Actualités Prép’art Paris
Juillet- Septembre 2015

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Les cahiers dessinés

Halle Saint-Pierre du 21 janvier 2015 au 14 août 2015

Cahiers dessinés

Pour sa première grande exposition 2015, la Halle Saint Pierre invite les Cahiers dessinés, maison d’édition fondée par le dessinateur et écrivain Frédéric Pajak (Prix Médicis essai 2014) qui publie depuis 2002 des ouvrages consacrés au dessin, sans restriction de genre, de tous les pays et de toutes les époques : dessins de peintres, d’écrivains ou de cinéastes, dessins d’humour, de voyage, de presse… A l’occasion de la parution du 10e numéro de la revue publié par Les Cahiers dessinés, Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint Pierre, et Frédéric Pajak ont sélectionné un large panorama de dessins : de Victor Hugo à Bruno Schulz, d’Alechinsky à Kiki Smith, de Saul Steinberg à Chaval, Sempé, Willem, Copi, Fred Deux, Louis Pons, Ungerer, Tal Coat, Topor, Reiser, Unica Zürn et Louis Soutter, ainsi que de créateurs d’art brut dont Laure Pigeon, Raphaël Lonné… 67 artistes se dévoilent sur près de deux siècles, dans leur subtile diversité. Le parcours de Les Cahiers dessinés : l’art du dessin réunit pour la première fois dans une exposition dessins d’artistes, dessins d’humour, dessins d’art brut pour un foisonnant mélange des genres. D’étranges liens se nouent entre des œuvres que tout semble opposer, et montrent le dessin comme langage essentiel à l’art, capable de révéler nos sentiments les plus communs comme les plus inavoués. Le 10e numéro des Cahiers dessinés est publié à l’occasion de l’exposition dont il constitue le catalogue. Il réunit plus de 500 œuvres exposées à la Halle Saint Pierre.

L’art de manger – Rites et traditions

Musée Dapper du 15 octobre 2014 au 12 juillet 2015

 Musée Dapper

À l’heure de la mondialisation des « fast-foods » et de l’industrialisation forcenée de la nourriture, des hommes et des femmes perpétuent encore des traditions et des rites présidant à la préparation et à la consommation de nourritures destinées à eux-mêmes ou aux êtres de l’autre monde. La thématique de cette exposition et de l’ouvrage édité à cette occasion s’attache à mettre en lumière des traditions, des savoirs et des actes qui se vivent au quotidien ou de façon exceptionnelle, lors de cérémonies ou de rituels*. Ainsi, les aliments liquides ou solides, laissés tels ou transformés, de même que les préparatifs liés à leur absorption ou les offrandes faites aux ancêtres, aux divinités et aux esprits, sont indissociables d’objets particuliers dont les formes et les matériaux sont extrêmement divers.

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Déboutonner la mode

Musée des Arts Décoratifs du 10 février 2015 au 19 juillet 2015

Déboutonner la mode

Datées du XVIIIe au XXe siècle, ces pièces, petites par leur taille, sont de véritables objets d’art par la préciosité des matériaux et techniques qui entrent dans leur fabrication. Réalisées par des artisans issus de disciplines diverses : passementiers, brodeurs, orfèvres, verriers, céramistes ou paruriers, elles cristallisent à elles seules la mémoire et l’évolution des savoir-faire. Elles ont aussi suscité l’intérêt de nombreux artistes : peintres, sculpteurs ou célèbres créateurs de bijoux qui ont créé des modèles uniques destinés aux maisons de couture signant leurs créations telles des œuvres miniatures à part entière. Cette collection, réunie par Loïc Allio, est exemplaire par sa variété, sa richesse et son éclectisme. Parmi les pièces exceptionnelles, citons un portrait de femme dans le goût de Fragonard, un trio de boutons inspirés des fables de La Fontaine de l’orfèvre Lucien Falize, un jeu de huit oiseaux peints sur porcelaine par Camille Naudot et enfin une série de 792 pièces du sculpteur Henri Hamm. Les paruriers, Jean Clément et François Hugo, et les artistes Jean Arp et Alberto Giacometti, ont œuvré pour la célèbre créatrice de mode Elsa Schiaparelli, tout comme Maurice de Vlaminck avec le couturier Paul Poiret. Les maisons de Haute Couture : Dior, Balenciaga, Mme Grès, Givenchy, Balmain et Yves Saint Laurent ont, quant à elles, privilégié le travail des bijoutiers Francis Winter et Roger Jean-Pierre. On découvre également des créations de Sonia Delaunay et de Line Vautrin.

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Observeur du design 2015 – Equation(s) design

Cité des sciences et de l’industrie du 10 décembre 2014 au 1er novembre 2015

Observeur design

Pour la 15e année, la Cité des sciences et de l’industrie accueille l’Observeur du design, qui met en scène 150 réalisations innovantes montrant le rôle déterminant du design dans la plupart des processus d’innovation. Le design est aussi présent dans nos expositions, résultat du travail de nombreux designers : scénographes, muséographes, concepteurs de présentations interactives, graphistes, infographistes…

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Jeanne Lanvin

Palais Galliera – Musée de la Mode de la Ville de Paris du 8 mars au 23 août 2015

Jeanne Lanvin

Mademoiselle Jeanne débute comme modiste en 1885. Dès 1889, elle ouvre une boutique « Lanvin (Melle Jeanne) Modes » au 16 rue Boissy d’Anglas, avant d’obtenir son pas de porte en 1893 au 22 rue du Faubourg Saint-Honoré. En 1897, sa fille unique, Marguerite, naît et devient sa première source d’inspiration, sa muse… La modiste entrevoit soudain un nouvel horizon en 1908 : le vêtement d’enfant. Elle crée, l’année suivante, un département jeune fille et femme. Jeanne Lanvin adhère alors au Syndicat de la couture et entre dans le monde très fermé des « Maisons de couture ». Suivent les départements mariée, lingerie, fourrure et dès le début des années 1920, ouvrent les départements décoration et sport… En 1926, la femme d’affaires part à l’assaut de la mode masculine. Elle ouvre aussi des succursales à Deauville, Biarritz, Barcelone, Buenos-Aires, Cannes, Le Touquet… Le bleu Quattrocento ravi à Fra Angelico devient sa couleur fétiche… Pour célébrer les trente ans   de sa fille, elle compose Arpège en 1927, le plus grand des parfums Lanvin. Le logo de la maison dessiné par Paul Iribe, représentant la couturière et Marguerite, est apposé sur le flacon boule réalisé par Armand Albert Rateau. C’est ce même logo qui continue d’accompagner les créations Lanvin aujourd’hui.

Carnets de voyages, échantillons de tissus ethniques, bibliothèque d’art, Jeanne Lanvin n’aura de cesse de cultiver sa curiosité pour créer ses tissus, motifs et couleurs exclusifs. Jeanne Lanvin, c’est l’art de la matière et de la transparence, des broderies, surpiqûres, entrecroisés, spirales, découpes : la virtuosité du savoir-faire. C’est un parfait classicisme à la française avec des robes de style très XVIIIe – buste affiné, taille basse, jupe gonflée – dialoguant avec la ligne « tube » de l’Art déco, ses géométries en noir et blanc, ses profusions de rubans, cristaux, perles, fils de soie…

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La Toilette, naissance de l’intime

Musée Marmottan Monet du 12 février au 5 juillet 2015

Naissance de l'intime

 C’est la première fois qu’un tel sujet, unique et incontournable, est présenté sous forme d’exposition. Dans ces œuvres qui reflètent des pratiques quotidiennes qu’on pourrait croire banales, le public découvrira des plaisirs et des surprises d’une profondeur peu attendue. L’exposition s’ouvre sur un ensemble exceptionnel de gravures de Dürer, de Primatice, de peintures de l’Ecole de Fontainebleau, parmi lesquels un Clouet, l’exceptionnelle Femme à la puce de Georges de La Tour, un ensemble unique et étonnant de François Boucher, montrant l’invention de gestes et de lieux spécifiques de toilette dans l’Europe d’Ancien Régime. Dans la deuxième partie de l’exposition, le visiteur découvrira qu’avec le XIXe siècle s’affirme un renouvellement en profondeur des outils et des modes de la propreté. L’apparition du cabinet de toilette, celle d’un usage plus diversifié et abondant de l’eau inspirent à Manet, à Berthe Morisot, à Degas, à Toulouse Lautrec et encore à d’autres artistes, et non des moindres, des scènes inédites de femmes se débarbouillant dans un tub ou une cuve de fortune. Les gestuelles sont bouleversées, l’espace est définitivement clos et livré à une totale intimité, une forme d’entretien entre soi et soi se lit dans ces œuvres, d’où se dégage une profonde impression d’intimité et de modernité. La dernière partie de l’exposition livre au visiteur l’image à la fois familière et déconcertante de salles de bains modernes et « fonctionnelles » qui sont aussi, avec Pierre Bonnard, des espaces où il est permis, à l’écart du regard des autres et du bruit de la ville, de s’abandonner et de rêver.»

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Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie

Musée d’Orsay du 17 mars au 19 juillet 2015

Bonnard 

Pratiquant l’art sous des formes multiples, Bonnard a défendu une esthétique essentiellement décorative, nourrie d’observations incisives et pleines d’humour tirées de son environnement immédiat. Du tableautin au grand format, du portrait à la nature morte, de la scène intime au sujet pastoral, du paysage urbain au décor antique, l’œuvre de Bonnard nous révèle un artiste instinctif et sensible. Sa palette aux couleurs vives et lumineuses en fait l’un des principaux acteurs de l’art moderne et un représentant éminent du courant arcadien.

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Velasquez

Grand Palais du 25 mars au 13 juillet 2015

Vélasquez

Figure majeure de l’histoire de l’art, Diego Velázquez (1599- 1660) est sans conteste le plus célèbre des peintres de l’âge d’or espagnol. L’exposition met son œuvre en dialogue avec de nombreuses toiles d’artistes de son temps qu’il a pu connaître, admirer ou influencer. Elle se penche également sur la question des variations de styles et de sujets dans les premières compositions de Velázquez, le passage entre naturalisme et caravagisme, ainsi que son égale habileté à exécuter paysages, portraits et peintures d’histoire.

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Le Corbusier

Centre Pompidou du 29 avril au 3 août 2015

Le Corbusier

Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier  architecte et urbaniste visionnaire, théoricien de la modernité, mais aussi peintre et sculpteur. Le Corbusier a profondément marqué le 20e siècle en bouleversant la création architecturale et la façon « d’habiter ». Le Centre Pompidou invite le public à comprendre tout l’œuvre de cette grande figure de la modernité à travers la notion de proportion humaine, le corps humain s’imposant comme un principe universel définissant toutes les dimensions de l’architecture et de la composition spatiale. La conception du Modulor (1944), silhouette d’un corps humain d’1,83 m, formalise un système de proportions basé sur le nombre d’or et permettant d’organiser une harmonie de toutes constructions spatiales directement définie selon la morphologie humaine. Pourtant le Modulor – qui s’imposera comme un véritable système normatif pour de très nombreux architectes, régulant aussi bien la forme des intérieurs que la proportion des constructions – semble avoir été interprété comme un instrument métrique, une mesure purement abstraite organisant l’architecture selon une rationalité géométrique. L’exposition revient sur les sources de la conception du corps chez Le Corbusier, un corps en mouvement qui définit sa notion de l’eurythmie (l’un des cinq fondamentaux de l’architecture, le « bon rythme », la proportion). Il aborde ce principe au tournant des années 1910 sous l’influence de l’école d’Hellerau, une cité-jardin près de Dresde où son frère, Albert Jeanneret, suit les cours du compositeur et pédagogue Émile Jaques-Dalcroze. Au sein de ce lieu d’expérimentation artistique majeur, ce dernier propose une méthode rythmique qui enseigne la musique et la chorégraphie dans une pédagogie du mouvement fondée sur la perception physique, une cognition de l’espace organisée par les interactions entre espace, temps, énergie. Ces notions influenceront profondément Le Corbusier.

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Valérie Belin. Les Images intranquilles

Centre Pompidou du 24 juin au 14 septembre 2015

Valérie Belin

Constituée d’une trentaine d’œuvres, l’exposition est organisée autour de la toute dernière série de Valérie Belin, « Super Models ». Cette nouvelle proposition renoue avec la thématique du mannequin qui est au cœur du travail de l’artiste, en lien avec des œuvres antérieures provenant de collections publiques ou privées. Par le traitement de la lumière, des contrastes, les proportions des tirages et autres paramètres savamment orchestrés, Valérie Belin jour de l’incertitude. Devant ses images, il est souvent difficile de dire si ce que l’on regarde est doué de vie ou animé, réel ou virtuel, naturel ou artificiel. Des détails subtils qui interrompent la continuité quotidienne, ramenant au concept d’inquiétante étrangeté de Sigmund Freud qui la définissait justement comme « Le fait de douter qu’une créature  apparemment vivante soit animée, et à l’inverse l’idée qu’une créature sans vie pourrait bien être animée, en se référant à l’impression produite par les mannequins de cire, les poupées ou les automates réalisés avec art » (Sigmund Freud, « L’inquiétante étrangeté » », 1919). C’est cela précisément qui confère aux œuvres de Valérie Belin une singulière puissance et le choix des œuvres ici réunies, « Michael Jackson », « Black Women I », « Lido », « Meats », « Engines », …, illustre cet aspect spécifique de son travail.

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Anish Kapoor Versailles

Jardins du Château de Versailles du 9 juin au 1er novembre  2015

 Kapoor

 A la fois ingénieur et philosophe, architecte et poète, dans son appréhension de l’espace, Anish Kapoor a fait la démonstration ici ou là, qu’il était fou d’espace, l’espace qu’il traite, a-t-il confié, comme une « idée poétique », non pas dans ses limites mais pour tout ce qu’il implique. Ce que nous voyons et ce que nous ne voyons pas, les sens accumulés par l’histoire… Pour Anish Kapoor, l’œuvre n’existe pas seule mais par celui qui la voit. Le visiteur de Versailles se perd dans les dualités qui marquent le travail de l’artiste : terre et ciel, visible et invisible, dedans et dehors, ombre et lumière…. Cet univers n’est lisible que par l’imaginaire. L’originalité de cette exposition, ce qui la rend unique, même aux yeux de ceux qui suivent depuis longtemps Kapoor de par le monde, c’est que cet imaginaire rencontre à Versailles celui que l’histoire a sédimenté. Ce paysage si maîtrisé est happé par l’instabilité. Les terrains sont incertains et mouvants. L’eau y tourbillonne. Les ruines, hier romantiques, s’emparent du tapis vert. Le pas bute sur de faux labyrinthes. Les miroirs, si liés à Versailles, le déforment. C’est un monde au bord du basculement peut-être. Ce n’est pas un hasard si Anish Kapoor, le premier, a voulu pousser la porte de la salle du Jeu de Paume qu’il regarde comme une œuvre, pour y poser une installation. Anish Kapoor nous entraîne à Versailles, dans une histoire cachée.

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Invention / Design. Regards croisés

Musée des Arts et Métiers du 2 juin 2015 au 6 mars 2016

design regards croisés

Le Musée des arts et métiers présente une exposition inédite pensée avec Sismo, studio indépendant de design et innovation, qui explore les liens entre design contemporain et histoire des inventions, à travers une sélection de 100 objets issus des collections du musée et de pièces contemporaines provenant de grandes institutions publiques ou de collections privées. Organisée autour de L’ESSENTIEL, L’AUDACE, LE CONTEXTE, LA CURIOSITÉ, 4 notions communes au travail des inventeurs et designers, l’exposition tend à montrer que le design n’est pas la mise en forme d’une esthétique mais bien d’une intelligence. Une intelligence soumise aux contraintes de productions, progrès techniques, sources d’inspirations, attentes des consommateurs et autres projets audacieux tous illustrées par les objets qui ponctuent le parcours mais aussi par les vidéos, interviews, documents d’archives et autres dispositifs interactifs qui complètent l’exposition. Simples vélos, ampoules, sceaux à glace, manomètres, lampes d’Issey Miyake ou plus impressionnants pont levant piétonnier, drone marin capable de dépolluer les océans, programme informatique générant du papier peint et autre machine-outil à commande numérique, tous montrent de quelle manière les designers prennent part au processus de conception. Comment alors sont-ils influencés par la forme historique d’une invention ? Comment arrivent-ils à s’en affranchir? Comment s’emparent-ils d’un vocabulaire qu’ils articulent, composent et enrichissent pour innover en améliorant l’esthétique, l’usage tout en simplifiant le processus de fabrication ou en réduisant le coût de production ? Autant de questions qui sont abordées dans une scénographie ludique, interactive et accessible à tous qui invite le visiteur à plonger dans le travail quotidien des designers de notre époque, et à comprendre l’origine des objets qui l’entourent. Une exposition qui interroge le rôle du Design dans nos sociétés actuelles, en évoquant les racines d’une discipline liée au génie de l’homme, traitement inédit qui vient compléter les propositions déjà existantes en France et vivifie la manière de présenter le Design au plus grand nombre.

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Manessier (1911-1993). Du crépuscule au matin clair

Musée Mendjisky du 5 juin au 15 octobre  2015

Manessier

 Artiste ayant fortement contribué au renouvellement de l’École de Paris et de l’abstraction dans la période de l’après-guerre, le peintre Alfred Manessier est particulièrement sensible à la nature, aux éléments, au cycle des saisons, à l’alternance du jour et de la nuit, aux variations de la lumière. L’exposition Du crépuscule au matin clair, présentée au Musée Mendjisky- Écoles de Paris réunit des œuvres depuis ses premières études sur le motif, peintes en vacances au Crotoy (où sa vocation s’est révélée dès l’âge de douze ans), jusqu’à l’une de ses dernières œuvres datée de 1992 : Petit port au matin clair. Les variations du jour et de la lumière ont toujours fasciné Manessier, c’est un thème qu’il abordera tout au long de sa vie. La cinquantaine d’œuvres exposées inclut tableaux, dessins, tapisseries et vitraux et présente un parcours inédit du travail de Manessier de 1927 à 1992. Ce thème vecteur croisera d’autres thèmes de prédilection de Manessier : eau, hiver, ports… sur fond de paysages naturels ou urbains. L’exposition sera également documentaire et biographique. Elle évoquera la mémoire du peintre dans le quinzième arrondissement parisien, où il a vécu et peint pendant trente-cinq ans, et plus particulièrement dans la Maison-Atelier Barillet, siège actuel du Musée Mendjisky où il a travaillé à la réalisation de vitraux et de mosaïques entre 1956 et 1969. Serge Mendjisky, fondateur du Musée Mendjisky-Écoles de Paris, a côtoyé Alfred Manessier dans les années cinquante. Il souhaite ainsi rendre hommage, un an après la rétrospective consacrée à son père, Maurice Mendjizky (1890-1951), à l’une des figures majeures de la Seconde École de Paris, dans le cadre des missions muséales de valorisation d’artistes de la Première et de la Seconde École de Paris (1945-1960/62). Le Musée Mendjisky-Écoles de Paris, maison-atelier construite par Mallet-Stevens en 1932, est un lieu lumineux tout à fait adapté à la présentation de l’exposition Manessier « Du crépuscule au matin clair » et aux thèmes de prédilection de l’artiste : nuit, couchant, levant.

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Jean Paul Gaultier

Grand Palais du 1er avril au 3 août 2015

JPGaultier

L’enfant terrible de la mode expose pas moins de quatre décennies de son travail, essentiellement de haute-couture, mais aussi de prêt-à-porter, témoignant à la fois d’un éclectisme joyeux et d’une exceptionnelle cohérence. Le regard que Gaultier pose sur les mutations de la société apparaît toujours joueur, inventif, provocateur, n’hésitant pas à renverser les normes établies pour mieux retranscrire le dynamisme à l’œuvre au sein du corps social. Sans jamais rien perdre de sa légèreté. Jonglant entre extravagance punk et french cancan, sadomasochisme en rouge et noir et plumages multicolores, Madonna et Pedro Almodóvar, Yvette Horner ou Kate Moss, robes de mariée et treillis militaires, Jean Paul Gaultier s’est toujours plu à sampler les références culturelles avec humour et gourmandise. A travers la proximité qu’elle offre avec ses créations, l’exposition permet d’entrer de plain-pied dans les détails d’une virtuosité d’autant plus impressionnante qu’elle s’affirme toujours humble et ludique. Ainsi, des accessoires de friperie (boucles d’oreilles, sacs à main…), de vieux bouts de jean ou des tissus de récup viennent compléter des parures d’une maestria à faire convulser Anna Wintour. Pourtant, loin d’opposer les origines ou les références, l’alchimie de JPG, délicate plutôt que frontale, consiste précisément à rendre éclatante cette complémentarité, a priori paradoxale, entre des matériaux aussi divers que la société elle-même peut l’être. Le caniveau et le bleu du ciel, l’Art majuscule et la culture de masse, les top-models squelettiques et les grandes gueules en surpoids, les tissus nobles et le kitsch : harmonisant les contradictions, l’œuvre de Jean Paul Gaultier, davantage encore qu’esthétique ou politique, se révèle profondément éthique et humaniste, ouverte sur autrui sans jugement de valeur. Un exemple parmi d’autres avec sa fameuse jupe pour hommes, dont le but n’est pas le simple travestissement, le goût de la provoc ou le militantisme, mais bien plutôt la recherche d’un équilibre queer, d’une grâce hybride, d’une complexité à la fois féminine et masculine. Qui sait, sous le mascara dégoulinant d’une drag-queen mélancolique, faire surgir l’antique beauté androgyne de l’hermaphrodite. Or, cet état d’esprit libre et accueillant – qui fait toute la personnalité, aussi riche qu’attachante, du créateur de mode – transparaît tout au long de l’exposition, servie par une scénographie imaginative qui la rend étonnamment vivante. Ainsi, des projections sur les visages des mannequins leur permettent de parler ou chanter, tandis que projections (de films, clips ou émissions de télé) et jeux scéniques (avec, notamment, d’amusants « glory holes » de voyeurs, situés à l’arrière d’une pièce dédiée à l’imagerie SM) viennent compléter le dispositif de ce remarquable tour d’horizon, aussi réjouissant pour les amateurs de mode que passionnant pour les néophytes.

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Dolce Vita ? Du Liberty au design italien (1900-1940)

Musée d’Orsay du 14 avril au 13 septembre 2015

Dolce vita

 Dans l’Italie du début du XXe siècle, les arts décoratifs se font les interprètes du désir de progrès d’une nation venant de trouver son unité. Ebénistes, céramistes, maîtres verriers travaillent en collaboration avec les plus grands artistes, créant ainsi un véritable “style italien”. Cette période de créativité extraordinaire est présentée à travers un parcours chronologique d’une centaine d’œuvres. Le style Liberty, qui s’affirme au tournant du siècle, est évoqué par les créations de Carlo Bugatti, Eugenio Quarti, Federico Tesio, en dialogue avec l’œuvre des peintres divisionnistes. Une deuxième section est consacrée au futurisme dont l’esthétique inspirée par le progrès et la vitesse s’étend à tous les aspects de la vie. Par la suite, le retour au classicisme, qui se décline en Italie sous de multiples formes, trouve son expression dans les céramiques de Gio Ponti, ou les verres de Carlo Scarpa, jusqu’au langage sévère du “Novecento”. Dans le même temps, le style rationaliste va désormais marquer la naissance du “design” moderne. C’est donc une période charnière, bien que souvent méconnue, de l’art italien que cette exposition met à l’honneur.

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Felice Varini. La Villette En Suites

Grande Halle de La Villette du 15 avril au 13 septembre 2015

Felice Varini

Felice Varini conçoit des œuvres situées à la frontière de la création picturale. Les paysages urbains et les espaces fermés, avec leurs architectures, en constituant le support, il compose, à partir de formes géométriques, sa peinture spatiale. Sans équivalent, ses œuvres invitent tout un chacun à une vertigineuse balade qui dynamite l’ordre des perspectives établies. Sous la galerie est de la Grande halle, il crée « Arcs de cercle sur diagonale », Une peinture rayonnante s’achevant au lointain, sur un pan de mur de la façade de la Philharmonie. Formes, mouvements, couleurs et rythmes colorées surprennent notre regard et nous proposent une lecture inédite, à la fois contemplative et dynamique de cet espace dédié à la promenade. Dans le pavillon Paul-Delouvrier, un ensemble inédit de trois peintures se jouent de l’architecture d’inspiration géométrique du pavillon : « Quatorze triangles percés/penchés », « Rouge jaune noir bleu entre les disques et les trapèzes » et « Sept carrés pour sept colonnes ». A chacun, au gré de son parcours, de trouver le point de vue choisi par l’artiste, ou les différents points de vue provoqués par les formes peintes jouant avec l’architecture.

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Du Nô à Mata Hari, 2000 ans de théâtre en Asie

Musée Guimet du 15 avril au 31 août 2015

musée guimet

 Des costumes du théâtre indien aux kimonos et masques de nô japonais, en passant par les robes de l’Opéra de Pékin et le théâtre d’ombre de l’Asie du Sud-Est, c’est tout un monde de divinités, d’animaux et de personnages qui prend vie. L’exposition aborde les aspects épique et dramatique qui caractérisent les différentes créations théâtrales asiatiques dans toutes leurs variétés. Les premières représentations qui en sont conservées sont les substituts funéraires de terre cuite – minqi – montrant des danseurs et des acrobates datant de la Chine des Han (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.). L’exposition culmine avec une relecture contemporaine des traditions théâtrales avec la présentation concertante de kimonos paysages d’Itchiku Kubota qui donne tout son sens à la dimension scénique du costume. Dépassant leurs sources rituelles, les théâtres dansés en Inde se sont épanouis en une perfection gestuelle qui a donné naissance à des formes complexes et raffinées tel le kathakali dès le 17e siècle. En Asie orientale, un théâtre historique, s’appuyant sur des chefs-d’œuvre littéraires a suscité la création de costumes chatoyants mais extrêmement codifiés. Le masque est particulièrement mis à l’honneur dans l’exposition, tant il est indissociable des formes du théâtre en Asie, de l’Inde jusqu’au Japon, du théâtre épique au drame historique. Marionnettes et théâtres d’ombres de l’Asie du Sud-Est et de la Chine forment un autre pan de cette création et servent tantôt des textes épiques, tantôt des textes historiques, leur présentation évocatrice introduisant le visiteur dans un espace peuplé de silhouettes. Les cuirs découpés, âmes des ancêtres, confèrent un pouvoir surnaturel au montreur capable de faire revenir les morts, de guérir ou d’exorciser.

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Fred Forest. Medias en partage

Jeu de Paume du 28 avril au 27 octobre 2015

fred forest

 Pionnier des nouveaux médias, défenseur d’une approche sociale de l’art et critique infatigable du pouvoir institutionnel, Fred Forest a développé depuis la fin des années 1960 ce qu’il nomme une « pratique sociologique interventionniste » à la croisée de la technologie et du champ social. « J’ai toujours considéré, écrit-il en 1985, le terrain de l’activité sociale comme le champ qui pourrait être élargi et exploré à l’aide des nouvelles technologies de communication ». Dans ses diverses actions artistiques, il a utilisé la vidéo, la radio, la télévision et plus tard Internet non seulement pour enregistrer et étudier les relations sociales mais aussi comme des outils d’animation et de dialogue capables de les transformer. À travers une sélection de quatre œuvres multimédia jalonnant le parcours artistique de Fred Forest, cette exposition propose de mettre en lumière la manière dont l’artiste s’est emparé des technologies de la communication pour établir les modalités d’une relation active et participative avec un public, anticipant en quelque sorte les pratiques collaboratives du web 2.0 et des réseaux sociaux actuels. Que ce soit en armant les individus de caméras vidéo ou en infiltrant la radio ou la télévision pour en transformer les règles, il a toujours cherché à rompre avec les modèles d’information existants et à promouvoir l’expression individuelle et la participation, tout en incitant à une réflexion critique sur les conditions sociales, les institutions et les médias. Les actions présentées visent à encourager chez les participants une attitude contestataire qui conduise à l’appropriation des moyens de communication pour la maîtrise de l’information. L’espace de création en ligne du Jeu de Paume offre une plateforme idéale pour rassembler les nombreux documents, photographies et vidéos constituant les œuvres historiques de Forest, dont la nature souvent éphémère et « in situ » en rend parfois difficile l’exposition. Le choix d’une exposition virtuelle souligne aussi la manière dont ces actions multimédia ont anticipé certains des principes qui sous-tendent Internet, un médium devenu central dans l’œuvre de Forest à partir du début des années 1990, et qui est aujourd’hui un lieu actif de participation et d’activisme.

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Anna et Bernhard Blum: la photographie transcendantale

Centre Pompidou du 1er juillet au 28 septembre 2015

Anna et Bernhard Blum

Depuis la fin des années 1970, Anna et Bernhard Blume proposent, à travers des séries de photographies mises en scène dont ils sont les principaux protagonistes, une critique insidieuse et doucement subversive de la classe moyenne allemande, de ses codes, de ses stéréotypes, de son rapport à la consommation, ou au matérialisme. L’exposition présentera pour la première fois la version monumentale, de 25 mètres de long, d’Im Wahnzimmer qui est entrée dans la collection du musée national d’art moderne – Centre Pompidou en 2012. Cette première présentation sera accompagnée des photographies de lévitation, de déplacement d’objets à distance et de phénomènes de poltergeist (esprits frappeurs) qui ont tant fascinées le couple d’artiste.

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Chagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain

Cité de l’architecture et du patrimoine du 20 mai au 21 septembre 2015

Vitraux contemporains  

Depuis 1945, les plus grands artistes reconnus  sur la scène internationale, comme Rouault,  Chagall, Benzaken, Soulages, Raysse ou Tremlett créent les vitraux des architectures  les plus prestigieuses qu’elles soient anciennes  ou modernes, civiles ou religieuses. Cette exposition a pour ambition de nous immerger au cœur de cet univers fascinant et  de donner les clés pour comprendre la genèse des œuvres de leur commande à leur mise en place.  Elle est fondée sur la présentation de vitraux, de cartons à grandeur et de maquettes, véritables  témoignages de l’étroite collaboration entre artistes et peintres verriers. Les œuvres seront présentées dans des conditions exceptionnelles de vision rapprochée, propre à  provoquer un choc esthétique auquel tous  seront sensibles.

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Henry  Darger

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris du 29 mai au 11 octobre 2015

 Darger

 Autodidacte et longtemps resté en marge du monde de l’art, Henry Darger a créé un monde singulier et étrange, mêlant imaginaire, récit historique et culture populaire américaine dans une œuvre unique. L’exposition rend compte des différents ensembles de cette oeuvre, découverte quelques mois avant sa mort : grands panneaux narratifs recto verso, drapeaux, portraits de personnages, ainsi que le chef-d’œuvre Battle of Calverhine montré pour la première fois en France. Cette oeuvre de trois mètres de long représente la bataille inaugurale de la saga dargerienne ayant pour objet la révolte des enfants esclaves. Né en avril 1892 à Chicago, Henry Darger, très tôt orphelin de mère, est placé dans un foyer pour handicapés mentaux. Il s’enfuit pour rejoindre à pied Chicago qu’il ne quittera plus, vivant de différents emplois modestes dans les hôpitaux. C’est pendant son temps libre, souvent la nuit, qu’il se livre à son grand œuvre, dans une vie solitaire jusqu’à sa mort en 1973. Henry Darger produit en secret une œuvre littéraire et picturale d’une ampleur exceptionnelle : un roman de plus de 15 000 pages dont le récit épique connu sous le titre The Realms of the Unreal (Les Royaumes de l’Irréel), est illustré par de grandes compositions (dessin, aquarelle et collage). Cette épopée relate l’histoire d’une guerre sans fin ayant pour origine la rébellion des enfants opprimés par le peuple des Glandéliniens. Une révolte soutenue par les Angéliniens, dont les aventures des héroïnes les Vivian Girls, sept petites filles, sont au coeur du roman. La vie et l’œuvre de Darger ont inspiré des générations d’artistes comme les frères Chapman, Paul Chan ou Peter Coffin ainsi que des auteurs contemporains comme Jesse Kellerman « Les Visages » ou Xavier Mauméjean « American Gothic ». Cet engouement témoigne de la fascination qu’il génère depuis plusieurs années.

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Germaine Krull (1897-1985). Un destin de photographe

Jeu de Paume du 2 juin au 27 septembre 2015

 Krull

Germaine Krull (1897-1985) est une des photographes les plus connues de l’histoire de la photographie, pour sa participation aux avant-gardes des années 1920-1940, et l’une des femmes-photographes les plus célèbres. La publication de son portfolio Métal en 1928, sa présence à l’exposition « Film und Foto » en 1929 sont les événements le plus souvent rappelés, qui l’inscrivent de fait comme l’une des égéries de la « modernité » photographique. Et pourtant l’œuvre de Krull est l’une des moins étudiées, à la différence de celle de Man Ray, Moholy-Nagy ou Kertész. Cela tient à une carrière courte et chaotique – une vingtaine d’années actives en France, avec un climax d’à peine cinq ans, puis les quarante dernières années en Asie, où les liens avec le milieu photographique sont presque rompus –, et aussi à la dispersion de ses tirages, comme à l’absence d’un fonds d’archives complet et bien identifié. Il s’agit aujourd’hui de rendre compte de l’œuvre éclatée d’une femme-photographe politiquement ancrée à gauche, énergique, engagée, voyageuse, dont l’engagement photographique est à l’opposé d’une revendication esthétique, artistique ou interprétative du type Bauhaus ou surréalisme. Selon ses propres termes, « le vrai photographe, c’est le témoin de tous les jours, c’est le reporter » (ce propos ouvre paradoxalement son livre Études de nu, en 1930). Il est essentiel de montrer que Germaine Krull travaille constamment en vue de la publication de ses photographies : on sait l’importance du magazine VU lancé en 1928, auquel elle participe dès le début (280 photographies reproduites dans VU), et qui lui permet d’élaborer, avec Kertész et Lotar, cette forme du « reportage » qui lui convient tellement. Mais afin de vivre de ses photographies, elle participe à de nombreuses autres publications, comme les magazines Jazz (76 photographies sur 17 numéros), Variétés, Paris-Magazine, Art et Médecine, Voilà, L’Art vivant, La France à table, etc.
Et surtout, fait notoire, elle innove par la publication de livres photographiques ou portfolios dont elle est l’unique auteur : Métal (1928) 100 x Paris (1929), Études de nu (1930), Le Valois (1930), La Route Paris-Biarritz (1931), Marseille (1935), ainsi que le premier photo-roman avec Simenon, La Folle d’Itteville (1931) : ces publications à elles seules regroupent près de 500 photos. Ses images illustrent d’autre part de nombreux autres livres, notamment sur Paris (Paris, 1928 ; Visages de Paris, 1930 ; Paris under 4 Arstider, 1930 ; La Route de Paris Méditerranée, 1931). L’œuvre de Krull est donc profondément liée à l’apparition de formes innovantes du reportage et de l’illustration photographique autour de 1930 ; ce qui n’exclut pas de participer avec les mêmes images à des expositions où la photographie est reconnue comme une activité artistique autonome.

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Valérie Jouve. Corps en résistance

Jeu de Paume du 2 juin au 27 septembre 2015

Valerie Jouve

Le travail photographique et filmique de Valérie Jouve est fondé sur l’alchimie entre les corps et l’espace, l’humain et le paysage urbain. Intitulée « Corps en résistance », l’exposition du Jeu de Paume permet de découvrir un ensemble conséquent d’œuvres réalisées par l’artiste entre la fin des années 1980 et aujourd’hui. Après des études d’anthropologie, Valérie Jouve (née à Saint-Étienne en 1964 ; vit à Paris) suit l’enseignement de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles avant de devenir photographe et cinéaste. Elle appartient à la génération de ces artistes qui, en France, se sont éloignés de la grande tradition humaniste des reportages photographiques, sans pour autant en rejeter complètement les éléments essentiels.
Les photographies et les films de Valérie Jouve relèvent tout autant de l’art contemporain et du documentaire de création que de l’anthropologie et de la sociologie. Donnant à voir des personnages en mouvement et des architectures, ils interrogent la présence du corps dans la ville et les manières d’habiter l’espace. Les deux sujets classiques du paysage et du portrait sont associés de telle sorte que, dans la densité de situations urbaines, prennent place des scènes hautement chorégraphies.

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 Céleste Boursier-Mougenot. Acquaalta

Palais de Tokyo du 24 juin au 13 septembre 2015

 Céleste boursier

L’acquaalta est cette inondation annuelle touchant la lagune vénitienne. À l’été 2015, ce même phénomène s’empare des espaces du Palais de Tokyo. Céleste Boursier-Mougenot imagine en effet un paysage lacustre qui entraîne le visiteur dans une expérience visuelle, tactile et auditive modifiant sa perception des lieux : « le déploiement dans l’espace d’un dispositif, en relation avec un lieu ou une situation, correspond pour moi à ce que d’autres musiciens accomplissent en faisant des concerts. » En traversant cet espace inondé, le visiteur est introduit dans un flux d’images créant les prémices d’un voyage halluciné qui l’amènerait à naviguer à travers sa propre psyché. Avec cette production inédite, c’est aussi un nouveau format d’exposition qui est exploré. L’artiste complète ce paysage par un zombiedrone, principe qu’il a déjà expérimenté et qu’il définit ainsi : « un système de traitement du signal vidéo crypte les images, ne laissant apparaître sur l’écran que les parties en mouvement dans le cadre. Tout le reste se fond dans un noir opaque. L’effet saisissant de la transformation de l’image vidée de son message est accompagné par un son lancinant, provenant de la conversion du flux des images en un continuum sonore. » C’est donc un continuum, une onde, qui guide le visiteur dans l’exposition via un dispositif cohérent ayant pour fonction la connexion des flux (des visiteurs, de l’eau, de la vidéo et du son) : les visiteurs parcourent l’exposition, leurs mouvements étant filmés et retransmis en direct sur les murs. Tous se retrouvent sur une île, lieu d’un éboulement minéral où chacun pourra s’allonger pour mieux se noyer dans les images environnantes. Tout au long du parcours, le visiteur est acteur de l’exposition, son sujet et son objet. À l’issue de cette expérience sensible et hallucinatoire, et selon les mots de l’artiste, « pour sortir de l’exposition, le visiteur traversera – littéralement – l’image. » Cet univers fantasmagorique évoque autant la mythologie antique (de Narcisse se noyant dans son reflet à Ulysse résistant au chant des sirènes) que le cinéma (la fuite en barque des enfants dans «La Nuit du Chasseur»). Le rapport entre nature et culture est ici renversé, l’artiste étant comme il le dit lui-même « un simple médium, permettant aux visiteurs de donner des formes à leur sensations », soit l’oubli de soi face à des images et des sons hypnotiques.

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Lartigue. La vie en couleurs

Maison Européenne de la Photographie du 24 juin au 23 août 2015

Lartigue

 « Depuis que je suis petit, j’ai une espèce de maladie : toutes les choses qui m’émerveillent s’en vont sans que ma mémoire les garde suffisamment », écrit Lartigue dans son journal de l’année 1965. Il n’en faut pas plus à Lartigue pour glaner et collectionner dès l’âge de 8 ans et pendant 80 ans ces milliers d’instants fugitifs. Ce n’est qu’en 1963 que Jacques Henri Lartigue – qui a déjà 69 ans – expose pour la première fois au Museum of Modern Art de New York quarante-trois des quelque 100 000 clichés réalisés au cours de sa vie. La même année, le magazine Life lui consacre un portfolio qui fait le tour du monde. Il devient alors immédiatement célèbre pour ses clichés noir et blanc de la Belle Époque et des années folles (femmes élégantes au Bois de Boulogne, courses automobiles, début de l’aviation…). À son grand étonnement, Lartigue le dilettante devient du jour au lendemain l’un des grands noms de la photographie du XXe siècle, lui qui se croyait peintre.L’exposition “Lartigue, la vie en couleurs“ dévoile un pan inédit de son œuvre. Bien que la couleur représente plus d’un tiers de la totalité de ses clichés, celle-ci n’a jamais été montrée ou exposée en tant que telle. Il s’agit d’une réelle découverte pour le public, non seulement parce que les photos présentées le sont pour la première fois ou presque mais aussi parce qu’elles révèlent un Lartigue inconnu et surprenant.

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Patrick Neu

Palais de Tokyo du 24 juin au 13 septembre 2015

Patrick Neu

 Patrick Neu développe depuis trente ans son travail en retrait du monde. Chaque œuvre réalisée détourne des techniques traditionnelles, engage de nouvelles expérimentations qu’il poursuit aussi longtemps que nécessaire. Il manie des matières peu familières du champ de l’art : ailes d’abeilles, suie sur verre, cristal, cire, sculpture en encre de Chine, ailes de papillon, mues de serpent, coquilles d’œufs, peinture sur cendre etc. « J’inverse les matériaux, les usages. Le cristal pour moi est à la fois coupant, lourd, fragile et transparent (…) Et son utilisation, par exemple pour un objet guerrier, me permet d’ouvrir le champ des interrogations… » (Patrick Neu) La sélection des œuvres qui sont présentées dans l’exposition suggère ce dialogue périlleux avec les matières et la mémoire du monde : une armure de samouraï en cristal et une camisole de force en ailes d’abeille réalisées pour l’exposition, une colonne de verre avec noir de fumée, un Christ mort sur papier carbonisé, des vitrines enfumées par la mémoire du Jardin des délices de Jérôme Bosch… Le travail de Patrick Neu incarne un Musée imaginaire évanescent. Il dialogue avec les figures de Bosch, d’Holbein ou de Rubens, qu’il dessine dans le noir de fumée, guidé par les qualités propres de la matière.

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Tianzhuo Chen

Palais de Tokyo, du 4 juin au 13 septembre 2015

Tianzhuo Chen

 À travers une imagerie colorée, grotesque et kitsch, dominée par les références visuelles directes à la drogue, à la vague hip-hop queer, à la culture de la rave londonienne, au butoh japonais, au voguing new-yorkais et à l’univers de la mode, les œuvres de Tianzhuo Chen sont intimement liées au constat d’un effondrement des représentations morales et des croyances. Si les personnages mis en scène par Tianzhuo Chen revêtent un caractère d’étrange familiarité, c’est qu’ils reflètent, en l’exagérant, le ridicule de notre quotidien envahi par les images des célébrités de notre temps. Leurs faits et gestes composent une nouvelle mythologie, s’érigent en de nouveaux systèmes de croyances, dont les adeptes évoluent parfois en adorateurs aveugles. Pour son exposition au Palais de Tokyo, Tianzhuo Chen conçoit un ensemble d’œuvres inédites, dont une performance avec l’artiste et danseur Beio et le collectif parisien House of Drama. Mêlant peinture, dessin, installation, vidéo et performance, elles intègrent différentes symboliques religieuses à des éléments iconographiques empruntés à plusieurs subcultures urbaines communes à une jeunesse mondialisée.

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Korabrit Arunanondchai,  Painting with history in a room filled with people with funny names 3

Palais de Tokyo du 24 juin au 13 septembre 2015

Korabrit Arunanondchai

« Painting with history in a room filled with people with funny names 3 » est l’épilogue d’une série d’œuvres élaborées au cours de ces quatre dernières années autour de l’apprentissage d’un peintre. À l’heure où le réel et la fiction fusionnent pour former la réalité, Korakrit Arunanondchai crée un personnage de peintre thaïlandais sur toile denim. Son autobiographie, la représentation construite de sa vie d’artiste, les réalités sociales de la Thaïlande et les phénomènes de globalisation sont ici mêlés pour former ce que l’artiste désigne comme un « palais de la mémoire ». L’installation s’articule en deux parties. « Le Corps » est composé d’un grand body painting sur toile denim. Seule une vision en surplomb permettrait d’en voir l’ensemble. Il fonctionne comme un paysage et une scène pour le public. « L’Esprit » présente une vidéo comprenant l’échange entre l’artiste et Chantri – personnage principal invisible de la trilogie, qui incarne à la fois les spectateurs et la conscience de l’artiste et dont la voix est interprétée par Chutatip Arunanondchai. Korakrit Arunanondchai s’intéresse au bouddhisme et à l’animisme thaïlandais, autant qu’à la culture populaire, la géopolitique et la technologie, afin d’interroger ce que signifie être un artiste aujourd’hui. Ce faisant, son travail célèbre la connectivité numérique, la fusion entre l’art et la vie, l’imagination et la réalité, la science et l’incorporel.

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Gottfried Honegger

Centre Pompidou du 24 juin au 14 septembre 2015

Gottfried Honegger

 Acteur majeur de l’art concret, Gottfried Honegger, âgé aujourd’hui de 97 ans, commence sa carrière comme graphiste à Zurich. Lors d’un séjour à Paris en 1939, il compose ses premiers paysages et quelques portraits de style cubiste. La Seconde Guerre mondiale interrompt cet élan et, de retour en Suisse, Honegger ne reprendra une activité artistique qu’en 1949. Proche des artistes concrets zurichois, il commence à peindre au début des années 1950 des compositions qui mêlent références à la nature et géométrie. Dès 1958, lors d’un séjour à New York, il rencontre des artistes du mouvement de l’Expressionnisme abstrait. Il choisit aussi de se consacrer exclusivement à son travail artistique. Honegger présente en 1960, à la galerie Martha Jackson de New York, des œuvres préfigurant les Tableaux-reliefs : des monochromes rouges dont la surface est animée par des éléments géométriques répétitifs de faible épaisseur, recouverts de peinture acrylique. La même année, Gottfried Honegger s’installe à Paris et entre en relation avec Aurélie Nemours, Sonia Delaunay et Michel Seuphor, important historien et critique de l’art abstrait. Fasciné par le livre du biologiste Jacques Monod, Le Hasard et la nécessité, Honegger est, dès 1970, l’un des premiers artistes en France à avoir recours à l’informatique pour une série de dessins programmés par un ordinateur. L’idée de programmation inspire aussi la conception des Tableaux-reliefs, dont les formats deviennent monumentaux. La distribution des couleurs et des formes, modules après modules, est également confiée au hasard par le biais de jeux de dés. Échappant à toute monotonie malgré son aspect sériel, cette production permet à l’artiste une grande variété d’approches. Dans les années 1980 apparaissent des diptyques, des triptyques ou des peintures dont les châssis découpés en deux parties font jouer au mur d’exposition un rôle structurant par l’effet d’un subtil décalage. Depuis les années 1990, les Tableaux-reliefs – émancipés du plan du tableau – se confrontent à l’espace sous la forme de reliefs ou de sculptures de métal peint. Les Pliages, qui ajourent des cylindres blancs dont les découpes se développent dans l’espace, constituent le point d’orgue de l’exposition d’un artiste au parcours à la fois sensible et radical.

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Jesper Just, Servitudes

Palais de Tokyo, du 24 juin au 13 septembre 2015

Jesper Just

 Jesper Just (né en 1974, vit à New York) présente à l’occasion de son exposition personnelle au Palais de Tokyo une nouvelle installation, composée de plusieurs vidéos, de musique et d’une intervention spatiale. Dans son travail filmique Jesper Just associe les images, d’une qualité exceptionnelle, au son et à la musique. L’énigme vient perturber la narration et la tension créée laisse émerger la poésie. Jesper Just ne livre pas d’issue narrative, mais laisse le spectateur avec ses interrogations et ses émotions. L’installation conçue pour la Galerie basse du Palais de Tokyo est composée d’une installation audiovisuelle et d’une vaste intervention spatiale qui transformera l’espace préexistant et le parcours du visiteur. Le One World Trade Center, gratte-ciel à la fois iconique et controversé, décor du film, devient comme dans la plupart des travaux de Jesper Just, un personnage en soi. Il a ici fonction de membre fantôme, symbole d’absence et de perte, mais constitue aussi le témoignage d’une résilience. Sa présence iconique apparait comme une prothèse au centre d’un horizon urbain modifié. Les films suivent deux personnages : une jeune fille qui n’apparaît pas comme un individu mais incarne les idéaux de jeunesse et de féminité véhiculés aujourd’hui, et une enfant handicapée. D’une vidéo à l’autre, les personnages se reflètent, s’opposent et interagissent, constituant un point de départ à l’exploration des concepts de capacitisme et d’autonomisation pour questionner ainsi les limites du corps et de l’individualité.

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Mona Hatoum

Centre Pompidou du 24 juin au 28 septembre 2015

Mona Hatoum

 Dans notre monde mû par des contradictions, des tensions géopolitiques, des esthétiques diversifiées, Mona Hatoum nous offre un œuvre qui atteint une universalité inégalée, un œuvre devenu « modèle » pour de nombreux artistes contemporains. L’artiste britannique, d’origine palestinienne, est l’une des représentantes incontournables de la scène contemporaine internationale. Son œuvre s’impose par la justesse de son propos, par l’adéquation entre les formes et les matériaux proposés, par la pluridisciplinarité de son travail et finalement par sa relecture originale et engagée des mouvements d’art contemporain (performance, cinétisme, minimalisme). Après avoir réalisé, voilà vingt ans, la première exposition muséale dédiée à l’œuvre de Mona Hatoum, le Centre Pompidou lui consacre aujourd’hui une première grande monographie qui réunit une centaine d’œuvres et rend compte de la pluridisciplinarité de son travail, de 1977 à 2015. Sans chronologie, comme une « cartographie » de la trajectoire de Mona Hatoum, l’exposition offre au public une traversée de son œuvre par affinités formelles et sensibles. Ainsi les performances des années 1980, qu’elles soient documentées en photos, dessins ou vidéos, sont mises en relation avec des installations, des sculptures, des dessins, des photographies et des objets datant de la fin des années 1980 à aujourd’hui. Mona Hatoum, née au Liban en 1952 de parents d’origine palestinienne, quitte ce pays en 1975 pour un court séjour à Londres au moment où la guerre éclate au Liban. Elle reste dans la capitale britannique où elle commence des études d’art. Deux grandes périodes divisent son travail. Durant les années 1980, Mona Hatoum explore le territoire de la performance et de la vidéo. Son œuvre est alors de nature narrative et se penche sur des questions sociales et politiques. Depuis les années 1990, sa production est caractérisée par des œuvres plus « permanentes », des installations, des sculptures ou des dessins. Se plaçant désormais dans des perspectives d’avant-garde, Mona Hatoum explore des installations influencées par le cinétisme et les théories phénoménologiques, ou d’autres installations qu’on pourrait définir comme postminimalistes, utilisant des matériaux trouvés dans le monde industriel (grilles et fils de fer barbelé) ou dans son propre environnement (cheveux). Certaines de ses installations et de ses sculptures, engagées pour la plupart, sont orientées par le féminisme. Autour d’elles gravitent des objets plutôt surréalistes, des travaux sur papier réalisés avec des matériaux du quotidien inhabituels ou des photographies prises lors de voyages, et en lien avec d’autres œuvres de l’exposition.

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Mi Buenos Aires

La Maison Rouge du 20 juin au 20 septembre 2015

 Mi Buenos Aires

Le parcours de l’exposition s’articule comme une déambulation, un va-et-vient entre le politique et l’intime, l’espace public et le domestique, l’éveil et l’inconscient. L’instabilité, la tension et l’explosion, le masque, le cryptage et l’étrange, sont certains des thèmes autour desquels s’articulera l’exposition. Le visiteur trouvera sur son chemin des reliques de façades, des échafaudages mutants, des capots de voitures, des nœuds d’autoroute, des maisons brûlées et des statues sans tête. Il devra décrypter des langages codés, se laisser bercer par la musique de la ville et le frottement des ventilateurs. Puis à la tombée de la nuit il pourra s’installer sur un vieux canapé pour écouter un tango râpeux, traverser les cataclysmes recollés d’une cuisine qui fait comme si de rien n’était, observer son reflet dans l’encre noire d’un bassin de marbre blanc. Il sombrera dans un rêve éveillé, peuplé de dédoublements étrangement inquiétants, de personnages sans visages tombant du ciel, pour se réveiller dans la douceur ouatée d’une pièce montée en stuc. Avec plus de soixante artistes, investissant tous les mediums, de l’installation à la peinture, la sculpture, la vidéo, la photographie, ce sont quatre générations qui sont présentées. Les œuvres de certains artistes déjà connus en Europe comme León Ferrari, Guillermo Kuitca ou Jorge Macchi côtoieront celles d’artistes à découvrir. Plus de quinze d’entre eux voyageront à Paris pour installer leurs pièces ou réaliser des œuvres in situ. L’exposition est une invitation à s’engouffrer dans le mystère de Buenos Aires sans tenter de le résoudre, d’éprouver l’inquiétante étrangeté de ses dédoublements.

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Beauté Congo (1929-2015). Congo Kitoko

Fondation Cartier pour l’Art Contemporain du 11 juillet au 15 novembre 2015

Beauté Congo

Dès la fin des années 1920, alors que le Congo est encore une colonie belge, les artistes « précurseurs » Albert et Antoinette Lubaki et Djilatendo livrent les premières œuvres sur papier connues, écrivant ainsi les prémices de l’histoire de l’art moderne congolais. Souvent figuratives, parfois abstraites, leurs œuvres traitent avec poésie de thèmes liés à la nature, à la vie quotidienne, aux fables locales et aux rêves. Après la Seconde Guerre mondiale, le Français Pierre Romain-Desfossés s’installe à Élisabethville et fonde l’Atelier du Hangar. Au sein de cette école de peinture qui restera ouverte jusqu’à la mort de son créateur en 1954, les artistes Bela Sara, Mwenze Kibwanga et Pili Pili Mulongoy apprennent à laisser libre cours à leur imagination et créent, dans des styles propres d’une étonnante inventivité, des œuvres lumineuses et jubilatoires. Vingt ans plus tard, l’exposition Art partout présentée à Kinshasa (1978) révèle au grand public de nombreux artistes se proclamant « artistes populaires ».
Fascinés par l’environnement urbain et soucieux de la mémoire collective, Chéri Samba, Chéri Chérin et Moke produisent une nouvelle forme de peinture figurative s’inspirant d’événements quotidiens, politiques et sociaux, dans laquelle toute la population se reconnaît. Papa Mfumu’eto a lui aussi exploré la vie quotidienne et les combats ordinaires dans ses créations prolifiques de bande dessinée dont la diffusion a connu un franc succès à Kinshasa dans les années 1990. Un courant que perpétuent aujourd’hui de jeunes artistes connectés à l’actualité mondiale comme J.-P. Mika ou Monsengo Shula.

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Jean Pierre Laffont. Tumultueuse Amérique

Maison Européenne de la Photographie du 2 septembre au 31 octobre

Jean Pierre Laffont

 Photojournaliste en quête de son époque, formidable conteur d’histoires, d’un regard tendre et compassionnel, Jean-Pierre Laffont a toujours été un reporter de magazine à part. Une sorte d’électron libre, inflexible aux commandes et davantage fidèle à sa propre et insatiable curiosité. Lorsqu’il arrive aux États-Unis en 1965, il se fait rapidement le témoin privilégié de cette nation controversée et photographie durant trois décennies ses mutations politiques, entre observation du destin des puissants et divisions tragiques de leur civilisation. Cette Amérique est avant tout la sienne :
spontanée et à dimension humaine. Dans le tableau intense qu’il en
dresse, on retrouve une pléiade des événements qui l’ont marqué des années 1960 à 1990, ses héros et ses héroïnes, le défilé captivant des laissés-pour-compte ou des fanatiques, et le quotidien tantôt âpre tantôt libérateur d’un peuple qui vit au rythme de ses syncopes et de ses crises d’euphorie. Aujourd’hui, ses odyssées photographiques, étoffées d’images iconiques, portent le poids de l’histoire et forment une archive personnelle des épisodes qui ont dessiné les multiples visages de ce pays qu’il a adopté.

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Villa Flora. Les temps enchantés

Musée Marmottan du 10 septembre au 7 février 2015

 Villa Flora

Musée des collectionneurs par excellence, le musée Marmottan Monet a vocation à faire découvrir des chefs-d’œuvre provenant des plus prestigieuses collections particulières. Le remarquable ensemble réuni par les époux Hedy et Arthur Hahnloser figure au premier rang de celles-ci. Installé à Winterthour, non loin de Zurich, c’est entre 1906 et 1936 que ce couple suisse constitue une collection unique en son genre pour orner sa demeure, la Villa Flora. Du 10 septembre 2015 au 07 février 2016, le musée Marmottan Monet crée l’évènement et présente cette collection pour la première fois en France. À cette occasion, près de 80 chefs-d’œuvre par Bonnard, Cézanne, Manet, Manguin, Matisse, Marquet, Renoir ou encore Vallotton, Vuillard et Van Gogh voyageront hors de Suisse pour être présentés dans l’hôtel particulier de Paul Marmottan qui sera, le temps d’une exposition temporaire, l’écrin de l’exceptionnelle collection Hahnloser-Bühler.

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Florence. Portraits à la cour des Médicis

Musée Jacquemart André du 11 septembre 2015 au 25 janvier 2016

Florence. Portraits à la cour des Médicis 

 Au XVIe siècle, l’art du portrait devient de plus en plus répandu parmi les élites florentines qui trouvent là un moyen de porter les traits de leur visage et leur statut social à la postérité. Ils recourent pour cela à des figures littéraires telles que Pétrarque, à des références musicales ou à une mise en scène riche en symboles pour  décrire la vie du modèle, sous ses multiples facettes.Le Musée Jacquemart-André consacre une exposition inédite aux grands portraitistes florentins du XVIe siècle autour d’une quarantaine d’œuvres. Outre la présentation des chefs-d’œuvre de Pontormo, élève d’Andrea del Sarto et maître du maniérisme, ce sera l’occasion d’apprécier les traits raffinés et gracieux, typiques des portraits de Bronzino ou ceux de Salviati témoignant d’un sens achevé de la sophistication. Cette exposition va offrir un fascinant panorama de l’art du portrait florentin au XVIe siècle, avec ses principaux thèmes et mutations stylistiques. À travers le regard des peintres expérimentant de nouvelles manières de représenter leurs contemporains, elle permettra d’apprécier les évolutions de style du Cinquecento, un siècle particulièrement mouvementé sur les plans culturel et religieux.

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Fragonard amoureux, galant et libertin

Musée du Luxembourg du 16 septembre 2015 au 24 janvier 2016

Fragonard   

 L’inspiration amoureuse parcourt l’œuvre de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806). Se faisant tour à tour galante, libertine, audacieusement polissonne ou au contraire ouverte à une nouvelle éthique amoureuse, celle-ci ne cesse en effet de mettre en scène la rencontre des corps et la fusion des âmes. Inaugurée au mitan du XVIIIème siècle par des bergeries nourries des derniers feux de la galanterie, cette inlassable exploration de la sensualité et du sentiment s’épanouit par la suite au travers de voies contrastées, le « Divin Frago » s’illustrant avec autant de subtilité dans  des œuvres « secrètes », scènes d’alcôve à la sensualité affirmée, que dans la célébration d’un amour sincère et moralisé. Réunissant peintures, dessins et ouvrages illustrés, au contenu érotique parfois explicite, l’exposition du Musée du Luxembourg met pour la première fois en lumière l’œuvre de Fragonard à travers ce prisme amoureux, la resituant à la croisée des préoccupations esthétiques et morales du siècle des Lumières.

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Elisabeth Vigée-Lebrun

Grand Palais du 23 septembre au 11 janvier 2016

Elisabeth Vigée Lebrun    

 Élisabeth Louise Vigée Le Brun est l’une des grandes portraitistes de son temps, à l’égal de Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Greuze. Issue de la petite bourgeoisie, elle va trouver sa place au milieu des grands du royaume, et notamment auprès du roi et de sa famille. Elle devient ainsi le peintre officiel de la reine Marie-Antoinette. L’exposition, qui est la première rétrospective française à lui être consacrée, présente près de 130 œuvres de l’artiste, construisant un parcours complet à travers un œuvre pictural majeur et une grande page de l’histoire de l’Europe.

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Graphisme contemporain et engagement(s)

Bibliothèque Nationale de France du 22 septembre au 22 novembre 2015

Graphisme contemporain et engagement(s)

Poursuivant sa mise en valeur du graphisme contemporain, la BnF présente les réalisations de 26 graphistes exerçant leur talent en France. Forte de la plus importante collection française, la Bibliothèque propose un choix de pièces réalisées depuis les années 2000 dans les champs politique, social et humanitaire : quelque 250 travaux graphiques singuliers, exigeants autant que libres, au plus près de la démocratie et des valeurs humanistes. Une immersion dans l’univers riche d’une création graphique qui questionne notre espace public et notre volonté de vivre ensemble. Si l’effervescence de l’après Mai 68 semble bien éloignée, l’exposition témoigne de la persistance des liens entre la création graphique et des formes d’engagements dans la vie de la cité. Les affiches, les livres, les journaux, les tracts, les autocollants auxquels contribuent les graphistes – ou dont ils prennent l’initiative -, peuvent être des vecteurs d’expressions militantes. Affirmation de valeurs, alternatives politiques, actions syndicales, défense des plus précaires, lutte antiraciste, droit de vote des étrangers, droits des femmes, salut aux révolutions arabes… les revendications, dénonciations ou soutiens exprimés par la création graphique contemporaine sont nombreux. L’exposition rassemble des supports de communication et d’information de collectifs divers dont les graphistes sont parfois eux-mêmes membres comme la Ligue des droits de l’homme, ou Ne pas plier. On retrouvera également des campagnes d’associations humanitaires comme le Secours populaire et Emmaüs ou de collectivités publiques telle la Journée des femmes. C’est aussi au travers de multiples interventions artistiques que les graphistes interrogent aujourd’hui l’usage de l’espace public ou encore le « vivre ensemble », telle « Ma rue est un théâtre », manifestation élaborée en collaboration avec les habitants de certains quartiers de Mulhouse.

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Cergy-Pontoise, formes et fictions d’une ville nouvelle

Pavillon de l’Arsenal du 17 juin au 20 septembre

Cergy Pontoise

 En 1965, Bernard Hirsch, ingénieur des Ponts et Chaussées, est chargé des études préliminaires de la ville nouvelle de Pontoise-Cergy. Un demi-siècle plus tard, la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise accueille 4 000 entreprises, 25 000 étudiants et 200 000 habitants sur un territoire sensiblement égal à celui de Paris intramuros, dont le quart est constitué d’espaces « verts », naturels ou aménagés. Cette exposition retrace cinquante ans de développement de l’agglomération dans une approche chronologique qui associe l’évolution des modes de gouvernance, les principales orientations en termes de stratégies urbaines, de développement économique et d’ambitions sociales. L’objectif est de restituer la singularité de cette aventure humaine et urbaine au sein d’une politique nationale qui attribue à l’ensemble des villes nouvelles des objectifs communs, un statut juridique exceptionnel et des espaces hors norme à conquérir. Articles, entretiens, focus sur des œuvres et événements emblématiques tentent de décrypter la mosaïque de formes urbaines et d’écritures architecturales qui caractérise ce territoire et les fictions qui lui sont associées. En tant que ville « nouvelle », Cergy-Pontoise porte dès l’origine une ambition expérimentale. Elle est un laboratoire de l’intercommunalité et de la participation des habitants, un creuset d’expériences de renouvellement des modes de production de la ville au tournant des années 1970. Les fictions, que portent les acteurs de la ville dès l’origine, sont indissociables de ce potentiel novateur, expérimental, et des attentes multiples qu’il suscite. Elles constituent un récit à part entière, chargé d’imaginaires fondateurs et prospectifs, d’ambitions et d’illusions, qui façonnent à sa mesure les représentations collectives. Deux approches croisées structurent et orientent le propos. La première défriche le cadre politique, administratif, géographique, culturel et social d’une agglomération dont la gouvernance et les limites évoluent au cours du temps. Comment et par qui cette ville nouvelle a-t-elle été administrée de sa fondation jusqu’à nos jours ? Sur quel socle et avec quels héritages se déploie-t-elle ? Par quels moyens tente-t-elle de s’imposer à l’échelle métropolitaine, dans un jeu complexe de prise de distance et de proximité nécessaires avec Paris ? Comment est-elle médiatisée par ses propres acteurs, les reportages télévisés, la presse, les documentaires et le cinéma ? La seconde approche porte plus précisément sur la production architecturale et urbaine. Elle s’efforce de rendre lisibles les principales étapes de l’aménagement de la ville nouvelle, l’évolution des sensibilités et la nature des débats. De la ville « moderne » imaginée à la fin des années 1960 aux formes contemporaines, l’agglomération peut se lire comme un abrégé d’histoire architecturale et urbaine des cinquante dernières années. Comment la rupture annoncée avec la banlieue pavillonnaire et les grands ensembles se traduit-elle dans les réalisations ? Dans quelle mesure les premières directives urbaines sont-elles réalisées, interprétées ou abandonnées au fil du temps, et si ville il y a, de quelle ville s’agit-il ? Quelles sont les principales phases de développement et par quels programmes, quels acteurs et quelles ambitions sont-elles portées ? Comment les projets contemporains s’inscrivent-ils dans cette histoire et face à quels enjeux ? Imaginée dans une période de croissance, mise en chantier alors que s’amorce la fin des Trente Glorieuses, Cergy-Pontoise n’a que cinquante ans, un âge modeste au regard de l’histoire des villes européennes. Entreprendre l’histoire de cette ex-ville nouvelle est l’occasion de revenir par un biais monographique sur une ambition gaullienne en matière de développement métropolitain, d’identifier les stratégies qui lui ont permis de devenir une des agglomérations majeures d’Île-de-France, d’esquisser enfin les défis qui se profilent. Depuis sa création, l’enjeu majeur de cet archipel de villes et de villages est d’affirmer sa cohérence et son attractivité à l’échelle régionale. Cet impératif initial se prolonge aujourd’hui dans le cadre des nouveaux équilibres et des compétitions qui se dessinent à l’échelle de la métropole parisienne et des villes européennes.

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Autres sorties conseillées :

• Jim Dine 

Galerie Daniel Templon – jusqu’au 24 juillet 2015.

Jim Dine

• Double Eye Poke  (Lynda Benglis, Dan Flavin, Sol LeWitt, Bruce Nauman)

Galerie Kamel Mennour – jusqu’au 25 juillet 2015.

double eye poke

 Raqib Shaw, «The Bronzes»

Galerie Thaddaeus Ropac – jusqu’au 25 juillet 2015.

Raqib shaw

 

  Julije Knifer, «The meander is a form of my freedom»

Galerie Frank Elbaz – jusqu’au 31 juillet 2015.

Julije Knifer

 

• Bruce Nauman

Gagosian Gallery- jusqu’au 1er août 2015

Naumann

 

 Chung Chang-Sup, «Meditation»

Galerie Emmanuel Perrotin – jusqu’au 1er août 2015

Chung Chang sup

Conférences entrée libre « Ateliers de rencontre » à l’ENSAD
Les jeudi de 18h30 à 20h. Programme sur le site :
http://atelier-rencontre.ensad.fr/

Pour se tenir informer des expositions dans les galeries, aller voir régulièrement le site : http://www.fondation-entreprise-ricard.com/GmeGalleries

 

Lionel Dax
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