pendant cinq ans, Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse ont mené une enquête sur les visages multiples et parfois contradictoires de la tour. Par l’accumulation de signes, leur travail s’est ainsi constitué par touches, par strates pour s’inscrire dans le tout d’un long processus. Point d’aboutissement de cette immersion, l’exposition confronte plusieurs récits : données historiques (plans, brochures, coupures de presse…), typologies d’éléments architecturaux sur les 54 étages, images abandonnées dans les appartements par des migrants de passage, personnages qui donnent une voix au bâtiment, scènes poétiques de la vie quotidienne.

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Gustave Doré (1832-1883). L’imaginaire au pouvoir
Au Musée d’Orsay jusqu’au 11 mai 2014

 Gustave Doré

Gustave Doré est sans doute l’un des plus prodigieux artistes du XIXe siècle. A quinze ans à peine, il entame une carrière de caricaturiste puis d’illustrateur professionnel – qui lui vaudra une célébrité internationale – avant d’embrasser tous les domaines de la création : dessin, peinture, aquarelle, gravure, sculpture. L’immense talent de Doré s’investit aussi dans les différents genres, de la satire à l’histoire, livrant tour à tour des tableaux gigantesques et des toiles plus intimes, des aquarelles flamboyantes, des lavis virtuoses, des plumes incisives, des gravures, des illustrations fantasques, ou encore des sculptures baroques, cocasses, monumentales, énigmatiques…  En tant qu’illustrateur, Doré s’est mesuré aux plus grands textes (La Bible, Dante, Rabelais, Perrault, Cervantes, Milton, Shakespeare, Hugo, Balzac, Poe), faisant de lui un véritable passeur de la culture européenne. Il occupe ainsi une place cruciale dans l’imaginaire contemporain, de Van Gogh à Terry Gilliam, sans compter son influence certaine sur la bande-dessinée ; autant d’aspects que cette première rétrospective depuis trente ans souhaite explorer.

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Vincent Van Gogh / Antonin Artaud. Le suicidé de la société
Au Musée d’Orsay jusqu’au 6 juillet 2014

 Vincent Van Gogh et Antonin Artaud

Quelques jours avant l’ouverture d’une rétrospective Van Gogh à Paris en 1947, le galeriste Pierre Loeb suggéra à Antonin Artaud (1896-1948) d’écrire un texte sur le peintre.
Prenant le contrepied de la thèse de l’aliénation, Artaud s’attacha à démontrer comment la lucidité supérieure de Van Gogh gênait les consciences ordinaires. En voulant l’empêcher d’émettre “d’insupportables vérités”, ceux que sa peinture dérangeait le poussèrent au suicide.  En s’appuyant sur les catégories ou les désignations singulières mises en avant par Artaud dans Van Gogh le suicidé de la société, le parcours de l’exposition se déroule à travers une trentaine de tableaux, un choix de dessins et de lettres de Van Gogh ainsi qu’une sélection d’œuvres graphiques du poète-dessinateur.

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5.5 Designers. So French
A l’Atelier Renault jusqu’au 15 juin 2014

Designers. So French

Le 5.5 designstudio revisite les objets iconiques de la France à l’Atelier Renault dans une scénographie qui rend hommage à la créativité française. Passionnés par le travail auprès des artisans aux savoir-faire inouïs, chineurs de créations populaires et spécialistes du détournement d’objets, les 5.5 ont ainsi décidé de revisiter pour Renault les objets mythiques enracinés dans la mémoire Française: du légendaire béret, en passant par la célèbre marinière, l’éternel jeu de pétanque, la charentaise, la moustache gauloise, les escargots fleurons de la gastronomie, le vin reflet des terroirs, le verre de cantine Duralex inscrit dans le patrimoine industriel, jusqu’aux emblèmes du pays, le coq et le drapeau tricolore. Toutes ces icônes qui définissent l’identité de la France et représentent sa culture à travers le monde deviennent source d’inspiration et sont mis en lumière au cœur de l’Atelier Renault pour une exposition «So French»..

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Ruedi Baur : Signalétique du New School University Center
A Integral Ruedi Baur Paris jusqu’au 30 avril 2014

 Ruedi Baur

Une écriture dans l’espace
The New School est une université New Yorkaise qui regroupe 7 divisions autour du design et de la recherche social. Elle intègre notamment «Parsons The New School for Design», «The New School for Social Research » ou encore « The New School for Drama»… L’idée maîtresse du projet de signalétique du nouveau «New School University Center», situé à Manhattan à l’intersection de la 5e avenue et de la 14e rue, s’articule autour de la conception d’une typographie tridimensionnelle inspirée par l’architecture de la façade de l’immeuble de 16 étages. Ce dernier, conçu par Roger Duffy de Skidmore, Owings & Merrill (SOM), a été inauguré le 23 janvier 2014. Utiliser une typographie en volume n’est pas une nouveauté, c’est une pratique qui remonte au-delà de Gutenberg, aux cultures gravant leurs lettrages dans la pierre …

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Futur immédiat
Au Pavillon de l’Arsenal jusqu’au 20 avril 2014

Futur immédiat 

Quelles sont les ambitions des architectes de demain pour la métropole parisienne ? Quels imaginaires développent-ils pour le Grand-Paris ? En réunissant trente-six projets de fin d’études, prospectifs et stimulants, Futurs Immédiats dresse le portrait d’une génération aux multiples facettes. De la grande à la petite échelle, ces jeunes architectes s’engagent sur des territoires où l’architecture n’a pas souvent de prise. Aux abords de l’autoroute A86, sur un parking de supermarché, dans les zones pavillonnaires, dans des quartiers historiques, chaque proposition prend les réalités territoriales complexes comme des opportunités immédiates. Réparer un grand-ensemble, urbaniser un lotissement en proposant une piscine collective, investir une « dent-creuse » parisienne en salle de sport climatique, aménager un zoo sur la Seine, reconvertir une friche industrielle en data-center ou creuser une fosse de plongée sous-marine dans la dalle de la Défense. Ces architectes interrogent aussi les grands enjeux métropolitains dans un mouvement décomplexé. Au front de Seine, à Bobigny, à Clichy-Sous-Bois, dans les villes nouvelles, les qualités intrinsèques de ces espaces de la modernité sont révélées, leurs problématiques adaptées par des impulsions en prise avec l’actualité, pour inventer d’autres lendemains.

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Bill Viola
Au Grand Palais du 5 mars au 21 juillet 2014
 Bill Viola

Bill Viola est sans conteste le plus célèbre représentant de l’art vidéo. Un large corpus de son œuvre, allant de 1977 à aujourd’hui, mêlant tableaux en mouvement et installations monumentales, est pour la première fois présenté au Grand Palais. Dans une quête à la fois intimiste et universelle, l’artiste exprime son cheminement émotionnel et spirituel à travers de grands thèmes métaphysiques – vie, mort, transfiguration.

Autres sorties conseillés 

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« An American in Paris »
A la galerie Gagosian au Bourget jusqu’au 3 mai 2014

An American in Paris 

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 Pliage / Fold
A la galerie Gagosian jusqu’au 19 avril 2014

Pliage  Fold

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Alex Katz « 45 years of Portraits. 1964-2014
A la galerie Thaddaeus Ropac de Pantin jusqu’au 12 juillet 2014

Alex Katz

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Ben : « La théorie de l’égo »
A la galerie Templon jusqu’au 5 avril 2014

Ben

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Ellen Kooi : « As it Happens »
A la galerie Les filles du Calvaire jusqu’au 19 avril 2014

Ellen Kooi

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Fabrice Hyber : « Interdit aux enfants »
A la galerie Nathalie Obadia jusqu’au 13 mai 2014

Fabrice Hyber

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Pascal Convert : « Passion »
A la galerie Eric Dupont jusqu’au 4 avril 2014

Pascal Convert

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Matt Saunders : « A Step Away From Them »
A la galerie Marian Goodman jusqu’au 19 avril 2014

Matt Saunders

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Conférences entrée libre « Ateliers de rencontre » à l’ENSAD
Les jeudi de 18h30 à 20h. Programme sur le site : http://atelier-rencontre.ensad.fr/

Pour se tenir informer des expositions dans les galeries, aller voir régulièrement le site : http://www.fondation-entreprise-ricard.com/galeries-mode-d-emploi/

Lionel Dax
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