Actualités Prép’art Paris
Mars – Juin 2015

_

Lumières : carte blanche à Christian Lacroix

Musée Cognacq-Jay du 19 novembre 2014 au 19 avril 2015

Christian lacroix

Créé en 1927 à l’initiative du fondateur de la Samaritaine, Ernest Cognacq, le musée a emménagé dans les espaces de l’hôtel Donon, demeure du XVIe siècle rénovée dans le Marais en 1990. Il présente de riches œuvres des arts décoratifs du XVIIIe siècle parisien, sélectionnées par le fondateur sous le prisme du « goût » Goncourt pour être présentées au public dans des ambiances de boiseries évocatrices du XVIIIe

_

 

Jeff Koons

Centre Pompidou du 26 novembre 2014 au 27 avril 2015

   Koons

 Vingt-sept années ont passé depuis que Rabbit s’en est venu au Centre Pompidou et en est – hélas – reparti. L’auteur de la fameuse baudruche en inox est devenu l’un des artistes les plus célèbres et les plus controversés de la scène de l’art contemporain. L’un de ceux sur lequel les phrases les plus âpres vont bon train, au point qu’on se demande si c’est encore l’œuvre qu’il s’agit de juger ou la mythologie d’un homme devenu un personnage.

Cette rétrospective entend faire le bilan d’un indéniable « grand œuvre », désormais indissociable de celui qui l’a façonné. Car le projet de Jeff Koons est, avant tout commentaire, une histoire et un rêve américains. Une œuvre pragmatique et résolument positive, un défi joyeux dans un monde de hauts et de bas, une vision certes ludique, mais plus subversive qu’il n’y paraît et que son auteur se garde de le dire. Intimement lié à sa pratique, Jeff Koons aura, au fil de quelque trente-cinq ans, plus d’une fois défrayé la chronique. Des premiers objets résolument enfantins aux figures archétypales en acier polychrome se dressant dans les institutions publiques et les fondations privées, des images publicitaires métamorphosées en tableaux aux cadeaux d’entreprise devenus les trophées des meilleures ventes publiques, des publicités pour « master classes » gratifiées à des enfants attentifs dans des magazines d’art aux images pornographiques incarnant, pour l’artiste, « l’amour et la spiritualité », l’œuvre de Koons n’aura cessé de défier le jugement et le goût et de stimuler le désir pour affirmer sa valeur iconique et symbolique. Des premiers assemblages cherchant une synthèse entre pop et minimalisme aux moulages de plâtre ornés de décorations pour parcs et jardins, Koons a voulu inscrire son projet au fil de séries dont les sujets parlaient à tous pour tenter de réconcilier l’art moderne et la culture populaire dans une célébration des contraires enfin réunis. Car l’ambition de l’artiste est de taille. Même si Koons, on le sait, ne dédaigne pas le poids physique, symbolique et majestueux du monument. Son ambition est, en fait, de prendre en défaut les paradoxes d’un discours théorique qui n’aura, au fil de la modernité, souvent trouvé de justification que dans l’opposition qu’il aura cru entretenir avec le pouvoir. C’est là pour Koons un défi, voire un retournement. Plusieurs décennies ont passé. L’Amérique a été ébranlée et Jeff Koons semble avoir gardé un irrémédiable optimisme. Intégrité et authenticité, acceptation de soi et dialogue, confiance et responsabilité : il y a sans doute dans la pratique de Jeff Koons du Dale Carnegie et de sa méthode pour « se faire des amis et influencer les gens ». Et si la promesse de bonheur tant de fois prise en défaut trouvait à s’accomplir, il n’est pas impossible que notre artiste veuille en être le porteur.

 _

Les cahiers dessinés

Halle Saint-Pierre du 21 janvier 2015 au 14 août 2015

Cahiers dessinés

Pour sa première grande exposition 2015, la Halle Saint Pierre invite les Cahiers dessinés, maison d’édition fondée par le dessinateur et écrivain Frédéric Pajak (Prix Médicis essai 2014) qui publie depuis 2002 des ouvrages consacrés au dessin, sans restriction de genre, de tous les pays et de toutes les époques : dessins de peintres, d’écrivains ou de cinéastes, dessins d’humour, de voyage, de presse… A l’occasion de la parution du 10e numéro de la revue publié par Les Cahiers dessinés, Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint Pierre, et Frédéric Pajak ont sélectionné un large panorama de dessins : de Victor Hugo à Bruno Schulz, d’Alechinsky à Kiki Smith, de Saul Steinberg à Chaval, Sempé, Willem, Copi, Fred Deux, Louis Pons, Ungerer, Tal Coat, Topor, Reiser, Unica Zürn et Louis Soutter, ainsi que de créateurs d’art brut dont Laure Pigeon, Raphaël Lonné… 67 artistes se dévoilent sur près de deux siècles, dans leur subtile diversité. Le parcours de Les Cahiers dessinés : l’art du dessin réunit pour la première fois dans une exposition dessins d’artistes, dessins d’humour, dessins d’art brut pour un foisonnant mélange des genres. D’étranges liens se nouent entre des œuvres que tout semble opposer, et montrent le dessin comme langage essentiel à l’art, capable de révéler nos sentiments les plus communs comme les plus inavoués. Le 10e numéro des Cahiers dessinés est publié à l’occasion de l’exposition dont il constitue le catalogue. Il réunit plus de 500 œuvres exposées à la Halle Saint Pierre.

L’art de manger – Rites et traditions

Musée Dapper du 15 octobre 2014 au 12 juillet 2015

 Musée Dapper

À l’heure de la mondialisation des « fast-foods » et de l’industrialisation forcenée de la nourriture, des hommes et des femmes perpétuent encore des traditions et des rites présidant à la préparation et à la consommation de nourritures destinées à eux-mêmes ou aux êtres de l’autre monde. La thématique de cette exposition et de l’ouvrage édité à cette occasion s’attache à mettre en lumière des traditions, des savoirs et des actes qui se vivent au quotidien ou de façon exceptionnelle, lors de cérémonies ou de rituels*. Ainsi, les aliments liquides ou solides, laissés tels ou transformés, de même que les préparatifs liés à leur absorption ou les offrandes faites aux ancêtres, aux divinités et aux esprits, sont indissociables d’objets particuliers dont les formes et les matériaux sont extrêmement divers.

  _

Au temps de Klimt – La Sécession à Vienne

Pinacothèque de Paris du 12 février au 21 juin 2015

Au temps de Klimt

L’exposition Au Temps de Klimt, la Sécession à Vienne raconte en détail ce développement de l’art viennois de la fin du XIXème siècle, début de la Sécession viennoise, jusqu’aux premières années de l’expressionnisme.

Le cœur de l’exposition s’appuie sur une sélection des travaux majeurs de Gustav Klimt, de ses premières années d’études jusqu’aux grandes œuvres de son âge d’or comme Judith I (1901) ou la Frise Beethoven, œuvre monumentale reconstituée à l’échelle et présentée pour la première fois en France. Un ensemble de documents rares ayant trait à la vie de l’artiste, à sa famille et à ses frères Ernst et Georg, artistes comme lui, avec lesquels Gustav a souvent collaboré, accompagne le visiteur tout au long de l’exposition. Une attention toute particulière est par ailleurs portée aux premières années de la Sécession et à l’influence exercée sur la formation de l’artiste par les grands intellectuels viennois comme Carl Schuch, Tina Blau, Théodor Hörmann, Josef Engelhart, Max Kurzweil, qui, tout comme lui, ont séjourné à Paris à cette époque. Les personnalités artistiques ayant influencé son art sont évoquées grâce à un choix de peintures provenant du Belvédère, présentées à côté d’œuvres racontant l’histoire des mécènes du mouvement. L’exposition présente ainsi d’importants chefs-d’œuvre de la Sécession et de l’avant-garde autrichienne, tels les premières œuvres d’Egon Schiele et d’Oskar Kokoschka.

 _

Les bas-fonds du Baroque

Petit Palais du 24 février au 24 mai 2015

Les bas fonds du baroque

De nombreuses expositions ont mis en scène la Rome fastueuse de l’âge baroque, tout au service du pouvoir triomphal des Papes. Mais la fresque se doit d’être plus complexe. L’ambition de cette exposition est de montrer, pour la première fois, l’envers du décor de cette Rome splendide du premier XVIIe siècle : non plus la Rome du Beau idéal, mais celle d’après nature. Car cette autre Rome, la Rome grossière et commune, celle des vices, de la misère et des excès fut à l’origine d’une production artistique inédite et stupéfiante, tant par sa diversité que par ses paradoxes et ses inventions. L’exposition présente 70 tableaux majeurs peints à Rome par des artistes italiens, français, hollandais, flamands, allemands et espagnols, de Simon Vouet à Claude Lorrain, de Bartolomeo Manfredi à Valentin de Boulogne et Jusepe de Ribera. Elle rassemble des prêts des plus grands musées internationaux, servis par une scénographie spectaculaire : un monde de musiciens, de buveurs et de tricheurs, de courtisanes et de diseuses de bonne aventure…

  _

Le bord des mondes

Palais de Tokyo du 18 février au 17 mai 2015

Les bords des mondes

Peut-on faire des œuvres qui ne soient pas « d’art » ? C’est en s’interrogeant avec Duchamp sur l’essence de la création et ses territoires que le Palais de Tokyo explore les mondes interstitiels, à la lisière de l’art, de la création et de l’invention. L’exposition Le Bord des mondes invite à un voyage aux confins de la création, en révélant les prodigieuses recherches et inventions de visionnaires au-delà du territoire traditionnel de l’art. Des créatures de plages géantes de Theo Jansen aux étonnants chindogu de Kawakami Kenji en passant par les poétiques attrape-nuages de Carlos Espinosa, l’exposition invite à emprunter des sentiers interdits et à chevaucher sur la faille qui habituellement sépare la création artistique et l’invention créative. A la lisière de l’art et de l’invention, l’exposition fait voler en éclats les frontières entre les mondes, entre territoire artistique identifié et mondes parallèles absents du système de l’art, en explorant le fécond précipice qui peut les unir.

 _

Claude Gellée – Un Lorrain à Rome au XVIIe siècle

Petit Palais du 17 février au 31 mai 2015

Claude Gellée    

 Parallèlement à l’exposition « Les Bas-fonds du Baroque. La Rome du vice et de la misère » où l’artiste est représenté par un important tableau de la National Gallery de Londres, le Petit Palais montre, dans son parcours des collections permanentes (salle 25), un ensemble d’œuvres de Claude Gellée, toutes issues de la collection Dutuit et sorties exceptionnellement des réserves du musée à cette occasion. Surnommé à Rome « Le Lorrain » en raison de son origine, ce peintre, dessinateur et aquafortiste talentueux a fait de la Ville éternelle sa patrie d’adoption de 1627 jusqu’à sa mort en 1682. Dans ce foyer culturel exceptionnellement fécond et fiévreux, Claude Gellée, homme tranquille et travailleur assidu, a rapidement conquis une notoriété durable en tant que paysagiste, créateur d’un monde poétique original et cohérent. Son approche à la fois sensible et idéalisée de la nature devait dominer toute la conception européenne du paysage jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, et même au-delà si l’on se souvient de l’admiration que lui voua Turner.

 _

De l’amphore au conteneur, 2000 ans de commerce maritime

Musée National de la Marine du 15 octobre 2014 au 28 juin 2015

De l'amphore au conteneur

La France, forte de ses 12 840 km de littoral et ses 11 millions de km2 de surface maritime, est le deuxième domaine maritime mondial après les Etats-Unis. Près de 360 millions de tonnes de marchandises transitent chaque année via les principaux ports français : Marseille, le Havre, Dunkerque, Nantes, Rouen ou encore Bordeaux. De tout temps, les Occidentaux ont développé des échanges commerciaux avec les territoires qu’ils découvraient et qui leur fournissaient des produits rares ou inconnus. Ainsi, matières premières, produits manufacturés et denrées alimentaires, ont souvent pris la mer. Sur 1 000 m2, l’exposition propose un parcours interactif et ludique, avec en fil conducteur les exemples concrets de routes commerciales et de cargaisons des produits d’alimentation : céréales, huile d’olive, sel et épices, café, thé et cacao, vin, fruits exotiques. Pour chaque période de l’histoire du commerce maritime, un film d’animation viendra dialoguer avec les objets et retracer un voyage.

_

Déboutonner la mode

Musée des Arts Décoratifs du 10 février 2015 au 19 juillet 2015

Déboutonner la mode

Datées du XVIIIe au XXe siècle, ces pièces, petites par leur taille, sont de véritables objets d’art par la préciosité des matériaux et techniques qui entrent dans leur fabrication. Réalisées par des artisans issus de disciplines diverses : passementiers, brodeurs, orfèvres, verriers, céramistes ou paruriers, elles cristallisent à elles seules la mémoire et l’évolution des savoir-faire. Elles ont aussi suscité l’intérêt de nombreux artistes : peintres, sculpteurs ou célèbres créateurs de bijoux qui ont créé des modèles uniques destinés aux maisons de couture signant leurs créations telles des œuvres miniatures à part entière. Cette collection, réunie par Loïc Allio, est exemplaire par sa variété, sa richesse et son éclectisme. Parmi les pièces exceptionnelles, citons un portrait de femme dans le goût de Fragonard, un trio de boutons inspirés des fables de La Fontaine de l’orfèvre Lucien Falize, un jeu de huit oiseaux peints sur porcelaine par Camille Naudot et enfin une série de 792 pièces du sculpteur Henri Hamm. Les paruriers, Jean Clément et François Hugo, et les artistes Jean Arp et Alberto Giacometti, ont œuvré pour la célèbre créatrice de mode Elsa Schiaparelli, tout comme Maurice de Vlaminck avec le couturier Paul Poiret. Les maisons de Haute Couture : Dior, Balenciaga, Mme Grès, Givenchy, Balmain et Yves Saint Laurent ont, quant à elles, privilégié le travail des bijoutiers Francis Winter et Roger Jean-Pierre. On découvre également des créations de Sonia Delaunay et de Line Vautrin.

  _

E=MC215 – Dialogue entre les sciences et les arts

Musée des Arts et Métiers du 27 janvier au 19 avril 2015

 E=MC215

Le street artiste C215 est le grand invité du Musée des Arts et Métiers, du 27 janvier au 19 avril 2015. Avec E=MC215, le pochoiriste détourne les collections du musée pour leur donner une seconde jeunesse.

Le street artiste C215 commence à faire parler de lui à Paris. Après une exposition Douce France réussie dans les salons de la Mairie du 13e, l’artiste est l’invité du Musée des Arts et Métiers. Pour cette présentation=MC215″ -notez le petit clin d’œil fait aux sciences – C215 propose un regard neuf sur les sciences et techniques, et rend hommage aux scientifiques, ingénieurs et inventeurs qui ont œuvré au monde que l’on connait.

Pour situer le travail de C215, l’artiste tague au pochoir des objets du quotidien pour y faire un clin d’œil à l’histoire, comme ici, où l’artiste détourne un plateau de Monopoly® en faisant référence à l’affaire Tapie.

Au sein du Musée des Arts et Métiers, Christian Guémy, alias C215, nous propose une rétrospective des inventions et technologies : on retrouve les portraits de Pierre et Marie Curie sur des tableaux périodiques des éléments où figure le polonium, un métal qu’ils ont découvert ensemble en 1898, Georges Charpak sur un détecteur gazeux qui rappelle la détection de particules, rendue possible par son invention de la chambre à fils, et pour les plus petits, des représentations de Yoda et R2D2, science-fiction chère à l’imaginaire de C215.

Drôles, tendres, les œuvres de C215 nous plongent poétiquement dans le monde des sciences.

 _

Observeur du design 2015 – Equation(s) design

Cité des sciences et de l’industrie du 10 décembre 2014 au 1er novembre 2015

Observeur design

Pour la 15e année, la Cité des sciences et de l’industrie accueille l’Observeur du design, qui met en scène 150 réalisations innovantes montrant le rôle déterminant du design dans la plupart des processus d’innovation. Le design est aussi présent dans nos expositions, résultat du travail de nombreux designers : scénographes, muséographes, concepteurs de présentations interactives, graphistes, infographistes…

  _

Fashion mix – Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs

Palais de la Porte Dorée-Musée de l’Histoire de l’immigration du 9 décembre 2014 au 31 mai 2015

Fashion mix

Les notions de “savoir-faire français” et de “made in France” sont reconnues et célébrées internationalement dans le domaine de la mode depuis le milieu du XIXe siècle. Or cette mode française est souvent conçue par des créateurs étrangers. Poussés par des raisons politiques ou par des choix artistiques, attirés par la capitale de la culture et de l’élégance mais aussi par le pays des libertés, ces créateurs étrangers contribuent à faire la renommée de la haute couture et du prêt-à-porter français et, de Paris, la capitale internationale de la mode.

Mais la mode est également source de savoir-faire spécifiques. L’exposition évoque certains métiers de l’époque particulièrement marqués par l’immigration comme les ateliers de broderie russes dans les années 1920 ou, plus récemment, les mailleuses et chausseurs arméniens. L’exposition présente une centaine de pièces emblématiques conservées essentiellement au Palais Galliera, Musée de la mode de la Ville de Paris : robes, manteaux, chapeaux, accessoires… Les parcours migratoires individuels et les savoir-faire sont retracés à l’aide de documents d’archives privées et publiques : actes de création de maison de couture, dossiers de naturalisation, dossiers de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), extraits et entretiens audiovisuels…

 _

Le Fresnoy, mémoire de l’imagination

Bibliothèque Nationale de France du 3 mars au 12 avril 2015

Le Fresnoy

Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains est un établissement de formation et de recherche artistique et audiovisuelle unique en France. Pôle d’excellence accueillant de jeunes artistes du monde entier, Le Fresnoy produit chaque année une cinquantaine d’œuvres dans tous les domaines de la création.
A la suite du don remarquable fait par Le Fresnoy de l’ensemble de sa production à la BnF, soit plus de six cent films réalisés entre 1998 et 2013, la Bibliothèque propose de découvrir dans la Galerie des donateurs une sélection emblématique qui illustre l’activité intense de ce lieu d’expérimentation et de recherche. Les 6, 7 et 8 mars 2015 dans le Petit Auditorium, un long week-end de tables rondes, de rencontres et de projections d’un ensemble inédit de films présentés sur grand écran, puis en salle audiovisuelle, sera l’occasion d’entrer pleinement dans l’univers de création du Fresnoy.

 _

Hervé Télémaque

Centre Georges Pompidou du 25 février au 18 mai 2015

 Télémaque

Avec soixante-quinze peintures, dessins, collages, objets et assemblages, la rétrospective de l’œuvre d’Hervé Télémaque est l’une des plus importantes consacrées à l’artiste français d’origine haïtienne. Elle dévoile pour la première fois au Centre Pompidou toute la diversité et la cohérence d’un œuvre exigeant et d’une impressionnante force plastique. Après un séjour de trois années à New York où il se familiarise notamment avec l’expressionnisme abstrait qui influence ses premières peintures à la gestualité affirmée, Télémaque s’installe à Paris en 1961. Il se rapproche du groupe surréaliste. Sur la toile, il orchestre la rencontre d’objets empruntés à la société de consommation et à la culture populaire, provoquant de réjouissants court-circuits visuels. Bientôt adepte de la « ligne claire », Télémaque livre des peintures à forte teneur autobiographique. Elles se construisent comme des métaphores visuelles à la portée critique certaine, entre contre-culture et anticolonialisme, tout en explorant les relations complexes entre image et langage. De 1968 à 1970, l’artiste cesse pourtant de peindre pour réaliser d’intrigants assemblages d’objets où la canne blanche, emblème de la cécité, joue un grand rôle. Lorsqu’il revient à la peinture, il se confronte pour la première fois au collage dont il renouvelle profondément les modalités. Durant les années 1990, Télémaque entreprend aussi un ensemble de dessins au fusain, dont les formes sombres et la découpe élaborée dialoguent avec une importante production de reliefs en bois de récupération recouvert de marc de café. Les années 2000 sont celles d’un nouveau regard porté sur le monde, à la suite d’un retour aux sources africaines. Des allusions fréquentes à la négritude et des commentaires plus précis sur l’actualité politique française se font alors jour. Au milieu de la décennie, Télémaque fait un retour inattendu et fécond à une nouvelle et saisissante forme de picturalité. Entretien avec l’artiste.

 _

Jeanne Lanvin

Palais Galliera – Musée de la Mode de la Ville de Paris du 8 mars au 23 août 2015

Jeanne Lanvin

Mademoiselle Jeanne débute comme modiste en 1885. Dès 1889, elle ouvre une boutique « Lanvin (Melle Jeanne) Modes » au 16 rue Boissy d’Anglas, avant d’obtenir son pas de porte en 1893 au 22 rue du Faubourg Saint-Honoré. En 1897, sa fille unique, Marguerite, naît et devient sa première source d’inspiration, sa muse… La modiste entrevoit soudain un nouvel horizon en 1908 : le vêtement d’enfant. Elle crée, l’année suivante, un département jeune fille et femme. Jeanne Lanvin adhère alors au Syndicat de la couture et entre dans le monde très fermé des « Maisons de couture ». Suivent les départements mariée, lingerie, fourrure et dès le début des années 1920, ouvrent les départements décoration et sport… En 1926, la femme d’affaires part à l’assaut de la mode masculine. Elle ouvre aussi des succursales à Deauville, Biarritz, Barcelone, Buenos-Aires, Cannes, Le Touquet… Le bleu Quattrocento ravi à Fra Angelico devient sa couleur fétiche… Pour célébrer les trente ans   de sa fille, elle compose Arpège en 1927, le plus grand des parfums Lanvin. Le logo de la maison dessiné par Paul Iribe, représentant la couturière et Marguerite, est apposé sur le flacon boule réalisé par Armand Albert Rateau. C’est ce même logo qui continue d’accompagner les créations Lanvin aujourd’hui.

Carnets de voyages, échantillons de tissus ethniques, bibliothèque d’art, Jeanne Lanvin n’aura de cesse de cultiver sa curiosité pour créer ses tissus, motifs et couleurs exclusifs. Jeanne Lanvin, c’est l’art de la matière et de la transparence, des broderies, surpiqûres, entrecroisés, spirales, découpes : la virtuosité du savoir-faire. C’est un parfait classicisme à la française avec des robes de style très XVIIIe – buste affiné, taille basse, jupe gonflée – dialoguant avec la ligne « tube » de l’Art déco, ses géométries en noir et blanc, ses profusions de rubans, cristaux, perles, fils de soie…

 _

Jerôme Zonder – Fatum

La Maison Rouge du 19 février au 10 mai 2015

Fatum

Du 19 février au 10 mai 2015, la maison rouge présente la première exposition monographique consacrée à Jérôme Zonder, Fatum*, dans une institution parisienne. Dessinateur virtuose, Jérôme Zonder a imaginé pour la maison rouge un parcours labyrinthique, invitant le visiteur à une traversée à l’intérieur d’un vaste dessin réalisé au graphite, au fusain, à l’encre et à l’acrylique, qui se déploie sur les murs et les sols des salles, et dans lequel il a intégré une sélection d’œuvres réalisées ces dix dernières années. L’exposition propose un cheminement, à la fois spatial et mental, dans les préoccupations de l’artiste, qui touchent autant à la technique, par la multiplicité de ses pratiques graphiques – toujours en noir et blanc –, qu’à l’exploration des limites du dessin. Zonder, enfant du XXe siècle, obnubilé par l’inexorabilité de la violence humaine, scrute, « creuse » l’histoire de l’art et du cinéma, la cruauté de la grande et de la petite histoire, comme le passage fascinant de l’enfance à l’adolescence. Ces différents registres narratifs se mêlent et se chevauchent dans une œuvre complexe, qui nous ébranle et nous interroge sur notre propre rapport à la représentation et à la réalité.

_

 

Paris Habitat – Cent ans de ville, cent ans de vie

Pavillon de l’Arsenal du 12 février au 3 mai 2015

Paris Habitat

A Paris, l’histoire et l’évolution du logement social se confondent avec celles d’une institution centenaire. Créé en 1914, l’Office Public d’Habitations à Bon Marché pour la Ville de Paris, aujourd’hui Paris Habitat, gère plus de 1 200 opérations, 120 000 logements et 200 000 habitants. Pour rendre compte de ce patrimoine exceptionnel, l’exposition se déploie autour d’une maquette-installation, reconstitution d’un Paris fictif mais construit à partir de fragments du réel. Cette maquette de 120m2 ne correspond à aucun découpage administratif ni à aucun projet d’urbanisme. Elle enjambe les municipalités, les arrondissements et les infrastructures et inclut quelques projets en cours. Elle n’est pas un territoire continu, ne présente aucun monument, mais une géographie de quartiers rassemblés, tissée au fil des immeubles de Paris Habitat.

 _

Paris Magnum – La capitale par les plus grands photoreporters

Hôtel de Ville de Paris du 12 décembre 2014 au 25 avril 2015

Paris Magnum   

Les photographes de Magnum, témoins sensibles de leur époque, observent les métamorphoses de la capitale depuis 80 ans. Si l’agence a été créée en 1947, les reportages de ses membres ont débuté à partir des années 30. Le photojournalisme de Magnum s’ancre dans la réalité des époques traversées. À la rencontre du journalisme et de l’art, les clichés saisissent les nuances du quotidien des Parisiens : instants tragiques ou de liesse, visages célèbres ou anonymes. Leurs photos captent l’intensité des grèves de 1936, les combats de la Libération, l’avènement de la Ve République, la guerre d’Algérie ou encore Mai 68.

_

Pieter Hugo – Kin

Fondation Henri Cartier Bresson du 14 janvier au 26 avril 2015

Pieter Hugo  

Kin (l’intime) est le dernier projet du photographe sud-africain Pieter Hugo. À travers des portraits, des paysages et des natures mortes exposés pour la première fois en France, le photographe propose une réflexion sur la complexité de l’identité sud- africaine postapartheid. L’exposition, accompagnée d’un livre publié par Aperture, est coproduite avec la Fondation Foto Colectania, Barcelone et la Galerie Stevenson, Le Cap/Johannesburg. Réalisée au cours des huit dernières années (2006-2013), la série Kin aborde des thèmes complexes comme la colonisation, la diversité raciale et les disparités économiques en Afrique du sud. Ces questions sont récurrentes dans les projets antérieurs du photographe au Nigeria, Ghana, Liberia et Bostwana ; cependant, Pieter Hugo se concentre cette fois sur son pays natal, qu’il observe de l’intérieur.

 _

Pixels of Paradise

Centre Wallonie Bruxelles du 30 janvier au 15 mars 2015

Pixels of paradise  

Entre voir et croire, le lien est puissant et tortueux. Le pouvoir ne s’y est pas trompé, qu’il soit politique, médiatique, financier, lui qui fait massivement appel à la persuasion visuelle nouée intimement à la manipulation, à la propagande ou à l’envoûtement. Le religieux, quant à lui, entretient vis-à-vis de l’image une relation ambigüe, faite d’adoration et de rejet. Entre la spiritualité de l’icône et le fétichisme idolâtre, c’est un chemin oblique qui trouve jusqu’à aujourd’hui, dans l’image la plus contemporaine, des résonances.

 _

Qu’est-ce que la photographie ?

Centre Georges Pompidou du 4 mars au 1er juin 2015

Qu'est ce que la photographie  

Depuis les avant-gardes des années 1920 et 1930, les artistes questionnent le médium photographique lui-même pour tenter de comprendre sa qualité ou sa spécificité. « L’essence de l’esprit moderne, écrivait le critique américain Clément Greenberg, se définit par l’utilisation de certaines méthodes propres à une discipline pour critiquer cette discipline elle-même, non dans un but subversif, mais afin de déterminer exactement son domaine de compétence ». Les artistes du pop art, de l’art conceptuel et du postmodernisme ont poussé plus loin cette interrogation de la photographie sur elle-même. Il s’agissait moins de définir le domaine de compétence du médium afin de lui assurer une légitimité dans le concert des arts que de questionner l’idée que l’on s’en faisait désormais. Dans la période contemporaine, l’avènement des technologies numériques a suscité de nouvelles formes d’expérimentations destinées à tester et à mettre en évidence les fonctionnalités du nouvel outil.

_

Takis – Champs magnétiques

Palais de Tokyo du 18 février au 17 mai 2015

Takis

Celui qui fut le premier à « envoyer un homme dans l’espace », six mois avant Youri Gagarine, à l’occasion d’une célèbre performance, et qui réalisa en 1988 un monumental bassin de signaux lumineux sur l’esplanade de la Défense, que des milliers de personnes aperçoivent tous les jours sans probablement en connaître l’auteur, est une figure majeure de l’art d’après-guerre. Né à Athènes, installé à Paris dès les années 1950, Takis a choisi d’explorer dans son œuvre l’énergie des champs magnétiques. Dans la proximité de ses contemporains du Nouveau Réalisme, il intègre à sa démarche sculpturale le mouvement, la lumière, la musique, combinés à l’usage des aimants. De la mise en scène des forces magnétiques à son «hommage à Kafka» et les grands bronzes à caractère érotique, l’exposition rassemble une cinquantaine d’œuvres spectaculaires. Il s’agit de la plus vaste monographie de l’œuvre de Takis depuis celle du Jeu de Paume en 1993.Expérimentateur infatigable, « savant intuitif », Takis n’a cessé de chercher à capter l’énergie cosmique en mariant l’art et la science. Plasticien contemporain d’avant-garde, son œuvre est ancrée dans une tradition sculpturale, allant de la sculpture archaïque grecque et Giacometti aux objets de rebut de la technologie. Fasciné par la « magie scientifique », à l’origine d’inventions (il déposera même des brevets industriels), Takis est aussi un philosophe des sciences s’imprégnant régulièrement des grands ancêtres de la philosophie présocratique, de la médecine d’Hippocrate jusqu’à l’Égypte ancienne.

 _

 

La Toilette, naissance de l’intime

Musée Marmottan Monet du 12 février au 5 juillet 2015

Naissance de l'intime

 C’est la première fois qu’un tel sujet, unique et incontournable, est présenté sous forme d’exposition. Dans ces œuvres qui reflètent des pratiques quotidiennes qu’on pourrait croire banales, le public découvrira des plaisirs et des surprises d’une profondeur peu attendue. L’exposition s’ouvre sur un ensemble exceptionnel de gravures de Dürer, de Primatice, de peintures de l’Ecole de Fontainebleau, parmi lesquels un Clouet, l’exceptionnelle Femme à la puce de Georges de La Tour, un ensemble unique et étonnant de François Boucher, montrant l’invention de gestes et de lieux spécifiques de toilette dans l’Europe d’Ancien Régime. Dans la deuxième partie de l’exposition, le visiteur découvrira qu’avec le XIXe siècle s’affirme un renouvellement en profondeur des outils et des modes de la propreté. L’apparition du cabinet de toilette, celle d’un usage plus diversifié et abondant de l’eau inspirent à Manet, à Berthe Morisot, à Degas, à Toulouse Lautrec et encore à d’autres artistes, et non des moindres, des scènes inédites de femmes se débarbouillant dans un tub ou une cuve de fortune. Les gestuelles sont bouleversées, l’espace est définitivement clos et livré à une totale intimité, une forme d’entretien entre soi et soi se lit dans ces œuvres, d’où se dégage une profonde impression d’intimité et de modernité. La dernière partie de l’exposition livre au visiteur l’image à la fois familière et déconcertante de salles de bains modernes et « fonctionnelles » qui sont aussi, avec Pierre Bonnard, des espaces où il est permis, à l’écart du regard des autres et du bruit de la ville, de s’abandonner et de rêver.»

 _

(Un mural, des tableaux)

Le Plateau – FRAC Ile-de-France du 22 janvier au 12 avril 2015

Un mural des tableaux

Une fois n’est pas coutume, le plateau présente avec (un mural, des tableaux) une exposition exclusivement composée de peintures, un ensemble d’œuvres récemment acquises faisant partie de la collection du frac Ile-de-France. Loin d’être une exposition manifeste tendant à démontrer la persistance de la peinture dans le champ de la création contemporaine, (un mural, des tableaux) est une proposition totalement subjective reposant sur un protocole très précis qu’il s’est agi de respecter à la lettre. Tout d’abord, des peintures, donc. Et des peintures – de la collection – réalisées avec des matériaux et sur des supports qui sont ceux que ce champ si particulier a historiquement défini comme immuables et intangibles : acrylique, gouache ou huile sur toile ou bien sur bois uniquement, laissant de côté toutes ces œuvres que l’on assimile à de la peinture sans en être le moins du monde pourvues. Ensuite, le principe de ne présenter qu’un seul artiste – voire une seule peinture – par salle, selon cette volonté de respecter l’autonomie – et donc la lecture – de chacune des œuvres proposées. De fait, (un mural, des tableaux) présente indistinctement des peintures s’inscrivant dans tous les divers champs de la création picturale, de l’abstraction la plus radicale à la figuration la plus débridée. Ce principe induit un découpage très particulier des espaces du plateau, pour une architecture déterminée par le nombre précis de peintures sélectionnées. Enfin, toujours dans cette nécessité de structurer l’espace, l’exposition repose sur la présentation d’une peinture murale de Stéphane Dafflon – PM 062 – qui précisément, déployée dans tous les espaces du plateau, détermine le mode d’accrochage de l’ensemble des tableaux. En un sens, le principe protocolaire de (un mural, des tableaux) s’inscrit dans celui de PM 062, l’œuvre de Stéphane Dafflon ayant été également conçue comme un véritable dispositif d’exposition permettant de présenter d’autres œuvres picturales et notamment d’autres artistes.

 _

Georges Noël – La Traversée des signes

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris du 22 janvier au 3 mai 2015

Georges Noël

Cette présentation au sein des collections permanentes propose une traversée de l’œuvre du peintre à la fois singulière et liée aux avant-gardes. Les toiles de Georges Noël sont parcourues de traits nerveux qui incisent une matière épaisse faite d’un mélange de sable et de pigments purs. Il travaille longuement la surface, superposant et effaçant sans cesse, reprenant le principe du palimpseste. Ses tracés renvoient autant à l’écriture qu’aux signes mystérieux des chamanes. Toute sa vie, il puise son inspiration dans la littérature et dans les rites des cultures archaïques. Résistant pendant la guerre, puis dessinateur industriel, il se met à peindre seul et s’installe à Paris en 1956. Représenté par la galerie Paul Facchetti, il est marqué par l’art Informel, notamment les textures de Dubuffet, Brassaï ou Fontana. Il part en 1968 vivre à New York, où son œuvre se radicalise et s’épure au contact des artistes du Hard Edge et du Minimalisme. A son retour à Paris après 14 ans, il reprend ses recherches informelles, néanmoins plus structurées, et les étend à la sculpture. Volontiers nomade, il expose alors beaucoup en France (rétrospectives au Centre national des arts plastiques en 1985 et au Musée des Beaux-arts de Pau en 2007), en Europe et au Japon.

 _

Profession : chef décorateur

Cinémathèque française du 3 décembre 2014 au 3 mai 2015

Profession chef décorateur

L’exposition est consacrée aux dix dernières années d’enrichissement des collections de la Cinémathèque française et présente environ 150 documents illustrant l’art du décor de cinéma en France. Elle propose un parcours chronologique en trois temps, retraçant l’évolution du métier de l’après-guerre à nos jours.

_

Florence Henri – Miroir des avant-gardes, 1927-1940

Jeu de Paume du 24 février au 17 mai 2015

Florence Henri  

Florence Henri (New York, 1893-Compiègne, 1982), artiste protéiforme, est d’abord connue pour sa peinture, avant de se faire une place incontestable dans le domaine de la photographie des avant-gardes entre la fin des années 1920 et le début des années 1940. Après avoir vécu en Silésie, à Munich, Vienne, Rome et surtout Berlin, elle se fixe définitivement à Paris au milieu des années 1920, où elle se consacre pleinement à la photographie. Ce médium lui permet d’expérimenter de nouvelles relations à l’espace, notamment par l’introduction de miroirs et autres objets dans ses compositions.

_

Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie

Musée d’Orsay du 17 mars au 19 juillet 2015

Bonnard 

Pratiquant l’art sous des formes multiples, Bonnard a défendu une esthétique essentiellement décorative, nourrie d’observations incisives et pleines d’humour tirées de son environnement immédiat. Du tableautin au grand format, du portrait à la nature morte, de la scène intime au sujet pastoral, du paysage urbain au décor antique, l’œuvre de Bonnard nous révèle un artiste instinctif et sensible. Sa palette aux couleurs vives et lumineuses en fait l’un des principaux acteurs de l’art moderne et un représentant éminent du courant arcadien.

 _

Bruce Nauman

Fondation Cartier pour l’Art Contemporain du 14 mars au 21 juin 2015

Nauman

Pour cette exposition, l’artiste a sélectionné une série d’œuvres récentes, présentées pour la première fois en France à côté d’installations plus anciennes. L’ensemble représente un large éventail des mediums explorés tout au long de sa carrière et reflète l’attention très particulière que Bruce Nauman porte à l’environnement immédiat entourant ses œuvres et à l’implication physique et sensible des spectateurs. Œuvres immersives, les pièces exposées résonnent avec le bâtiment de la Fondation Cartier et accentuent le contraste entre les espaces d’exposition transparents du rez-de-chaussée et ceux, plus fermés, de l’étage inférieur. Bruce Nauman est l’auteur d’une œuvre qui apparaît comme une pierre angulaire du vocabulaire plastique contemporain, à travers son exploration du corps, du langage et de la performance, et qui fait de lui l’un des artistes contemporains les plus influents de notre époque. Souvent décrite comme conceptuelle ou minimaliste, cette œuvre protéiforme résiste à la classification.

_

Velasquez

Grand Palais du 25 mars au 13 juillet 2015

Vélasquez

Figure majeure de l’histoire de l’art, Diego Velázquez (1599- 1660) est sans conteste le plus célèbre des peintres de l’âge d’or espagnol. L’exposition met son œuvre en dialogue avec de nombreuses toiles d’artistes de son temps qu’il a pu connaître, admirer ou influencer. Elle se penche également sur la question des variations de styles et de sujets dans les premières compositions de Velázquez, le passage entre naturalisme et caravagisme, ainsi que son égale habileté à exécuter paysages, portraits et peintures d’histoire.

 _

L’Ecriture dessinée : Dotremont, Duchamp, Picasso.

Maison Balzac du 13 mars au 14 juin 2015

Ecriture dessinée

La Maison de Balzac célèbre la rencontre de Balzac et du mouvement CoBrA en faisant dialoguer les « peintres de l’écriture » du XIXe siècle (Théophile Bra, Victor Hugo) avec la modernité (Jean Cocteau, Marcel Duchamp, Asger Jorn, Henri Michaux). « Robe de chambre si utile ! Je travaille comme Balzac », écrit Christian Dotremont en 1963. Cet attribut vestimentaire, mais aussi la moustache, les excitants modernes ou l’attirance pour les mystères de l’Orient calligraphe sont autant d’affinités, involontaires ou soigneusement cultivées. Fondateur du mouvement CoBrA, Dotremont s’inscrit dans un rapport vivant et complexe à Balzac : « La Comédie humaine à tout » déchiffre-t-on sous son pinceau. Mêmes recherches sur l’écriture et son rapport au texte : usage inattendu des fontes d’imprimerie, l’importance de la main… Ses logogrammes sont des inscriptions à l’encre de Chine, vivantes et organiques, nées d’une interaction entre la pensée et le geste.Une question longuement étudiée par Balzac, si attentif à la mise en forme des idées, et qui s’interroge : « Qui nous expliquera philosophiquement la transition de la sensation à la pensée, de la pensée au verbe, du verbe à son expression hiéroglyphique ? » Ludique et poétique, l’exposition s’intéresse à ces expériences plastiques autour de l’écriture initiées par Balzac, et propose une réflexion sur les ressorts les plus intimes de la création.

 _

Mark Lewis – Above and below

Le BAL du 5 février au 3 mai 2015

Mark Lewis

« Above and Below » renvoie au titre d’une œuvre de Mark Lewis réalisée à Sao Paulo en 2014 : Above and Below the Minhocão. Le film montre le Minhocão, autoroute surélevée qui traverse la métropole, fermée à la circulation automobile le soir et le week-end quand promeneurs et cyclistes viennent s’adonner à différents loisirs ou se ressourcer. Le Minhocão a quelque chose du monument moderniste. Construit en 1970, il représente à l’époque le plus important projet d’infrastructure routière d’Amérique du Sud, avec 3,5 kilomètres de long. L’étalement urbain, l’intensité du trafic (80 000 véhicules par jour traversent le Minhocão), la pollution de l’air, le bruit, autant de facteurs contribuant à faire de cette excroissance matérielle de la modernité non pas un monument à la gloire de cette dernière, mais un symbole de sa « chute », soulignant le revers de la médaille des visées de progrès, de vitesse, de gestion des flux et également de croissance. Above and Below représente donc aussi ce qui dans le réel se confronte aux rêves d’autrefois. La notion d’expérience est au cœur du travail de Mark Lewis. Chacun de ses films, à quelques exceptions près, est construit en un plan unique ou, du moins, en a l’apparence grâce à un montage « invisible » de scènes répliquées ou mises bout à bout. La caméra avance lentement dans ce plan et donne l’impression d’un étirement du temps vers ce qu’on pourrait appeler une image « étendue ». Le spectateur a ainsi la sensation d’entrer dans le plan, une impression accrue par la taille de la projection qui rappelle l’échelle du corps face à un paysage, urbain ou naturel, ou une architecture. Une expérience sensorielle en découle, et c’est de cette expérience, de son potentiel, que peut surgir une conscience élargie du monde. Les mouvements de caméra dans le travail de Mark Lewis mettent en branle également un autre processus qui s’apparente au vertige. Le vertige crée une perte de repères, il ouvre le champ des possibles alors qu’il bouleverse les habitudes du corps, sa façon de se tenir, d’appréhender et de ressentir son environnement. En fait, le vertige met le sujet à l’épreuve du monde. Il l’oblige à expérimenter ce monde autrement. Dans la plupart des films de Mark Lewis, capital et « vie nue » s’entremêlent de façon inextricable, dans une plongée toujours vertigineuse dans le réel et ses interstices. Là s’y trouve la vie, là s’y trouve tout espoir de renouveau et de recommencement. L’espoir, ALL I WANT. À nouveau, ce qui s’expose ici, c’est la potentialité de la vie. Cette intensité qui change les choses, qui extirpe le monde de son immuabilité apparente, il n’y a que l’attention pour la capter, un travail en soi. »

 _

Avec et sans peinture

MAC/VAL – nouvelle exposition des œuvres de la collection

 Avec ou sans peinture

 Dans cette nouvelle exposition des œuvres de la collection, sixième accrochage depuis l’ouverture du musée en 2005, il est aujourd’hui question de peinture, de sa présence, de son absence, comment faire avec et sans elle. Ses multiples possibles, son sens, sa remise en cause, son abolition, les solutions pour son emplacement, il est, il sera toujours question d’elle. A nouveau enseignée, émancipée de son histoire, en accord aujourd’hui avec les nouvelles et autres pratiques, enrichie de celles-ci, la peinture demeure et (re)devient une expression artistique, un regard sur le monde, un langage résolument moderne. Le parcours mêle ces différentes générations d’artistes qui chacune à sa façon explore, questionne, attaque, ressuscite, renouvelle le genre, avec et sans peinture. Pour toujours mieux l’envisager.

 _

Autres sorties conseillées :

 

• Antony Gormley

Galerie Thaddaeus Roppac Paris Pantin – jusqu’au 18 mars 2015

Gal Ropac

 

• Aurore Pallet : les annonces fossiles

Galerie Isabelle Gounod – jusqu’au 28 mars

Aurore Pallet

 

• Jan Fabre

Galerie Daniel Templon – jusqu’au 11 avril 2015

Jan Fabre

 

• Xavier Veilhan « Music »

Galerie Perrotin – jusqu’au 8 avril 2015

Xavier Veilhan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférences entrée libre « Ateliers de rencontre » à l’ENSAD
Les jeudi de 18h30 à 20h. Programme sur le site :
http://atelier-rencontre.ensad.fr/

Pour se tenir informer des expositions dans les galeries, aller voir régulièrement le site : http://www.fondation-entreprise-ricard.com/GmeGalleries

 

Lionel Dax
haut de page